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Pistes de réflexions sur Le bon Pasteur (Jean 10,1-18) par Anselm Grün

La mission de Jésus :

Pour parler de sa mission, dans Jean (10,1-5)  Jésus parle de l'activité quotidienne du berger. Il entre dans l'enclos des brebis par la porte et non pas en escaladant la clôture. Seuls les voleurs et les brigands entrent autrement. Le voleur vole par ruse ; le brigand, lui, use de violence pour voler. Ils sont l'un et l'autre des images de ceux qui se présentent au nom de Dieu mais se comportent mal avec ceux vers lesquels ils viennent. Ce danger n'a pas existé seulement dans l'histoire d'Israël et de l'Église primitive ; il est toujours actuel : il y a encore des guides qui abusent de l'autorité spirituelle.

Jésus s'identifie d'abord avec la porte (10,7-10) :

Lui seul a l'accès légitime à l'enclos, par lui les brebis peuvent entrer et sortir, trouver bon pâturage et donc avoir abondance de vie (10,9-10).

·        Jésus est la porte qui nous permet d'accéder à notre cœur, qui nous met en contact avec notre être profond. Les premiers chrétiens aient perçu Jésus et ses paroles comme la porte qui leur donnait accès à eux mêmes ; quand ils méditaient à son sujet, ils découvraient soudain qui ils étaient, ils pouvaient entrer, comme par une porte, dans leur demeure intérieure, et s'établir dans leur Soi. Comprendre Jésus, c'est me comprendre moi-même, accéder à ma vérité et retrouver le contact avec mon centre.

·        Jésus est la porte par laquelle je peux entrer et sortir, en quête d'une bonne pâture. Ici apparaît une autre dimension de cette image : la porte ne nous donne pas seulement accès à notre intériorité, mais aussi à l'extérieur, au monde. Entrer et sortir, introversion et extraversion, ce couple est indissociable. Jésus nous promet qu'en passant cette porte qu'il est pour nous, nous trouverons le chemin du pâturage nourricier.

Jésus nous dit qu'en lui nous trouverons le salut, la plénitude de la vie et l'accès à notre être complet; en lui seul, apparaît la vie dans sa vérité, la vie divine qui n'est pas bornée par les limites de notre corps et de notre histoire.

Jésus s'identifie avec le berger ( 10,11-18).

Jésus dit encore deux fois : «Je suis un bon Berger». Jésus est le seul vrai berger, tel que l'a décrit la Bible dans le Psaume 23, par exemple, ou dans Ezéchiel 34 (Les pasteurs d'Israël). Il use chaque fois d'images différentes pour expliquer comment il comprend sa mission. Au verset 10,11, il déclare : «Le bon berger se dépouille corps et âme pour ses brebis. » Le berger rétribué, « celui qu'on paie », au contraire, prend la fuite dès que s'approche un loup.

Qui sont « les bergers qu'on paie».

Les brebis les suivent parce qu'elles connaissent leur voix, mais dès qu'un danger menace, ils reculent et abandonnent les brebis aux loups dévorants.

Jésus le bon berger :

·        Par cette image du bon berger, Jésus évoque sa mort ; il ne meurt pas en expiation de nos péchés, mais en signifiant qu'il est là pour nous, ses brebis, afin de nous protéger contre les loups, contre les dangers de l'existence. Ce qui nous menace, c'est le mépris de nous-mêmes, ce sont les schématismes psychiques qui nous inhibent, les blessures, les offenses, le manque de repères et d'appui. Quand Jésus dit qu'il donne sa vie pour ses brebis, il exprime son amour inconditionnel pour nous. Le pire danger pour l'homme, c'est l'expérience du manque d'amour, avec ses conséquences traumatisantes. Qui sait n'être pas aimé se rejette lui-même, se condamne, devient dur, froid et vide. Il a donc besoin d'un amour sans réserve, maintenu jusqu'au sacrifice de la vie, pour guérir de cette blessure mortelle.

·         « Moi je suis un bon berger, je connais les miennes, les miennes me connaissent, comme le Père me connaît, comme je connais le Père et je me donne corps et âme pour mes brebis » (10,14-15). Ici s'exprime l'intimité de la relation entre Jésus et les siens. Il connaît ses disciples et tous ceux qui croient en lui; son amour va à chacun en particulier. Jean ne dit pas que Jésus sacrifie sa vie, mais qu'il la met en jeu pour les siens. Le véritable motif de la mort de Jésus est son amour pour les hommes, qu'il connaît, qui sont ses amis. Dans ses discours d'adieu, il dira : « II n'est pas d'amour plus grand que celui-ci : quitter la vie pour ceux qu'on aime» (15,13). Sa vie, Jésus l'engage, la met en gage pour ceux qu'il aime ; il ne s'y accroche pas, son amour va jusqu'à la quitter pour eux.

Jésus complète son interprétation du bon berger en évoquant les autres brebis, celles qui ne sont pas dans l'« enclos» «enclos» d'Israël; par là, il donne à entendre qu'il a offert sa vie non pas pour les seuls Juifs mais pour tous les hommes, pour le monde entier, et| qu'il l'a donnée librement : « Personne ne me l'ôte, je la dépose de moi-même» (10,18). Ce Jésus johannique est souverain; il n'est pas le simple jouet d'une situation politique qui le mène à la mort. S'il peut donner sa vie pour ceux qu'il aime, c'est qu'il se sait aimé par le Père, jusque dans sa mort. S'il peut se donner ainsi absolument, c'est parce qu'il n'a pas le seul pouvoir de donner sa vie, mais aussi celui de « la reprendre » (10,18). Il fait là allusion à sa résurrection, par laquelle il accède à un niveau sans égal ; il sait que l'amour est plus fort que la mort. Jean ne sépare jamais la mort et la résurrection, toutes deux expression de l'amour infini et inconditionnel de Dieu pour les hommes et de celui de Jésus pour les siens, fondé sur l'amour que le Père a pour lui: « Voilà pourquoi je suis aimé de mon Père /parce que je donne ma vie, et qu'après je la reprends » (10,17).

Nous sommes appelés :

Dieu nous appelle à devenir, à notre tour pour d'autres, la porte et le bon berger. L'image du bon Pasteur nous invite à un examen de conscience : en quelle mesure, dans l'exercice de notre activité pastorale ou plus généralement dans notre aide à d'autres, ressemblons-nous à «ceux qu'on paie», indifférents au sort des brebis ; ou bien aux voleurs et aux brigands qui se servent d'elles pour satisfaire leurs propres besoins, aux étrangers qui pénètrent par effraction dans l'âme d'autrui et la dévastent en la plongeant dans l'angoisse.

Jésus, le bon Berger qui donne sa vie et la reprend, est intérieurement libre, déterminé non par son destin extérieur mais par son amour. Comme lui, nous sommes libres de donner notre vie et de la reprendre, mais nous ne ferons l'expérience de sa plénitude que dans l'équilibre entre donner et reprendre ; si nous ne faisons que donner, nous serons bientôt au bout de nos ressources. La « reprise » ne renvoie pas seulement à la résurrection où nous recevrons pour toujours la vie que Dieu nous a destinée ; dans cette vie déjà, nous avons besoin d'un équilibre sain entre donner et prendre. Le véritable amour a le pouvoir de se donner, de mettre sa vie en jeu pour ceux à qui il se donne ; mais un tel amour n'est possible que si j'ai d'abord su prendre l'amour que mes parents m'ont donné et que Jésus fait ruisseler en moi dans une totale plénitude.


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Modifié le  14-02-2012.