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Qu'est-ce que le mariage ?

Extraits de Dr. Wilbert Kreiss

Dr. Wilbert Kreiss est un théologien  luthérien français, auteur de plusieurs ouvrages. Il était, avant sa retraite en 1999, le directeur et le principal professeur du séminaire de l'Église Évangélique Luthérienne-Synode de France et de Belgique. Il était également chargé de rédiger des cours et manuels de théologie pour la formation pastorale dans divers pays francophones de l'Afrique Centrale et de l'Afrique de l'Ouest où il était allé faire des cours intensifs et superviser des programmes de formation.

Le Petit Larousse définit le mariage comme l'union légale d'un homme et d'une femme, précisant que le « mariage civil, qui est le seul reconnu par la loi, doit nécessairement précéder le mariage religieux. Il est célébré par un officier de l'état civil après qu'il a été procédé à des publications... Les époux se doivent fidélité et assistance. Le mariage ne peut être dissous que par la mort d'un des époux ou par le divorce » 1. Il est donc une institution sociale qui fait l'objet d'une législation mise en place par les autorités. Dans nos démocraties modernes, le pouvoir législatif émet les lois, le pouvoir exécutif veille à leur exécution et le pouvoir judiciaire poursuit les contrevenants. Étant donné que les autorités ont été instituées par Dieu, qu'elles ont pour mission de veiller à la justice, la paix et le bien-être, et qu'elles le font en particulier en protégeant la cellule primaire de toute société que sont la famille et donc le mariage 2, l'Écriture Sainte reconnaît leur compétence dans le domaine matrimonial.

C'est pour cette raison que Luther appelait le mariage une « affaire de ce monde » 3. L'expression est très juste. S'il est vrai, comme nous allons le voir, que Dieu a institué le mariage en créant le premier couple humain, le mariage ne fait pas, à proprement parler, l'objet d'une révélation et encore moins d'une législation divine. C'est du ressort des autorités dont se dotent les peuples. C'est pourquoi la Bible utilise, pour parler de l'union conjugale, des termes existant dans toutes les langues du monde, le verbe « se marier » et le substantif « mariage », en ne leur donnant pas d'autre sens que celui que les hommes leur ont donné. La seule chose que fasse l'Écriture, après avoir relaté l'institution divine du mariage, c'est d'affirmer son indissolubilité et de rappeler quels sont les devoirs que Dieu impose aux époux. Toutes les nations possèdent un code civil, et quand ce ne serait, pour les peuples dits primitifs, que sous une forme orale. C'est à ce code civil que l'Église renvoie tous ceux qui lui demandent ce qu'est le mariage. Si par contre quelqu'un veut savoir quels sont, selon la volonté de Dieu, les devoirs des époux, elle montre aux gens ce qu'enseigne la Bible à ce sujet.

Le mariage est une « affaire de ce monde ». Mais il est aussi une institution divine, quelque chose que Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, a mis en place aux origines de l'humanité et concernant quoi il a exprimé sa volonté dans la Bible. C'est pourquoi, si le chrétien se soumet aux autorités instituées par Dieu, il se soumet aussi et en premier à la volonté divine qui s'exprime dans l'Ecriture Sainte. Quand on l'interrogeait sur des questions concernant le mariage 4, Jésus ne renvoyait pas ses interlocuteurs au code civil en vigueur à l'époque ou aux tribunaux, comme il le fit quand on lui demanda un jour d'intervenir dans une affaire d'héritage 5, mais rappelait à ses interlocuteurs la volonté exprimée par Dieu lui-même quand il institua le mariage. Et l'apôtre Paul fit de même 6. Résumons: Quand un chrétien demande à l'Église ce qu'est le mariage, elle le renvoie à la législation de son pays. Quand il lui demande comment on doit se comporter dans le mariage pour que la volonté de Dieu s'accomplisse, elle l'invite à ouvrir la Bible aux pages où le Seigneur s'exprime à ce sujet.

Il peut y avoir conflit entre la Loi de Dieu révélée dans l'Écriture et les dispositions mises en place par les autorités civiles. Nous verrons cela en abordant le problème du divorce. Étant donné que la volonté et les dispositions de Dieu sont saintes et bonnes, infaillibles et éternellement valables, tandis que les hommes peuvent se tromper et se sont souvent trompés en édictant des lois, il va de soi que le chrétien s'efforcera de toujours conformer sa conduite à ce que le Seigneur a révélé dans sa Parole.

Le mariage est d'institution divine. C'est le Seigneur qui le mit en place lorsque, constatant qu'il n'était pas bon que l'homme soit seul, il le plongea dans un profond sommeil, créa une femme à partir de lui, la mena auprès de lui et la lui donna pour épouse : « L'Eternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme et il l'amena vers l'homme. Et l'homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l'appellera femme, parce qu'elle a été prise de l'homme. C'est pourquoi, l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » 7.

Le but du mariage institué par Dieu est multiple. Dieu l'a institué pour mettre fin à la solitude de l'homme et lui permettre de s'épanouir dans la communion entière, physique, mais aussi mentale et affective avec une compagne semblable à lui. Le mariage est aussi le moyen institué par lui pour procréer, croître, se multiplier et remplir la terre : « Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et l'assujettissez » 8. Dans un monde déchu, où l'homme a du mal à contrôler ses instincts et à maîtriser ses sens, le mariage est enfin, selon la conviction de l'apôtre Paul, un moyen de lutter contre l'impudicité. C'est pourquoi, il encourage tous ceux qui n'ont pas le don de continence à se marier 9. Pour toutes ces raisons, le mariage est une chose bonne, utile, capable de procurer à l'homme bonheur et joie. Il n'appartient à personne de le déprécier, voire de l'interdire, mais tous sont appelés à le tenir en haute estime : « Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les débauchés et les adultères » 10.

Le mariage est un lien indissoluble qui doit durer jusqu'à ce que la mort sépare les époux : « Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint » 11. C'est dire que le divorce est par définition contraire à la volonté de Dieu. Il n'est, comme nous le verrons ci- dessous, possible que dans un cas bien précis, lorsqu'il y a rupture du lien conjugal par l'adultère ou ce qu'on appelle la désertion malicieuse.

Les devoirs des époux sont magnifiquement exprimés par l'apôtre Paul dans le texte suivant que nous citerons sans le commenter, tant il peut se passer de commentaire : « Femmes, que chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps et dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leur mari en toutes choses. Maris, que chacun aime sa femme comme Christ a aimé l'Église et s'est livré lui- même pour elle... C'est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car personne n'a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église... C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand. Je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari » 12.

Dieu a promis de bénir les époux. Cette bénédiction est là, offerte à tous, mais n'est appropriée que par un cœur croyant qui se soumet à sa volonté. La crainte, l'amour de Dieu et la confiance en ses promesses sont donc les garants d'un mariage heureux. C'est pourquoi saint Paul veut qu'on se marie « dans le Seigneur » 13. Les mariages mixtes sont dans la grande majorité des cas, si l'un ou l'autre des conjoints entend rester fidèle à sa foi, source de difficultés et de problèmes qu'il vaut certainement mieux éviter en épousant un partenaire partageant la même foi. Cependant la mixité peut se situer à différents niveaux : elle peut consister en ce que l'un des partenaires est croyant, tandis que son conjoint est un incrédule manifeste, ou bien un incrédule attentif, prêt à se laisser instruire dans la foi. Elle peut consister aussi en ce que les deux conjoints sont des croyants, mais membres d'Églises différentes et ne partageant pas en toutes choses la même confession de foi. Les couples mixtes font pour ces raisons l'objet d'une cure d'âme particulière.

Le plan de Dieu :

Dieu n'a pas créé l'homme et la femme pour qu'ils vivent dans la recherche de leur seul plaisir, de leur satisfaction personnelle, mais pour qu'ils vivent en communion entre eux et avec leur Créateur. La création dont la Genèse nous dit qu'elle était bonne devint très bonne quand Dieu façonna l'homme et la femme et leur insuffla son souffle de vie 22.

Sexe, mariage et famille ont été souillés par la chute et entraînés dans le péché. Genèse 3 nous montre le premier couple humain aliéné par sa désobéissance. Adam et Eve se cachent, car ils sont nus et en ont honte. Ils ont surtout honte d'être confrontés avec Dieu. Leur transgression de son commandement les affecte jusque dans leur amour et la confiance qu'ils se doivent, Adam accusant Eve, et en dernière analyse Dieu lui-même, de l'avoir séduit en la lui donnant pour compagne. Mais le Seigneur ne les abandonne pas à leur misère. Il va à leur recherche, reste en relation avec eux, réinstaure la communion en leur annonçant un Sauveur et en leur pardonnant leur faute. Il n'abandonne pas ses créatures.

Bien que la société inspire aux hommes de la désaffection et bien des suspicions à l'égard du mariage, les gens continuent d'aspirer à cette union entre homme et femme qu'ils souhaitent en fait durable. Tout garçon et toute fille normalement constitués désirent bâtir un nid où on donne naissance à des enfants qu'on élève ensemble et où on partage joies et peines, un lieu d'amour, de confiance, de chaleur et de compréhension où on se sente protégé contre les multiples agressions de l'extérieur. C'est que le mariage est non seulement une institution humaine, régie par le code civil de toute société humaine, mais aussi et avant tout un don du Seigneur. C'est pourquoi l'aspiration à vivre une union solide, cimentée par l'amour, est sans doute inscrite dans le coeur de tout être humain, même si ce don divin fait l'objet de tant d'abus. Il poursuit trois buts qui sont trois sources de bonheur : une communion étroite faite d'affection et de partage, la satisfaction d'un instinct et d'un besoin profondément inscrits dans la nature humaine et enfin le désir de se perpétuer en donnant naissance à des enfants.

Nous sommes ainsi faits que nous ne pouvons pas vivre dans la solitude et l'ostracisme, mais que nous avons besoin d'autres, surtout de quelqu'un qui nous complète et qui, par cela même, nous permet de nous épanouir. C'est sans doute pour cela que l'enfant est beaucoup plus longtemps dépendant de ses parents que les petits des espèces animales. Il lui faut en moyenne plus de vingt ans pour acquérir son autonomie. Cela signifie aussi que la vie conjugale et familiale n'est pas destinée à nous procurer un bonheur et un contentement égoïstes, mais qu'elle constitue le moyen par lequel, tout en nous épanouissant, nous apportons le bonheur à d'autres.

Le mariage a trois ingrédients. Tout d'abord, le consentement mutuel 23. Dans la Bible, même le poids de l'autorité paternelle et l'existence de signes providentiels tels que l'exaucement d'une prière ne suppriment pas le choix des intéressés. Rébecca consentit à son mariage avec Isaac 24. Le second ingrédient est l'union qui est à la fois union charnelle et union de vie : « Les deux deviendront une seule chair » 25. Il n'y a pas de mariage sans consommation. Le troisième enfin est la socialité, le caractère social du lien matrimonial. Le mariage n'est ni dans la Bible ni dans aucune société humaine une affaire exclusivement personnelle. Il a partout un caractère public et comporte une dimension sociale 26. La conjonction de ces trois ingrédients fait ce qu'on peut appeler la « plénitude » du mariage qui devient alors source de bénédictions divines.

Dans le livre du prophète Esaïe, Dieu décrit en ces termes l'amour et la bonté qu'il témoigne à son épouse, le peuple d'Israël : « Ne crains pas, car tu ne seras point confondue. Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée. Mais tu oublieras la honte de ta jeunesse et tu ne te souviendras plus de l'opprobre de ton veuvage. Car ton Créateur est ton époux. L'Eternel des armées est son nom, et ton Rédempteur est le Saint d'Israël. Il se nomme Dieu de toute la terre » 27. On trouve des textes semblables chez Jérémie, Ezéchiel et Osée, soulignant combien Dieu est un époux fidèle à son épouse, bien qu'elle l'ait trahi bien des fois. Toujours il est prêt à la consoler quand elle souffre ou l'encourage à revenir auprès de lui.

C'est aussi l'image que le Nouveau Testament nous donne du mariage. Jésus-Christ est l'époux attentionné et fidèle de son Église. Son retour à la fin du monde est assimilé à la démarche du fiancé qui va chercher sa fiancée pour célébrer les noces et s'unir à elle. La vie éternelle promise aux croyants dans l'Évangile est comparée à des noces célestes. Et pour nous expliquer ce qu'est le mariage, le lien qui unit mari et femme, il le compare au lien qui lie le Christ à son Église 28. C'est dire l'immense bonheur promis aux couples qui vivent leur union dans la foi en Christ et en communion avec lui !

Une seule chair

Jésus, citant la Genèse, dit : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ». Quel est le sens de ces paroles?

Elles signifient que dans le mariage l'un reçoit l'autre des mains de Dieu. En agissant librement et par consentement mutuel, deux êtres humains découvrent qu'ils s'aiment, se rencontrent et réalisent une union pleine et entière, à tous les niveaux. Deux existences entières, deux personnalités distinctes fusionnent en une seule, l'une complétant l'autre. Beaucoup plus qu'une simple union de deux corps, elle est la communion de deux existences sur les plans psychologique, spirituel et social. L'amour véritable comporte le don et l'abandon de soi. C'est le renoncement à toutes les réserves en vue d'un engagement mutuel inconditionnel, et cela pour la vie entière. De vrais amoureux sentent qu'ils ont été destinés l'un à l'autre, et ne peuvent plus concevoir leur amour autrement que comme un amour durable.

Dans l'acte sexuel, l'un fait à l'autre un don irrévocable. Quelque chose d'ineffaçable les marque tous les deux. C'est pourquoi, même chez la prostituée cet acte laisse sa marque et son souvenir. Elle a été rachetée par le Christ et créée pour le salut éternel, bien qu'elle soit rebelle et se condamne elle-même. C'est pourquoi, ceux qui « usent » d'elle et qui l'exploitent s'anéantissent eux-mêmes, en même temps qu'ils méprisent celle dont ils veulent tirer du plaisir. Aucune relation illicite et contraire à la volonté de Dieu, et quand il s'agirait d'une aventure passagère, ne peut être insignifiante.

Après l'expérience sexuelle, l'homme et la femme ne peuvent plus être ce qu'ils ont été auparavant. Une femme est émotionnellement beaucoup plus affectée que l'homme. Cependant il y a changement chez les deux. Le mari révèle à la femme ce que signifie être femme, et inversement. Seul, l'homme ne peut résoudre entièrement l'énigme de la masculinité, ni la femme celle de la féminité. Ensemble ils trouvent dans l'expérience sexuelle la réponse à leurs questions les plus personnelles. C'est la raison pour laquelle la Bible utilise le verbe « connaître » pour parler des rapports sexuels. Ce terme n'acquiert sa pleine signification que s'il est appliqué aux rapports sexuels entre les époux. Toute activité sexuelle en dehors du mariage demeure une caricature de ce mystère.

L'un des principes de base de la morale chrétienne est le respect de la personne. L'amour chrétien est un amour de personne à personne, et non d'objet à objet ou de personne à objet. C'est le « Je - Tu » et non pas le « Moi - Cela ». Le premier souci des époux chrétiens est le respect et l'épanouissement de la personnalité de l'autre. Un être qu'on aime n'est pas un objet dont on use, qu'on exploite pour le rejeter finalement. L'amour véritable est désintéressé. L'amoureux a changé l'orientation de sa vie. Il vit pour l'autre et par l'autre. Il ne cherche pas simplement son propre bonheur, mais désire de tout cœur celui de l'être qu'il chérit. Chacun souhaite à l'autre plénitude de vie, épanouissement de la personnalité, développement de ses meilleurs dons. Tout est mis à contribution, esprit et corps, idéaux et souhaits, tandis que les rapports sexuels avant le mariage constituent une violation de la personnalité de l'autre. Souvent l'un ne cherche par là qu'à exploiter l'immaturité ou les besoins émotionnels de l'autre, et ceci pour sa propre satisfaction.

Le véritable fondement des rapports humains apparaît pleinement dans le mot grec « agapè ». La langue grecque dispose de trois mots pour parler de l'amour : « éros », « philia » et « agapè ». « Eros » est l'amour physique. Il est suscité par l'instinct, lui-même sollicité par l'attrait physique de l'autre. « Philia » est l'affection qui unit des amis. L'« agapè », par contre, est la vertu propre au christianisme. Il est l'amour tel que le Christ l'a manifesté. Certes, le mot existait déjà auparavant, mais le christianisme lui a donné un sens nouveau et une portée différente. « La charité » 16, nous dit Paul, « est patiente, elle est pleine de bonté ... La charité ne périt jamais » (1 Corinthiens 13).

En Christ, Dieu manifeste son amour « agapè ». Il nous aime le premier, parce que nous avons tant besoin de son amour. Puis nous répondons à son amour, en l'aimant à notre tour et en nous aimant les uns les autres. Les trois sortes d'amour, l'éros, la philia et l'agapè, ont leur juste place dans une relation profonde et permanente, mais seule l'agapè est le fondement des deux autres. Jaillissant de l'amour que Dieu nous accorde, elle est désintéressée, recherche le bonheur de l'autre ; elle est faite de patience, de prévenance et de tendresse. « Les jeunes ont souvent des idées confuses sur la nature de l'amour et du mariage », affirme un professeur de théologie morale. « S'ils sont amoureux, ils se demandent pourquoi ils ne feraient pas ce qu'on fait lorsqu'on est marié. Ils ne comprennent pas qu'être marié, c'est être amoureux d'une façon responsable et assumer cette responsabilité dans la vie commune ».

Pour beaucoup de gens, être amoureux n'implique pas de responsabilités. Etre amoureux est pour eux l'interprétation romantique d'une situation émotionnelle, alors que le mariage n'est pas une situation émotionnelle, mais une relation de faits, y compris dans les données les plus concrètes. Cela sous-entend un type d'engagement personnel souvent espéré dans la relation intime, mais que l'intimité des corps ne réalise pas nécessairement. On a résumé cette vérité de la façon suivante : « Le mariage est plus qu'un lit pour la nuit ; c'est un foyer pour des années ». Quiconque ne respecte pas les lois de l'amour, le fait à ses dépens. Ainsi, par exemple, la première expérience sexuelle n'apporte généralement pas la satisfaction qu'on en attendait. L'art de l'amour demande du temps, de l'entraînement et une compréhension patiente pour ajuster harmonieusement ses réactions à celles de son partenaire. Il exige donc un partenaire permanent, pour qui l'on éprouve du respect et de l'affection. Les relations fugitives et occasionnelles engendrent la désillusion, voire le dégoût. Avoir des rapports sexuels avant le mariage revient à sertir une pierre précieuse sur un anneau de pacotille. L'amour est un art qui s'apprend : il consiste à atteindre l'harmonie avec son partenaire, ce qui n'est pas toujours chose facile, et ce qui devient impossible lorsqu'il est pratiqué en dehors du mariage, en opposition à la volonté de Dieu. Il engendre alors un sentiment de fraude, et donc de culpabilité et de honte. Ce sentiment peut poursuivre le plus blasé des hommes. La conscience ne garde pas toujours le silence quand on veut le lui imposer. Telle jeune fille flirtait avec les garçons avant son mariage, tandis que son mari s'était abstenu de toute relation sexuelle avec les filles. Elle le lui avait confessé, mais le sentiment de sa culpabilité la poursuivait. Elle ne parvenait pas à se pardonner sa faute. Tout était mal interprété et donnait lieu à des scènes de ménage : « Tu me méprises à cause de cela! Tu me traites comme un chien, parce que tu n'as aucun respect pour moi! ». Constamment sa faute l'entraînait loin de son mari. La foi chrétienne enseigne que l'homme a tout à perdre lorsqu'il agit contre sa conscience et qu'il se prive inévitablement du bonheur et change la grâce de Dieu en réprobation. Ainsi, la chasteté avant le mariage, même durant les fiançailles, est le meilleur garant du bonheur conjugal. L'une des sources les plus profondes de confiance réciproque est la certitude que l'autre sait contrôler ses impulsions et les mettre au service d'un authentique bonheur conjugal. C'est à ce prix-là que les fiançailles seront une période de joie intense, une semence d'amour en vue d'une récolte heureuse dans le lien du mariage.

C'est aussi à ce prix-là que la venue d'un bébé épanouit le couple. Si la grossesse a lieu au cours du mariage, sa venue est le point culminant, le couronnement de la vie de femme. Elle aura alors un léger pressentiment de ce que signifie « participer à la création de Dieu ». Pour une femme, il n'y a pas d'expérience semblable à celle-là. Elle a appris ce que signifie aimer et être aimée. Dans la sécurité que procure le mariage et la certitude d'être bénie par Dieu, elle découvre à l'approche de la maternité un puits insoupçonné de tendresse et d'amour désintéressé. Elle se sent alors pleinement femme. Quel dommage, quelle tragédie de devoir accueillir un enfant comme un accident de parcours, sujet de honte, la redoutable concrétisation d'une peur.

Dieu ne veut pas qu'une femme devienne mère de cette manière. Et ce n'est pas ainsi qu'un enfant veut être engendré et accueilli. Les joies de la maternité ne sont réellement possibles que dans le mariage. Lorsque l'acte sexuel est l'expression consciente du désir de donner la vie, il atteint les beaux sommets d'un bonheur immense.

Il est vrai qu'on peut régler certains de ces désagréments par l'avortement. Tant de gens y ont recours ! Pour le chrétien, il s'agit là d'une solution inadmissible ! N'essayons pas de nous sortir d'une faute par une autre faute. Avorter signifie éliminer la vie d'un être que Dieu est en train de créer, et cet être reste votre enfant. Pour le croyant, une situation n'est jamais désespérée. Dieu est un recours qui ne manque jamais dans la détresse. Si le couple a commis quelque faute, Dieu sera son refuge. C'est auprès de lui qu'il trouvera le pardon et la force de lui plaire, de le suivre, et d'accomplir toutes choses dans la confiance.

Réflexions sur Marc 10:11.12 :

« Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard, et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère ». C'est ce que le Christ dit aux disciples qui lui posaient quelques questions subsidiaires après la controverse avec les pharisiens dont il a déjà été question ci-dessus, dans Matthieu 19. Sans doute avaient-ils encore besoin de quelques éclaircissements sur le lien entre l'intention première du mariage exprimée dans le récit de la création (Genèse 1 et 2) et la règle énoncée par la suite, dans Deutéronome 24:1-4. Dans sa réponse, Jésus corrige sur deux points la « tradition des hommes » véhiculée par les docteurs de la loi et les pharisiens. Les juifs de son temps étaient convaincus qu'en répudiant sa femme, un homme pouvait commettre adultère à l'encontre d'un autre homme dans l'hypothèse où il séduirait sa femme, et qu'une femme pouvait commettre adultère à l'encontre de son mari. Mais un mari, pensait-on, ne pouvait pas se rendre coupable d'adultère envers sa femme. En déclarant que celui qui répudie sa femme et en épouse une autre « commet un adultère à son égard », Jésus met un terme à cette immunité masculine octroyée à l'homme en matière d'adultère. D'autre part, ce qui est vrai du mari l'est aussi de sa femme. La responsabilité et la culpabilité sont les mêmes de part et d'autre. Le Seigneur est formel : le mariage est sacré et doit demeurer intact. Le lien conjugal est indissoluble et ne peut être rompu. Tel doit être l'enseignement de l'Église à une époque où le mariage passe de plus en plus pour une sorte de « contrat » valable aussi longtemps que « cela marche » et qu'on peut dissoudre quand on ne s'aime plus et qu'on n'a plus envie de vivre ensemble.


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Modifié le  14-02-2012.