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La guérison d'un démoniaque épileptique Marc(9,14-29)

Par Anselm_Grün

Jésus guérit un enfant « possédé », affligé de crises récurrentes dont les symptômes sont caractéristiques de l'épilepsie. Si nous considérons cette histoire comme la simple guérison d'un épileptique, elle n'a pas grand-chose à nous apporter. Elle devient plus intéressante si nous voyons dans ce malade l'image de notre propre état intérieur, et dans sa guérison l'assainissement d'un rapport entre un père et son fils.

Ce jeune garçon a «un souffle [esprit] muet» qui souvent le jette par terre, écumant et grinçant des dents. Nous dirons qu'il écume d'une fureur qu'il ne peut pas extérioriser de façon adéquate par le geste ou la parole. Peut-être n'y avait-il pas dans le rapport entre le père et le fils la confiance qui aurait permis à celui-ci d'exprimer son agressivité; il l'a donc réprimée, et maintenant il l'abréagit dans son corps. Il n'est pas seulement en colère contre lui-même, mais aussi contre son père, et ses crises sont en fin de compte des agressions contre lui. Il essaie de lui montrer, sur le plan non verbal, qu'il aimerait bien le mordre et le déchirer.

Le père a amené son fils aux disciples, mais ils ne parviennent pas à le guérir; à l'évidence, ils ne savent pas l'aborder. Jésus est déçu : tout ce qu'il leur a enseigné semble être resté infructueux. Il se fait donc amener le jeune garçon pour le voir et le guérir lui-même. «En voyant Jésus, le souffle saisit l'enfant de convulsions. Tombé à terre, il s'y roulait en écumant» (9,20). Cet esprit perçoit, à l'évidence, la force lumineuse de Jésus, et il se manifeste. Jésus n'agit pas de manière irréfléchie comme ses disciples, qui pensaient devoir protéger l'enfant contre ses crises ; il pratique une anamnèse toute simple. Le père lui raconte l'histoire de cette maladie dont il souffre lui-même autant que son fils : depuis l'enfance de celui-ci, l'esprit l'a souvent précipité dans le feu ou dans l'eau. Le feu, c'est l'image de la passion et de la sexualité ; il semble que le fils ait refoulé non seulement son agressivité mais aussi sa sexualité ; elle est devenue pour lui un démon qui ne cesse de l'assaillir et de le soumettre à son pouvoir. Quant à l'eau, elle est le symbole de l'inconscient. Comme l'enfant ne peut parler ni de son agressivité ni de sa sexualité, son inconscient en est submergé et ne peut jouer son rôle de source de vie, mais il le menace d'une inondation qui risque de l'engloutir.

Ayant décrit le mal, le père adresse sa requête à Jésus : «... si tu peux quelque chose, viens à notre secours» (9,22). Il exprime à la fois son immense souffrance et sa confiance en Jésus. Mais Jésus le met en face de lui-même : « Si tu peux... ! Pour qui a confiance, tout est possible» (9,23). Si le fils est malade, ce n'est pas seulement du fait d'un démon entré en lui, venu d'on ne sait où ; c'est aussi en raison de l'incroyance du père, qui n'a pas eu foi en son fils, l'empêchant ainsi de se manifester dans sa vérité et l'obligeant à se dissimuler. C'est pourquoi tout ce que le fils avait dissimulé au père, l'agressivité et la sexualité, il l'a réinvesti dans la maladie.

Le père s'engage dans la thérapie que Jésus lui propose. Il voit bien qu'il n'a pas cru en son enfant; il l'aurait voulu, il ne l'a pas pu. C'est pourquoi il sollicite Jésus : «J'ai confiance ! Délivre-moi du doute ! » (9,24). Le seul fait de reconnaître qu'il a besoin de Jésus pour l'aider à croire en son fils modifie déjà sa relation avec lui.

Jésus s'adresse alors à l'enfant, car il n'est pas question d'imputer au père seul la responsabilité de la maladie. Le fils s'est accommodé de son état, peut-être même s'y complaît-il, car il exerce ainsi un pouvoir sur son père, qui est désarmé. Jésus affronte vigoureusement l'enfant, c'est-à-dire le démon qui le possède : «Souffle muet et sourd, je te l'ordonne, sors de lui et n'y rentre plus » (9,25). Il faut que l'enfant prenne une distance par rapport au mode de vie auquel il s'est adapté, et renonce à jouer de son pouvoir sur son père. Or c'est un processus douloureux, car, si l'enfant a beaucoup souffert de ses accès, il a tout autant joui de ce pouvoir ; Marc décrit cette prise de distance intérieure comme un dur combat. L'esprit secoue encore une fois l'enfant, le quitte en poussant un grand cri et le laisse comme mort : il devra renoncer à son ancienne identité, et crier, pour s'en libérer, tout ce qui s'est accumulé en lui d'amertume et de colère. Jésus prend l'enfant par la main et le relève, célébrant avec lui sa résurrection. Désormais le jeune garçon est debout.

Marc nous rapporte la guérison de ce possédé en annexe à la scène où Jésus est transfiguré en présence de ses disciples et apparaît sous son vrai visage, celui du Fils bien-aimé de Dieu, dont il manifeste la gloire. Aussitôt après cette intense expérience de la nature divine de Jésus, Marc décrit un jeune garçon victime de sa relation à son père et dont la beauté et la dignité sont défigurées par les crises d'épilepsie; Jésus lui rend son vrai visage, miroir de la gloire de Dieu. Marc montre en outre que le jeune garçon n'est pas seulement le fils de son père naturel, mais aussi un fils aimé de Dieu. Quand des êtres sont prisonniers de relations nocives, ils sont sous l'empire des démons. Les disciples ne réussissent pas à chasser le démon auquel ils ont affaire; Jésus leur dit: «II n'y a qu'un moyen de faire sortir cette espèce-là, c'est la prière» (9,29). Pour être libérés des démons qui nous étreignent, il nous faut sentir par la prière que nous sommes les enfants aimés de Dieu, et sa gloire peut alors se manifester en nous aussi.


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Modifié le  14-02-2012.