IESCHOUA

Ma demeure de vie Accueil | Nous contacter

Accueil
Haut
Mission
Vie de Jesus
Parcours
Evangile St Luc
Evangile St Matthieu
Evangile St Jean
Evangile St Marc
Croisiere
Nourriture du coeur
Forum  Prieres
Témoignages
Chants
Prieres & Reflections
La passion
Suggestions
Liens
Forum discusions

 

Ma demeure de vie
(Luc 15,8-10)

Par Anselm Grün

Vous voulez vous mettre en retraite. Ces exercices ont pour but de nous habituer à une prière incessante en présence de Dieu. Pour ce faire, nous prenons le chemin que Dieu nous a frayé. Notre programme vise à nous entraîner à entendre la voix de Dieu dans notre coeur, à prêter l’oreille aux douces impulsions par lesquelles l'Esprit-Saint nous appelle. Nous cherchons à découvrir notre vocation personnelle. Dieu nous appelle tous à proclamer dans notre vie un aspect de son amour trinitaire, celui que lui seul peut nous communiquer.

Il ne s'agit absolument pas ici de résoudre nos problèmes, d'acquérir une capacité soudaine de régler nos conflits quotidiens. Il s'agit plutôt de Dieu. Lui seul est réalité authentique. Or nous passons le plus souvent à côté de lui. Nous sommes si encombrés par nous-mêmes et par nos soucis que nous le perdons de vue. Nous sommes persuadés que la vraie réalité, c'est notre vie journalière avec ses tâches urgentes. Mais l’essentiel, c'est lui. Le percevoir, ne compter que sur lui, voir en lui la seule réalité devant laquelle tout doit reculer, lui donner de plus en plus de place dans notre vie pour qu'il nous définisse en tout, vivre en lui et de lui: tel est le but de ces exercices. Je souhaite qu'ils vous aident à entretenir en vous une prière incessante, à découvrir en vous l'amour divin, à percevoir les impulsions du Saint-Ésprit qui voudrait vous façonner de plus en plus selon l'image que Dieu s'est donnée de vous.

Dans cette série d'exercices, je propose des textes de la Sainte Écriture. Ils visent à conduire à la prière et à donner certaines indications pratiques pour situer en Dieu tout ce qui vous arrive. Il vous en fera saisir le sens. Ainsi sa présence transparaîtra de plus en plus à travers votre vie quotidienne. Prenez tous les jours une heure pour méditer le texte, pour laisser les mots vous pénétrer le cœur et, partant de là, pour en arriver à prier personnellement. Rédigez tous les jours quelques pensées ou quelques découvertes que ce texte aura permises. Faites un journal de retraite pour fixer l'action divine en vous. Ainsi pourrez-vous toujours vous rappeler que Dieu vous a touché et voudrait vous conduire à prier toujours plus profondément.

Comme premier texte, je propose la parabole de la drachme perdue, en Luc 15,8-10. « Quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée ? Et, quand elle l'a retrouvée, elle assemble amies et voisines et leur dit : "Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la drachme que j'avais perdue !" »

Cette femme se trouve dans une situation fort semblable à la nôtre. Elle a perdu une drachme, mais, avec celle-ci, c'est elle qui s'est perdue. Dix est un symbole de totalité. En perdant cette pièce, c'est son centre qu'elle a égaré. Nos soucis et nos problèmes nous font souvent perdre de vue notre cœur. Nous faisons beaucoup de choses, y compris de la piété, mais nous avons perdu les agrafes qui font de cette diversité un tout. Nous prions, nous allons à la messe, mais nous ne vivons pas au centre de nous-mêmes, au cœur de nous-mêmes. Par manque de vigilance, comme le dit saint Grégoire de Nysse, nous avons égaré notre véritable moi. C'est pourquoi, à travers ces exercices, Jésus nous invite à nous mettre en recherche de l'image de Dieu en nous.

Il nous faut tout d'abord allumer une lampe. Avec elle, nous pourrons examiner les abîmes de notre âme, projeter la lumière de notre conscience dans les ténèbres de celle-ci, dans ce qui y gît, inconscient et refoulé. Il nous faut balayer notre maison. Nous avons laissé tant de saletés et de poussière s'accumuler sur notre image divine originelle. Ou peut-être avons-nous oublié la drachme au milieu de l'entassement de nos meubles, au milieu de toutes les activités qui ont fini par prendre toute la place ?

Faire retraite signifie balayer sa maison pour que Dieu puisse y emménager et s'installer partout, pour qu'il puisse lui-même retrouver la drachme enfouie n'importe où en nous, toujours plus profondément. En guise d'arrière-plan de cette parabole, je vous invite à dessiner votre habitation. Il ne s'agit pas de faire une belle peinture. Dessinez votre maison avec ses étages et ses chambres. Qu'y a-t-il dans la cave ? Y a-t-il des pièces fermées auxquelles personne ne peut accéder ? Ou des endroits où vous avez peur d'entrer, parce qu'il pourrait s'y trouver quelque explosif, ou bien parce que vous y avez entassé des choses refoulées qui rongent les fondements de l'immeuble ? Qu'en est-il du rez-de-chaussée ? Dans quelles pièces vous tenez-vous le plus souvent ? Où vous sentez-vous le mieux ? Où fait-il froid ? Où faites-vous entrer vos invités ? Êtes-vous vraiment maître ou maîtresse chez vous, ou bien y a-t-il des sous-locataires qui vous rendent la vie difficile, ou des propriétaires qui ne cherchent qu'à vous faire partir ? Ces sous-locataires ou ces propriétaires, qui sont-ils ? Les peurs qui se sont glissées partout chez vous, les soucis, les amertumes, les rancœurs, la jalousie ? Qu'y a-t-il au premier étage ? Quelles chambres occupez-vous de préférence ? Dieu a-t-il sa place partout, ou l'avez-vous chassé de certaines pièces parce qu'il vous serait désagréable qu'il puisse y voir ce que vous y avez mis ? Si vous avez orné votre maison, pouvez-vous décrire chaque pièce, autrement dit vos soucis, vos pensées, vos problèmes, vos sentiments ?

Demandez-vous alors où votre drachme peut se trouver, dans quel endroit la chercher, où vous devez laisser entrer Dieu pour qu'il vous la fasse voir. Un mystique allemand, Jean Tauler, pense que, quand nous sommes en crise, Dieu lui-même vient chez nous chercher la drachme. Il agit à l'instar d'une femme qui déplace tous ses meubles, soulève les chaises, fouille partout pour retrouver son argent. Peut-être la pièce de monnaie se trouve-t-elle justement là où vous vous êtes le mieux installé ?

Quand vous avez médité et investi de votre prière votre maison en présence de Dieu, essayez de parler une demi-heure à voix haute avec lui. Faites-lui visiter votre demeure, expliquez-la-lui. Demandez-lui alors ce qu'il a à vous en dire. Essayez de vous imaginer qu'il est vraiment là, et dites-lui alors tout ce qui vous passe par la tête. Mais, en faisant cela, n'arrêtez pas de vous demander ce qu'est la vérité de votre vie. Qu'en est-il exactement de moi-même ? Dans le fatras de tout ce que je tiens caché, que me faut-il enfin dire à Dieu ? Où me faut-il le laisser entrer pour qu'il puisse éclairer de sa lumière toutes les chambres ? Allez bien jusqu'au bout de cette demi-heure de prière à voix haute, même si, au bout de dix minutes, vous avez envie de vous taire. Si vous ne sentez pas la présence de Dieu, dites-le-lui. Si vous commencez à ressentir de l'humeur, exprimez-lui votre mécontentement. Il n'est pas si facile de se laisser aller à prier à voix haute. Mais peut-être vous apercevrez-vous ainsi que cela vous conduit à la vérité. Et seule
la vérité peut nous rendre libres.
En ce début de nos exercices, je vous souhaite un bon entretien avec Dieu : qu'il commence lui-même à éclairer votre maison et vienne y habiter avec son amour et sa miséricorde.


Pour nous contacter :

E-Mail : luc@ieschoua.org

Modifié le  14-02-2012.