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Pistes de réflexions sur ‘le début’ Marc (1,1-15)

Le but de l’évangile de Marc :

En Jésus, Dieu procède à une recréation de l'homme et opère à nouveau son salut. «Ici commence l'Évangile de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu» (1,1). Le fondement de l'Évangile, c'est l'histoire de Jésus, depuis son baptême jusqu'à sa mort. C'est un message de joie, une bonne nouvelle. La Bonne Nouvelle de Marc, c'est qu'en Jésus Dieu instaure un nouveau Royaume, le sien, où les humains expérimenteront auprès de lui l'expérience de la félicité et du salut.

Jésus fils de Dieu

Jésus Christ est qualifié dès les débuts de Fils de Dieu. À la fin de l'évangile, le centurion - un Romain - répétera ce titre, refermant ainsi le texte sur lui-même. « Fils de Dieu » ne signifie pas encore, chez Marc, Fils incréé du Dieu trinitaire devenu homme en Jésus. Ce titre ne signifiait pas la consubstantialité avec le Père, mais une relation étroite avec Dieu. La relation de Jésus avec Dieu est toute particulière, spécialement proche et pénétrée de son Esprit.

Le baptême de Jean le Baptiste :

Jean le Baptiste est la voix qui clame dans le désert et appelle les hommes à ouvrir la voie au Seigneur. Pour Marc, le vrai Seigneur du monde c'est Jésus, dont Jean prépare la venue ; il invite les hommes à se convertir : à lui ouvrir leur cœur et à l'emplir de son esprit. Marc montre en Jean un ascète rigoureux, vêtu comme les Bédouins de l'époque d'une peau de chameau et se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage ; il n'insiste pas sur sa prédication, mais sur l'annonce de Jésus qui viendra après lui, sera «plus puissant » et baptisera les hommes « avec le Souffle Saint». Le baptême donné par Jean était un rituel de conversion symbolisant la rupture avec un passé dont on voulait se purifier pour revenir à l'observation des Commandements.

Le baptême dispensé par Jésus :

Le baptême dispensé par Jésus présente une autre dimension : par lui, l'Esprit (le Souffle) entre en l'homme et le rend capable de se comporter autrement.

Le baptême du Christ :

Le début du ministère public de Jésus est marqué par le baptême que lui donne Jean. Ce baptême devient pour Marc l'occasion de démontrer la véritable nature de Jésus, en relatant sa consécration par Dieu : « Remontant de l'eau, il vit le ciel se déchirer. Le Souffle, comme une colombe, descendit sur lui. Et une voix, du ciel : "Tu es mon fils, mon aimé, en toi est ma joie"» (1,10-11). C'était là un très ancien désir d'Israël : voir le ciel s'ouvrir, et Dieu envoyer son Esprit (son Souffle) pour sauver les hommes. Par la colombe, Marc évoque l'Esprit planant au-dessus des eaux, au début de la Création. En Jésus, Dieu recrée le monde et tout recommence : l'homme retrouve la forme que Dieu avait pensé lui donner au départ, à son image, et c'est ainsi qu'il apparaît dans le baptême de Jésus. La colombe symbolise donc l'amour divin descendant sur les humains. Jésus est le Fils bien-aimé de Dieu et entretient avec son Père une relation de tendresse. Jésus, doté de l'Esprit saint, rempli d'une force divine et porté par la faveur du Père, accomplira son œuvre, libérant l'homme de toutes les puissances qui l'empêchent d'être vraiment lui-même, lui restituant la forme première pensée par Dieu et le rendant capable de l'amour auquel il aspire profondément.

 Notre baptême :

A notre baptême, au-dessus de nous aussi le ciel s'ouvre, et il nous est donné d'entendre la voix de Dieu qui nous dit : « Tu es mon Fils aimé, ma Fille aimée, en toi est ma joie, tu as ma faveur ; tu me plais, il est bon que tu existes. » Jésus ressort du Jourdain, qui semble rempli des péchés de ceux que Jean avait baptisés avant lui ; c'est l'image de notre baptême. Nous sommes imparfaits, chargés de fautes, mais Dieu ne les regarde pas. En ressortant de l'eau où nous laissons nos fautes, nous savons que Dieu nous aime sans condition, avant même que nous ne fassions le bien.

Pourquoi Jésus s’est baptisé :

Jésus ne reçoit pas le baptême pour lui-même, mais pour remplir une mission en notre faveur, par la force de l'Esprit saint. Après son baptême, Marc dit : «Aussi-tôt après, le Souffle l'entraîna dans le désert » (1,12). On pourrait s'attendre à ce que Jésus commence par goûter l'expérience qu'il vient de faire, par se chauffer au soleil de l'amour divin, et le voilà contraint à se rendre au désert, royaume des démons et de la mort. L'Esprit pousse Jésus à traverser toutes les vicissitudes de la condition humaine ; le baptême doit pénétrer tous les abîmes de son âme, afin que l'Esprit en métamorphose les ténèbres et les démons.

Jésus est tenté au désert :

Jésus reste quarante jours au désert, image des quarante années de la traversée du désert par Israël. Le peuple juif n'a cessé de succomber aux tentations de Satan ; Jésus, lui, y résiste. Marc décrit en deux images seulement cette existence au désert : il réside parmi les bêtes sauvages, servi par des anges. Telle est la tension où il vit, où nous vivons tous, notre vie durant, écartelés entre l'instinct et l'esprit, l'agressivité et l'amour, les forces qui détruisent et celles qui protègent. Jésus est pleinement homme, mais aussi plongé dans la sphère du divin ; il en va de même pour nous. Au désert, Jésus semble vivre en bonne intelligence avec les animaux sauvages, dans la paix paradisiaque décrite par Isaïe (au chapitre 11), qui devient ici réalité. Cela signifie qu'il a assumé toute sa part de sauvagerie et d'agressivité, et qu'elle ne lui cause plus de tort. Le ciel et la terre, l'esprit et l'instinct, la spiritualité et la sexualité ne sont plus en conflit. Deux brefs versets suffisent à Marc pour décrire la profondeur de l'expérience faite par Jésus au désert: il a atteint la maturité humaine et la complétude, son rapport à Dieu a pénétré tous les domaines de son corps et de son âme, de sa conscience et de son inconscient. Tout imprégné de l'Esprit, il est en mesure de proclamer le message de Dieu sans l'altérer, sans y mêler des motivations humaines parasites.

La mission de Jésus :

«L'heure où tout se joue est venue. Le royaume de Dieu s'est rapproché. Retournez-vous et placez votre confiance dans l'Évangile» (1,15). Le moment est arrivé où la proche présence de Dieu offrira à l'homme la vraie vie en lui donnant accès à la vérité de sa nature. Jésus n'annonce pas le jugement, mais la présence salvatrice de Dieu ; l'homme doit y réagir, non par la pénitence, mais par la conversion, le retournement. Dieu est proche ! Jésus veut ouvrir les yeux aux hommes afin qu'ils voient Dieu en tout et partout, car il est déjà là et nous n'avons pas besoin de le prier de venir. L'homme s'aventure souvent sur des voies qui ne le mènent pas au salut, mais à sa perte ; il doit alors retrouver le bon chemin, ou faire demi-tour sur celui de la perdition et revenir au point de départ. Pour cela, la foi est nécessaire. Ici, le changement requis est bien particulier : il faut croire à l'Évangile, lui faire confiance. Pour Marc, la Bonne Nouvelle c'est l'Évangile de Jésus Christ ; la conversion implique donc la confiance en sa personne. C'est lui qui ouvre les yeux, qui montre la voie de la vraie vie et insuffle une confiance absolue en Dieu, inébranlable en dépit de toutes les résistances adverses et de toutes les défaites.

 


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Modifié le  14-02-2012.