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La parabole de l'intendant malhonnête mais habile

Par Anselm_Grün

Je ne traiterai que brièvement de cette parabole (16,1-8). Aujourd'hui encore, elle peut paraître provocante. Quand j'essaie de l'interpréter devant un groupe, elle suscite toujours des protestations : Jésus ne peut quand même pas approuver la fraude ! Nous sentons là toute l'habileté psychologique avec laquelle il s'adresse au lecteur. En maniant la provocation, il attire auditeur et lecteur hors de la position sûre que donne la piété. Là précisément où une parabole nous irrite, nous sommes invités à remettre en question et à rectifier notre façon de voir et Dieu et les hommes.

Avec sa parabole de l'intendant malhonnête qui floue son maître, Jésus a certainement suscité chez ses auditeurs, le plus souvent de pauvres gens, une certaine joie maligne. Or l'important n'est pas là; il s'agit du rapport que nous entretenons avec notre faute. Que nous le voulions ou non, nous n'avons aucune chance d'échapper à la culpabilité ou à l'accusation; la question est de savoir comment nous y réagissons : soit nous éprouvons de la honte toute notre vie durant, et revêtons l'habit du pénitent, comme cet intendant l'envisage dans son monologue; dans ce cas, nous nous gâchons l'existence et quémandons l'affection. Soit nous travaillons dur, serrons les dents pour toujours bien faire désormais en respectant tous les commandements. Or ces deux réactions nous mènent à l'impasse. Dans son monologue intérieur, l'intendant débouche sur une troisième voie, celle que Jésus approuvera. Au lieu d'effacer devant Dieu le péché ou de sombrer dans la honte, nous ferions mieux d'entrer en relation avec les autres ; la faute nous invite à nous comporter de façon plus humaine avec eux. L'intendant fait la seule chose possible : il convoque les débiteurs et réduit leur dette, espérant ainsi qu'ils l'accueilleront chez eux. Il réagit de façon créative à sa culpabilité, appliquant son imagination à en tirer le meilleur parti. Et Jésus loue son intelligence : « II est vrai que les fils de ce monde agissent plus prudemment envers leurs semblables que les fils de la lumière » (16,8). L'expression « fils de la lumière » évoque les esséniens, qui étaient certes très pieux mais excluaient sans pitié tous ceux qui enfreignaient leurs normes. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté des chrétiens ; ils ne doivent pas s'exclure, mais s'accueillir les uns les autres quand ils se sont rendus coupables. Jésus parle ici de la faute en termes très sobres ; dans l'Église, nous n'avons pas encore atteint à tant de clarté et d'ouverture. Sur le thème de la faute, précisément, nous risquons de rapetisser et de dévaloriser l'être humain; nous lui inspirons des sentiments de culpabilité pour qu'il se montre contrit et repentant. De Jésus, nous pouvons apprendre à tenir un autre langage, à assumer nos fautes sans perdre l'estime de nous-mêmes.


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Modifié le  14-02-2012.