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Les pharisiens et les collecteurs d'impôts

Par Anselm_Grün

Luc connaît le danger d'une vie spirituelle où nous plaçons l'idéal trop haut. Il parle d'une incessante prière ; or une telle conception idéale comporte sa part d'ombre : nous risquons alors de nous imaginer supérieurs aux autres, animés de meilleurs sentiments. Luc nous met en garde contre ce danger en nous présentant cette ombre dans la parabole des pharisiens et des «publicains», des collecteurs d'impôts (18,9-14). La prière du pharisien est le reflet d'une piété narcissique, centrée sur lui-même. Luc nous présente ici deux types de prière : celle du pharisien plein de fatuité, et celle du publicain beaucoup plus humble. La différence apparaît immédiatement: autant l'une est longue, autant l'autre se distingue par sa brièveté. Le pharisien, en revanche, se prépare brièvement à la prière : il prend position et commence aussitôt. Le publicain, lui, reste en arrière, n'ose pas lever les yeux et se frappe la poitrine ; sa prière s'exprime surtout par le corps. Le pharisien, lui, est tout occupé de lui-même, il se sert de Dieu, qui lui importe peu, pour se mettre en valeur ; le texte grec dit littéralement que sa prière s'adresse à lui-même. Il s'adresse certes à Dieu, mais c'est pour le remercier d'être «différent des autres» (18,11). Bien des dévots croient ainsi prier Dieu alors qu'ils restent enfermés dans l'adoration d'eux-mêmes ; ils abusent de la prière pour mettre en scène leur propre grandeur, devant Dieu et les hommes. Le publicain, au contraire, éprouve la distance qui le sépare de Dieu ; conscient de ce qu'il est en réalité, il se frappe la poitrine et prie : « Dieu, sois bienveillant envers moi, le hors-la-loi» (18,13). Et Jésus commente lui-même ces deux attitudes : le publicain s'en retourne chez lui justifié par son repentir, mais non le pharisien qui n'a fait que se servir de Dieu. Seule nous oriente vers Dieu et nous justifie la prière dans laquelle nous nous présentons à lui sans nous ménager. Dans son enseignement de la prière, Luc ne se borne pas à nous transmettre ce qu'en a dit Jésus ; sa propre personnalité y apparaît aussi. Il n'est pas seulement « le lettré ouvert au monde et conscient des problèmes qui prend le pouls de son temps » (Ernst, p. 147), mais encore un homme pieux qui, en priant, rencontre Dieu et entre dans l'esprit de Jésus. La prière est aussi pour lui expérience de la résurrection, ainsi qu'il l'a montré dans les Actes des Apôtres. Il n'y parle pas moins de vingt-cinq fois de la prière. L'Église primitive est une communauté de prière; quand elle prie, le lieu «tremble», et tous sont «remplis du Souffle saint» (Ac 4,31). Quand Pierre était emprisonné, « à son intention, l'intense prière de l'Église allait vers Dieu» (Ac 1,5). Dieu lui envoie alors un ange dans sa prison, ses chaînes tombent et les portes s'ouvrent. La prière nous permet d'éprouver, dans les tourments de notre vie, la sollicitude aimante et la protection de Dieu ; nous y avons part à l'esprit de Jésus, nous y apprenons à nous adresser comme lui au Père ainsi qu'à un ami proche. Seul celui qui prie comprend ce que Jésus a voulu nous transmettre par son message et sa vie, et fait l'expérience de la rédemption. Dans la prière, en effet, les puissances de ce monde perdent leur pouvoir et les sentiments de culpabilité leur force. Les tombeaux s'ouvrent, et nous nous relevons avec le Christ pour la vraie vie, la vie en Dieu.


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Modifié le  14-02-2012.