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Pistes de réflexions sur ministère de Jésus (Jean 3,14-21) par Anselm Grün

 

« Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, »

Jean développe une théologie de notre délivrance par le Christ. Il interprète l'élévation de Jésus sur la croix par référence à l'histoire du serpent, dans l'Ancien Testament. Lorsque le peuple «parla contre Dieu», Yahvé lui envoya des serpents venimeux dont les morsures tuèrent un grand nombre d'Israélites. Moïse ayant imploré Jahvé, celui-ci lui répondit : « Fabrique un serpent brûlant et mets-le sur une perche. Tous ceux qui ont été mordus seront sauvés en le regardant» (Nombre 21,8).

Le symbole du serpent :

Le serpent est le symbole

·        de la menace de la morsure, image de tous les sentiments de venimeuse amertume qui nuisent à l'âme.

·        un symbole sexuel.

·        En raison de ses mues, une image de la rénovation de l'être humain.

·        Le judaïsme voyait dans le serpent le symbole du péché, car il a séduit Ève.

·        C'était aussi une image de la sagesse.

·        le symbole de la puissance divine de guérison.

Comparaison entre le serpent et Jésus :

·        Sur la croix, Jésus est élevé et attaché comme le serpent ;

·        qui le regarde crucifié est guéri de ses blessures.

·        Pour Jean, Jésus est le médecin divin ainsi suspendu, blessé. (serpent symbole des médecins)

·        La croix fait apparaître la blessure la plus profonde qui nous menace : la mort.

·         Quand nous regardons Jésus, il nous en affranchit, nous en guérit. Il nous guérit pareillement de toutes les blessures que nous inflige la vie, de l'amertume et des sentiments venimeux qui montent en nous quand nous sommes rejetés ou offensés.

·        Le serpent qui mue symbolise le renouvellement de l'homme et de son existence. Le vieil ego meurt, et apparaît l'homme nouveau, né de Dieu et de son amour.

 

 

La croix guérit

Selon Jean, la rédemption consiste avant tout dans la guérison de nos blessures et la métamorphose de la mort ; qui voit Jésus en croix voit la vérité en face et possède la vie éternelle (Jean 3,15). La vision du Fils de l'homme élevé sur la croix comme le serpent nous invite « à dominer les nombreux aspects rebutants de la vie et à accepter notre condition humaine en dépit de ses difficultés». La rédemption consiste à regarder en face, sur la croix, la tragédie de la vie humaine.

Le but de l’incarnation :

 «Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son fils unique, afin que tous ceux qui s'en remettent à lui ne meurent pas et vivent la vie sans fin » (Jean 3.16). Dieu n'a pas voulu que les hommes, devenus étrangers à eux-mêmes, fussent voués à la perdition. Ils étaient coupés de leur vrai centre, de leur image originelle, ils avaient perdu leur pureté, leur faculté d'aimer; ils étaient des morts vivants, et c'est pourquoi Dieu leur a envoyé son Fils. Ce don d'un amour inconditionnel implique pourtant aussi que les hommes puissent le refuser. La foi est son acceptation, et elle procure la vie éternelle.

C’est quoi cette vie éternelle :

C'est une vie qui ne peut être anéantie par la mort, qui subsiste au-delà de la mort et accède à l'éternité. Il ne s'agit pas avant tout d'une vie après la mort, mais aussi et surtout d'une qualité nouvelle de la vie : d'une vie dans la divinité, où le temps et l'éternité coïncident. Je saisis cette qualité de la vie éternelle et je ne fais plus qu'un avec Dieu ; je sens que je suis en Dieu, et que Dieu est en moi. Je suis en contact avec l'être véritable. Ce que Jean entend par vie éternelle, c'est cette «expérience au sommet» où l'être humain «entre dans l'absolu et ne fait plus qu'un avec lui, ne serait-ce que pour un court instant ».Tout alors devient clair, car en tout il voit Dieu ; il fait de lui-même et du monde une expérience beaucoup plus intense, il ressent ce qu'est la vie au plus profond d'elle-même : animation, joie, bonheur, amour, ouverture, unité. Sa conscience s'élargit, il y intègre Dieu et l'homme, la vie et la mort, le ciel et la terre, le temps et l'éternité « la conscience pure »

La mission de Jésus :

Jésus ne vient pas pour juger le monde, mais pour le sauver. En lui, Dieu a manifesté son intention de soustraire l'homme à sa perdition, de l'affranchir de toute dépendance, de le guérir de tous ses maux, de l'établir dans l'image originelle qu'il s'était forgée de chacun lors de la Création. La foi en Jésus, c'est déjà le salut.

Dieu ne juge pas, mais qui ne croit pas en Jésus est déjà jugé, il s'est lui-même exclu de la vraie vie, qui n'est accessible qu'en Jésus. La vraie vie est à notre portée, en ce Jésus. Qui ne croit pas en Jésus n'a pas compris ce qu'elle est; mais la foi n'est pas une simple profession de pure forme.. Croire, c'est avant tout voir, reconnaître en Dieu le fond de tout ce qui est, voir son amour révélé en Jésus.

 «Celui qui soutient la vérité tend vers la lumière, et ses actions se voient, car Dieu en est le maître d'oeuvre» (Jean 3,21). « Soutenir la vérité », c'est progresser vers le réel dans sa vérité, et vivre en conséquence. La condition du salut, pour les chrétiens, n'est pas de professer leur foi en Jésus, mais de « soutenir la vérité ». Dieu est amour et désire que tous les hommes découvrent la vie éternelle.

Dans ces versets sont associés des mots clés : vie éternelle, amour, vérité, lumière, foi. La foi nous ouvre les yeux afin que nous reconnaissions la vérité et que la lumière perce les ténèbres de notre existence ; elle est le chemin sur lequel nous avons part à la vie éternelle, au salut, à l'amour, fondement de toutes choses et raison de la venue de Jésus en ce monde. Si nous nous laissons combler par cet amour, notre vie en sera métamorphosée ; ceci constitue la véritable rédemption et le salut. Qui ferme les yeux s'exclut lui-même de l'amour et de la vie. Qui croit participe déjà de cet autre monde qui, par Jésus, fait irruption dans le nôtre : monde de la lumière, de la vérité, de l'amour et de la vie éternelle.

 

 

 


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E-Mail : luc@ieschoua.org

Modifié le  14-02-2012.