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La guérison de la fille d'une païenne Marc (7,24-30)

Par Anselm_Grün

Jésus se rend avec ses disciples en territoire païen où il peut être en sécurité, à l'abri des sbires d'Hérode. Il voulait être seul avec les siens, mais il ne passe pas inaperçu. Une païenne grecque entend parler de lui, vient le trouver et se jette à genoux devant lui. Comme elle le prie « de chasser le démon hors de sa fille », il a cette réponse singulière: «Laisse d'abord se rassasier les enfants. On ne prend pas le pain des enfants pour le jeter aux chiens» (7,26-27). Les exégètes pensent que Jésus n'aurait destiné son pouvoir guérisseur qu'aux seuls Juifs et non pas aux païens, mais que la prière de cette païenne l'aurait fait changer d'avis, et qu'il était donc prêt à apprendre des humains, et même à se laisser persuader par une femme que les païens avaient aussi besoin de son message de joie et de salut. On peut assurément interpréter ainsi cette histoire.

Mais on peut aussi la voir comme celle de la relation entre une mère et sa fille. Jésus reproche à la mère de ne pas avoir rassasié sa fille : elle a jeté le pain aux chiens. Les Grecs aimaient beaucoup les chiens domestiques ; ils représentent ici tout ce que la mère a, semble-t-il, préféré à sa fille : peut-être ses biens, son apparence extérieure, son temps libre, sa profession. Par sa parole, Jésus invite la mère à reconsidérer sa relation avec sa fille, à se demander si celle-ci a vraiment reçu tout ce dont elle avait besoin pour vivre, à commencer par l'amour, la compréhension et la sollicitude. La mère a seulement vu que cette enfant était difficile ; elle a donc voulu consulter un thérapeute pour qu'il la guérisse. Or Jésus l'oblige à reconsidérer son propre comportement: si l'enfant est difficile, n'y est-elle pas elle-même pour quelque chose ? Peut-être la fille ne parvient-elle pas à s'affirmer parce que la mère l'écrase de sa puissance, la projection qu'elle fait sur sa fille jouant le rôle d'un démon qui pèse sur elle, perturbe son esprit et sa sensibilité et l'empêche de vivre.

La mère grecque reconnaît que Jésus a raison : « Seigneur, les chiens sous la table mangent bien les miettes que laissent les enfants » (7,28). Elle ne s'humilie pas en prenant sur elle toute la faute ; elle concède que sa fille n'a pas été rassasiée, mais elle n'en conclut pas qu'elle ne devrait plus être là que pour sa fille. Si celle-ci a de la nourriture en suffisance, il reste quelque chose pour les chiens : la mère peut très bien satisfaire aussi ses propres besoins. Dans sa relation avec sa fille, elle a le droit de suivre la voie qui lui convient également à elle. C'est alors que la relation avec sa fille sera correcte. Si elle la néglige, l'enfant tombe malade ; si elle en fait trop et l'accable de sollicitude, ce sera néfaste. Elle ne pourra comprendre et satisfaire les besoins de l'enfant que si elle tient compte d'elle-même. En forçant la mère à s'interroger sur sa propre manière d'être et d'agir, Jésus dénoue le lien nocif entre elle et sa fille, et crée un espace où l'une et l'autre peuvent réaliser pleinement leur personnalité ; alors le démon perdra tout pouvoir sur elles.

Jésus ne loue pas la foi de cette femme, mais son intelligence. Parce qu'elle a compris ce que pouvait être une relation saine entre mère et fille, le démon a quitté son enfant. En rencontrant Jésus, elle a appris à éviter les projections qu'elle faisait sur sa fille, à se défaire de ses soucis, à laisser l'enfant devenir elle-même. Rentrant à la maison, la mère trouve «l'enfant étendue sur son lit et le démon chassé» (7,30). C'est sa nouvelle façon de voir qui permet à sa fille de vivre sa vie propre.


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Modifié le  14-02-2012.