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La guérison du lépreux  ( Marc (1,40-45 )

Par Anselm Grün

 

Au temps de Jésus, les lépreux étaient exclus de la société ; ils devaient vivre dans des espaces réservés.  Ils sont l'image des êtres qui ne peuvent pas se supporter eux-mêmes et, ne s'aimant pas, se sentent rejetés par les autres ; ils ne sont donc chez eux nulle part.  C'est à sa peau que l'on peut voir si un être se sent bien ou mal dans la sienne.  Si elle présente une éruption, cela montre qu'il y a en lui beaucoup de choses qu'il ne veut pas accepter.  C'est un tel homme qui vient à Jésus, sentant qu'il ne peut pas continuer à vivre ainsi, exclu, rejeté, sans toit.  Tous, nous désirons ardemment être acceptés et aimés ; or ce lépreux se sent impuissant à rompre le cercle infernal du rejet.  Il s'agenouille devant Jésus et lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier» (1,40).  Il semble se décharger entièrement sur Jésus de la responsabilité de sa guérison : s'il est rejeté, il n'y peut rien !

Jésus est touché, mais il ne veut pas devenir simplement l'artisan de sa guérison.  Il le place en face de lui-même et de sa part de responsabilité.  Le premier temps de la thérapie, c'est la compassion de Jésus, ému « dans ses entrailles » - les entrailles étaient pour les Grecs le lieu de la vulnérabilité affective.  Jésus accueille en lui le malade, et partage son amertume, son désespoir, la haine qu'il a de lui-même.  Dans un deuxième temps, Jésus lui offre le contact en tendant sa main vers lui afin qu'entre eux passe un courant.  Puis il le touche.  Quand quelqu'un ne peut pas s'accepter lui-même, il nous est très difficile de l'accepter ; nous craignons souvent de nous salir les mains au contact de son chaos intérieur, qui projette sur nous l'impureté de l'amertume et de la haine de soi.  Jésus, lui, n'a pas cette crainte ; il sait que l'impureté ne peut pas atteindre sa personne parce qu'il est pur au plus profond de son être.  Ce contact signifie : je t'accepte tel que tu es.  Par lui, Jésus communique au malade quelque chose de sa limpidité intérieure, et dit: «Je le veux, sois purifié» (1,41).  Pour moi, cela veut dire: «Je t'accepte, mais tu dois contribuer toi-même à ta guérison, en t'acceptant aussi, en disant « OUI »oui à la vie. » Aussitôt la lèpre disparaît ; l'homme peut désormais s'accepter lui-même, il se sent pur, en accord avec ce qu'il est.  Pourtant il lui manque encore quelque chose, à l'évidence ; il n'est pas encore vraiment centré sur lui-même, il ne peut s'empêcher de raconter sans cesse comment il a été guéri, attirant ainsi sur lui l'attention.  Il ne peut s'accepter que comme quelqu'un de particulier, de supérieur aux autres.  Il confond acceptation et dépendance ; il ne peut plus prendre la distance exigée par Jésus, et va racontant partout son histoire.

Jésus, en effet, l'a renvoyé en lui enjoignant le silence : « Attention !  Ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre et, pour ta purification, fais l'offrande que Moïse a prescrite» (1,44).  À première vue, cette réaction de Jésus est incompréhensible : courroucé, il «le renvoya en le rudoyant »  (1,43).  Peut- être sent-il que l'homme voudrait se rendre intéressant par sa guérison ; il lui ordonne donc de suivre la voie normale, de se présenter aux prêtres, de réintégrer la communauté. Mais l'homme raconte à toute occasion ce qui s'est passé, obligeant ainsi Jésus à se retirer hors de la ville, dans des lieux déserts (1,45).  Jésus, qui était au cœur de la communauté, a guéri celui qui en était exclu et l'y a réintégré, mais celui-ci l'a exclu en retour.  Jésus voulait opérer une guérison complète, mais il aurait fallu pour cela que l'homme commence par se taire, afin que la guérison ne touche pas seulement son corps, mais aussi son âme.  À l'évidence, le lépreux n'y était pas prêt ; désormais il vit aux dépens de Jésus.  Je vois là une allusion à la mort de Jésus, qui fut exclu de la communauté humaine pour notre salut, pour que notre exclusion prenne fin et que, tout proches de Dieu, nous nous sachions aimés sans condition.  Le prix de la guérison des hommes, c'était la vie de Jésus.

La guérison du paralytique ( Marc 2,1-12 )

Par Anselm Grün

Quelques jours plus tard, Jésus est de retour à Capharnaüm.  Tant de gens se rassemblent pour entendre sa Parole que personne ne peut plus approcher.  C'est alors que quatre hommes apportent un paralytique, montent sur la terrasse, y font un trou et le déposent aux pieds de Jésus.  Cette scène me fascine depuis mon enfance.  Pour que le malade soit guéri, non seulement ils ne se laissent pas arrêter par la foule, mais encore ils n'hésitent pas à endommager la maison.  Il s'agit d'un paralytique; si nous nous interrogeons sur la paralysie dans le domaine de l'âme, nous découvrons que la cause profonde en est la peur.  La peur nous inhibe, nous bloque.  Si j'ai peur de parler devant les autres, je me sens paralysé, je crains leur jugement.  Mais je peux être paralysé par d'autres peurs encore : dans une situation difficile, en présence d'un homme puissant, devant un danger, sans oublier la peur de ma propre culpabilité, que ma faute soit découverte.

Jésus voit cette foi : celle non pas du malade, mais des quatre hommes qui le lui apportent. Il s'adresse alors au paralytique et lui dit : « Petit, tes fautes sont effacées» (2,5).  Le paralytique voudrait bien guérir.  Que vient faire ici la rémission des péchés ?  Jésus sent que cette maladie n'est pas sans rapport avec une attitude intérieure.  Pécher, cela signifie vivre à côté de soi-même, manquer ce que l'on est.  Le paralytique manque sa propre humanité parce qu'il croit devoir être parfait, ne montrer aucune faiblesse ; refusant d'être faible, il n'ose pas se lever, et sa faiblesse le cloue sur son «brancard». Qui se lève sait qu'il peut tomber; qui évite tout risque de chute restera toujours enfermé dans la tombe de sa peur.  Ce malade n'a probablement enfreint aucun commandement, mais il a refusé de vivre, de vivre la vie que Dieu lui destinait, et c'est sur ce refus que Jésus l'interpelle.  Il l'assure que ses péchés lui sont remis, que Dieu l'accepte sans condition, et lui permet ainsi de prendre un nouveau départ : « Défais-toi de tes sentiments de culpabilité !  Ils te déchirent et t'empêchent de vivre.  Aie le courage d'être toi-même, avec tes faiblesses et tes fautes, et de te mettre debout.  Cesse de refuser la vie, ose vivre ! »

Quelques lettrés de la Loi sont scandalisés par la rémission des péchés que Jésus accorde au paralytique, car il appartient à Dieu seul de pardonner ainsi.  Jésus les perce à jour et leur dit: «Pourquoi ruminez-vous ainsi ?  Qu'est-ce qui est plus facile? Dire à ce paralytique   « Tes fautes sont effacées » ou lui dire  « Dresse-toi, prends ton brancard et marche  ? »  (2,8-9)  Puis il démontre à ces hommes qu'il a en effet le pouvoir de rémission : « Je te dis :  «  Dresse-toi, prends ton brancard et rentre chez toi  » (2,11).  Quand l'âme est guérie, le corps peut guérir aussi ; le paralytique se lève et s'en va, la rémission a été efficace.  Il n'est plus prisonnier de sa peur, il accepte désormais de vivre.  Il n'est pas certain qu'après une longue paralysie il puisse être très assuré sur ses jambes, mais la confiance l'a emporté sur la peur, et c'est la parole de Jésus, prononcée avec autorité, qui lui a donné le courage de se lever, de par la force qu'il avait en lui-même.  En outre, il n'est plus bloqué par ce que les autres pensaient de lui ; il tient debout tout seul, il s'assume et il marche.

L'attitude du paralytique, je la connais.  Autrefois, quand je tenais un séminaire, je me suis souvent cassé la tête à propos des exercices que je devais proposer aux participants.  Je me mettais moi-même sous pression pour faire en sorte que la séance soit aussi bonne et créative que possible et que tous les participants soient satisfaits.  Comme je ruminais un jour, me demandant si tel ou tel exercice était plus approprié, le souvenir de cette parole m'est venu en aide : « Lève-toi et marche ! » J'ai alors cessé de ruminer, je suis entré dans la salle, tout simplement, et j'ai commencé à parler en me fiant à mon sentiment.  Ce fut comme une libération ; dans cet instant, j'ai pu laisser retomber la pression intérieure, me lever et aller vers les êtres avec mon grabat, mon insécurité.


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Modifié le  14-02-2012.