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Question sur le divorce ; le sens du mariage  Marc (10,2-12)

Par Anselm_Grün

Dans le chapitre 10, Jésus instruit ses disciples: il est question du mariage, du divorce et des enfants (10,2-16), puis de la richesse et des fonctions de « chef» et de « serviteur». Dans tous ces cas, la question est de savoir comment et dans quelle attitude intérieure nous devons, en tant que chrétiens, assumer la succession de Jésus.

La péricope sur le divorce a suscité l'inquiétude de beaucoup de gens mariés, surtout parmi les catholiques. Les divorcés et les remariés sont lésés par ce texte; l'Église catholique l'a souvent interprété de telle façon qu'ils se sentent exclus par Dieu. Dans les paroles de Jésus, ils perçoivent la dureté de certains hommes d'Église. Mais que signifient vraiment ces paroles ?

Les pharisiens veulent tendre un piège à Jésus, et c'est pourquoi leur question est de pure rhétorique. En Israël, la possibilité pour un homme de répudier sa femme n'était pas contestée, le débat portant seulement sur les raisons de le faire : fallait-il qu'elle soit infidèle, ou suffisait-il qu'elle laisse brûler le repas? Alors que chez Matthieu les pharisiens demandent s'il est «permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif» (Mt 19,3), chez Marc la question concerne la possibilité même du divorce en général. Or Jésus ne répond pas à la question de ses adversaires, il ne s'engage pas sur leur terrain mais leur pose une question en retour, qui les renvoie à l'Écriture : « Que vous a commandé Moïse?» (10,3). Les pharisiens parlent par deux fois de « permission » ; ce qui compte pour eux, c'est de tirer le maximum d'avantages d'une situation donnée. Ils ne se placent pas dans la perspective du mariage, ils veulent simplement l'autorisation d'agir à leur guise ; au lieu de se remettre en question, ils cherchent à se justifier. Jésus, lui, ne parle pas d'une permission, mais d'un commandement, et de la volonté de Dieu qui est au-delà du commandement.

Il pose donc la question du dessein fondamental de Dieu quant au mariage, en fonction de la nature humaine. Qu'est-ce qui est réellement bon pour l'être humain? Qu'est-ce qui fait que l'homme et la femme se fondent en un seul être ?

Jésus renvoie à l'intention première de Dieu : «Mais dès l'origine de la création il les fit mâle et femelle. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et restera uni à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. En sorte qu'ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc ce que Dieu a attelé sous le même joug, que l'homme ne le sépare pas» (10,6-9). Jésus n'énonce pas un commandement, il montre que Dieu a créé l'homme et la femme à son image et les a destinés l'un à l'autre ; tel est le but de la Création, et ils en font l'expérience dans leur unité corporelle, Dans l'amour conjugal ils ont part à l'unité divine, et c'est un don que Dieu leur a fait. Mais l'union des corps réclame une unification des esprits, une complémentarité qui mène à la complétude humaine. C'est pourquoi l'homme ne doit pas diviser ce que Dieu a conjoint ; il ne s'agit pas là d'un commandement, mais plutôt du sens du mariage : ce qui est devenu un doit rester un, telle est l'aspiration la plus profonde de l'être humain.

Si dans la réalité de notre monde cette unité ne peut pas toujours être maintenue et s'il y a tant de divorces, c'est un fait qui se situe sur un autre plan, auquel Jésus ne se réfère pas. Même quand ses disciples le questionnent, il ne leur prescrit aucune loi ; il se borne à une constatation : « Un homme qui répudie sa femme et en épouse une autre trahit sa première femme. Et une femme qui répudie son mari et épouse un autre homme commet aussi une trahison» (10,11-12). Jésus met donc l'homme et la femme sur le même plan. Or chez les Juifs seul l'homme pouvait répudier sa femme, non l'inverse ; Marc intègre ici le droit romain, selon lequel l'inverse était également possible. Mais Jésus ne s'engage pas dans un débat juridique, il constate seulement que la répudiation est contraire au sens du mariage. Il ne parle même pas en termes de péché et de faute, de permission et d'interdiction. Sa parole est toujours valable de nos jours ; quiconque a vécu l'échec de son mariage, pour quelque raison que ce soit, sait bien qu'on ne change pas de mariage comme on change de profession. Quelque chose s'est cassé, l'objectif initial n'a pas été atteint. Cet échec n'est pas sans aucun rapport avec la notion de faute, mais cela ne signifie pas, tant s'en faut, que les divorcés n'auraient pas le droit de se remarier ou qu'ils se seraient aliéné la bienveillance divine. Ils doivent seulement reconnaître que pour eux le sens du mariage ne s'est pas accompli, que le but n'a pas été atteint. Et le sens le plus profond de la notion de faute, c'est cela : manquer le but. Mais la faute peut être pardonnée. Les paroles de Jésus n'ont rien à voir avec la pratique de l'Église qui interdit le remariage des divorcés en se plaçant sur un autre plan, celui du droit canon, que Jésus ne prend pas en considération.

Cette réponse que Jésus cheminant vers Jérusalem donne à ses disciples oriente les lecteurs vers la croix. Le projet de sa vie va se trouver brisé, comme se brisent tant de mariages. Mais - et c'est la Bonne Nouvelle de l'évangile de Marc - Jésus, brisé sur la croix, sera ressuscité par Dieu et accédera à une vie nouvelle. Ainsi, en plaçant la péricope du divorce au cœur de l'enseignement de Jésus en route vers la croix, Marc donne aux lecteurs l'espérance que même leurs échecs recèlent la possibilité d'un nouveau départ, et qu'ils pourront renaître, eux aussi, à un nouvel amour qui les rendra plus vivants.


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Modifié le  14-02-2012.