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Pistes de réflexions

L'ENFANT EPILEPTIQUE : Marc 9:14-29

par Dr. Wilbert_Kreiss

Cet épisode suit, chez les trois évangélistes (Matthieu 17:14-21; Marc 9:14-29; Luc 9:37-43), la transfiguration. Le miracle est manifestement important, mais au centre de la scène se situe non pas la guérison de cet enfant, mais l'incrédulité des neuf disciples que Jésus avait laissés au bas de la montagne. Lui qui vient de révéler sa gloire divine et s'apprête à aller mourir à Jérusalem, doit porter une croix supplémentaire, l'incrédulité des siens.

Entouré de Pierre, Jacques et Jean, témoins de sa transfiguration, il voit un attroupement : les neuf disciples dialoguent avec les scribes au milieu d'une grande foule. Surprise de le voir, celle-ci accourut à lui. Elle cherchait une solution au grand problème qui venait de surgir.

De quoi discutez-vous avec eux?

Jésus s'informe de la situation. Les scribes avaient constaté que ses disciples n'avaient pas su guérir l'enfant et devaient en faire des gorges chaudes. La foule, elle, assistait muette à l'altercation. Quant aux disciples, ils ne savaient que répondre. Situation pénible et affligeante...

Mon fils... possédé d'un esprit muet:

Vient maintenant une description des symptômes d'une maladie attribuée à un esprit (Marc 9:17; Luc 9:39) ou un démon (Matthieu 17:18). Rarement le Nouveau Testament décrit une maladie avec un tel luxe de détails. C'est un esprit muet et sourd qui empêche l'enfant d'entendre et de parler. Il se saisit de lui, le précipite à terre et le fait entrer en convulsion. Il écume alors, grince des dents et devient tout raide. Matthieu précise que l'enfant était lunatique, c'est-à-dire un de ces malades considérés comme influencés par les phases de la lune. On notera que l'expression est de son père. Souvent il tombait dans le feu ou dans l'eau. Ce sont là les symptômes patents de l'épilepsie, attribuée à l'emprise d'un démon. Dernière précision, de Luc: c'est l'enfant unique de ce malheureux père. Rencontrant les disciples, alors qu'il cherchait Jésus, il leur avait demandé de guérir son fils, mais ils en avaient été incapables.

Race incrédule!

Les trois Synoptiques rapportent cette plainte du Christ, cette invective d'une génération incrédule (Matthieu, Marc, Luc) et perverse (Matthieu). Il exprime les sentiments profonds de son cœur : tristesse, peine, déception et colère, et il semble qu'il s'en prenne à tout le monde, scribes, foule et... disciples.

Bien qu'ils l'aient suivi pendant près de trois ans, recevant son instruction, ceux-ci faisaient encore preuve de l'incrédulité qui caractérisait Israël tout entier. Jésus s'attendait à mieux de leur part. Il est déçu et mécontent. Dans Matthieu 17:19.20, il les traite de gens de peu de foi, dont la foi n'est pas plus grande qu'un grain de moutarde.

Sa plainte est suivie d'un ordre bref qui contient une promesse: "Amenez-le-moi". Et dès que l'enfant est en présence du Christ, il est sujet à une violente crise. Crise d'épilepsie aux symptômes décrits plus haut. Mais ce n'est pas un cas d'épilepsie ordinaire. La crise est déclenchée à l'instant où le gamin apparaît devant le Seigneur et attribuée à l'esprit qui habite en lui. Il y a donc à la fois épilepsie et possession démoniaque. Le démon ne supporte manifestement pas la présence du Christ, de celui qui est plus fort que lui et venu pour le vaincre. Il est clair qu'il est l'auteur de la maladie et l'agent de la crise.

Jésus s'informe auprès du père. Cela ressemble étrangement à une consultation médicale. Le père répond à sa question en ajoutant une supplication. L'interrogatoire ne doit pas permettre à Jésus de faire un diagnostic, mais aider le père à réaliser ce qu'il demande au Seigneur : rien de moins qu'une guérison instantanée et complète, alors que le gamin est malade depuis sa petite enfance! Pédagogie du Christ, pour que le malheureux père mesure la portée de ce qu'il lui demande et de ce qui va se produire. Il ne sollicite pas une aide humaine, mais le secours divin.

Si tu peux quelque chose...:

Cet homme croit, mais sa foi est bien faible. "Si tu peux quelque chose..., si par hasard tu es plus fort que tes disciples qui ont échoué...".

"Viens à notre secours, aie compassion de nous". Il fait appel à la pitié du Christ en faveur de l'enfant et de toute sa famille.

Si tu peux!... Tout est possible à celui qui croit!

On ressent l'impatience et le mécontentement de Jésus. "Race incrédule", s'était-il exclamé. Il ne s'agit pas de savoir s'il peut ou non faire ce miracle, mais si ce père a assez de foi pour l'en croire capable. S'il croit et ne doute pas, il obtiendra ce qu'il désire.

La réaction du père est immédiate: "Je crois! Viens au secours de mon incrédulité!" La foi est là, réelle, sincère, mais bien faible. Compte tenu de ce qu'elle devrait être, le père l'appelle "incrédulité", une incrédulité dont il demande à Jésus de le délivrer. Sincérité et humilité. Seuls ceux qui reconnaissent leur manque de foi peuvent progresser dans la foi.

Les miracles ne dépendent pas de la foi, mais de la seule volonté de Jésus. Rien ne prouve que tous les malades qu'il guérit fussent des croyants. Le paralytique de Jean 5 ne savait même pas qui lui avait accordé la guérison. La veuve de Naïn était-elle croyante? Rien dans le texte ne permet de l'affirmer. Jésus refusait de faire des miracles, quand il avait affaire à un attroupement d'incroyants, mais il n'exigeait pas pour autant la foi des malades ou de leur famille. En tout cas, cette exigence n'était pas systématique. Ici, il a affaire à un père croyant. Son dialogue a pour but de lui faire réaliser qu'il demande un grand miracle, une démonstration de toute-puissance divine, et ainsi de fortifier sa foi et de la lui faire confesser.

Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant!

Jésus guérit le garçon en chassant le démon qui habitait en lui. Il veut une guérison totale et définitive. L'esprit impur doit sortir et ne plus jamais revenir en lui. Au moment où il sort, l'enfant est inerte, dans le coma, à tel point qu'on le croit mort. Mais le Seigneur parachève son miracle. Il le réanime et le relève. Il rend à son père un garçon instantanément et complètement guéri.

Pourquoi n'avons-nous pu chasser cet esprit?

Suit, chez Matthieu et chez Marc, un entretien avec les disciples où Jésus insiste sur leur manque de foi, source de leur échec. Ils ont échoué, alors que le Christ leur avait donné pouvoir sur les démons (Matthieu 10:8; Marc 6:7). C'est que le cœur humain est tortueux (Jérémie 17:9). Il existe une foi dite charismatique ou héroïque qui déplace des montagnes (1 Corinthiens 13:1.2). Jésus attendait des douze qu'ils fassent des miracles sans douter de leur pouvoir, car il leur avait ordonné d'en faire et les en avait rendus capables. Mais pour accomplir des prodiges, il faut recourir à la prière. Sans elle, le pouvoir accordé par le Christ reste inopérant.

Cette espèce-là...:

Tous les démons ne se ressemblent pas. Certains sont plus puissants et plus rebelles que d'autres, plus difficiles à déloger. Pour les chasser, il faut une foi triomphante qui ne doute pas d'elle-même et surtout pas du Christ. Le démon qui possédait cet enfant avait défié les disciples. Plutôt que de s'avouer vaincus, ils auraient dû recourir à la prière, compter sur Jésus, tabler sur sa force et sur sa promesse. Matthieu ajoute à la prière le jeûne qui, bien pratiqué, est un support à la prière et la rend plus intense.

Thèmes de réflexion :

  • La situation des disciples est lamentable. Ces apprentis du miracle en bavent pour mettre en pratique ce que Jésus faisait si souvent et qu'il leur avait donné le pouvoir de faire à leur tour (Matthieu 10:8; Marc 6:7). De plus, ils se couvrent de ridicule devant les scribes et la foule, ridiculisant par là Jésus lui-même.
  • On assiste à une véritable explosion d'amertume de la part du Christ. Après trois ans de travail, ses disciples ne valent guère mieux que la foule. Il souffre avant sa passion, et cette fois de la part des siens. Son passage sur terre lui apparaît comme un dur exil dont il n'entrevoit pas la fin. Mais cette explosion d'amertume ne dure qu'un instant. Il se ressaisit et reprend sa mission.
  • Jésus s'occupe d'abord du père, tandis que l'enfant se tord à terre. Ce père manque de foi: "Si tu peux...". Que nous sommes loin de la foi du lépreux de Marc 1:40! Alors le Christ lui fait une leçon de catéchisme sur la foi et ce dont elle est capable. Et l'homme passe de la demi-foi à une foi totale. Il croit, confesse-t-il. Mais considéré en lui-même, le meilleur chrétien reste un incrédule. Il y a encore tant d'incrédulité en nous, à côté de notre foi.
  • Puis Jésus s'occupe de l'enfant, terrassant un dernier et ultime assaut du démon qui doit s'incliner devant la toute-puissance divine de celui qui est son Maître. Pour un peu, il aurait tué l'enfant, mais Jésus ne le lui a pas permis.
  • "Je crois, mais viens au secours de mon incrédulité!" C'est une des plus belles confessions de foi, peut-être la plus belle, parce que la plus authentique, la plus véridique. "J'ai confiance, mais secours- moi dans mon manque de confiance! Je veux te faire confiance, mais c'est si difficile! Il y a en moi une zone qui s'y refuse, un: "Oui, Jésus, tu pourras!" et un: "Non, tu ne pourras pas!" Alors, fais qu'il n'y ait qu'un oui. N'écoute que ce oui. Fais comme s'il n'y avait en moi que confiance et espérance. Ne tiens pas compte de ma défiance, de mes doutes, de mon incrédulité, et guéris-moi. Noie mon doute, tue-le, pardonne-le!" C'est sans doute cela, la vraie foi, celle qu'on trouve chez les vrais enfants de Dieu qui savent que leur foi est toujours partielle, infirme, minable. Croire, c'est savoir confier à Jésus qu'on n'a pas assez confiance en lui. C'est oser le lui dire, en avoir l'honnêteté, le lui crier, comme ce père.
  • Nous vivons dans un monde à deux facettes, un monde dans lequel Jésus se transfigure et révèle sa gloire, gloire qu'il offre aux siens et qu'il veut partager avec eux, mais un monde aussi qui souffre, un monde avec des enfants épileptiques, malades, tourmentés. Un monde où Satan vaincu parvient encore à faire souffrir les hommes, même les croyants et leurs enfants. Le monde de la lumière de la transfiguration est aussi le monde des enfants et des adultes malades, un monde de souffrances qui nous scandalise. Dans ce monde, les disciples, au lieu d'agir avec foi, discutaient, bavardaient avec les scribes. Un exemple à ne pas imiter, si nous ne voulons pas nous attirer les mêmes reproches qu'eux. Nous sommes appelés à agir, à proclamer la victoire et l'immortalité du Christ acquises au prix de sa mort. Participants de sa victoire, nous devons la faire rayonner avec joie. Que nous ayons ou non reçu une foi charismatique et le don de guérir et d'opérer des miracles! A défaut de ce pouvoir, sachons proclamer celui du Christ. A défaut de pouvoir délivrer, sachons annoncer sa délivrance!

Questions de réflexions :

1) L'enfant de notre texte était-il malade ou possédé par un démon?

2) Comment expliquer l'échec des disciples?

3) Pourquoi la tristesse et l'indignation du Christ (Marc 9,19)?

4) Quel sens donnez-vous à la phrase: "Je crois! Viens au secours de mon incrédulité"? Peut-on être à la fois croyant et incrédule?

5) Consultez les textes suivants: 2 Samuel 12:22; Esdras 8:21; Néhémie 9:1; Psaume 35:13; 69:11; Isaïe 58:3.4; Jérémie 36:9; Joël 1:14; Matthieu 6:16-18; Actes 13:2.3, et tirez- en un enseignement sur le jeûne.

6) Quelle est la leçon de ce texte sur la foi?

7) Que pensez des dons miraculeux? Comment expliquer que nous ne les ayons pas?


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E-Mail : luc@ieschoua.org

Modifié le  14-02-2012.