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Le mystère du Christ en nous
(Philippiens 3,7-10)

Par Anselm Grün

Ces exercices veulent nous aider à suivre le Christ en menant une existence façonnée par notre relation à lui, par notre amitié pour lui. Dans son épître aux philippiens, Paul nous décrit comment nous devons l'imiter. Voici ce qu'il nous dit : « Tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage à cause du Christ. Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, et d'être trouvé en lui, n'ayant pas comme justice à moi celle qui vient de la Loi, mais celle par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi, le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort. »

Pour Paul, il s'agit de la gnosis Christou, de la connaissance du Christ ; non pas d'un savoir intellectuel, mais d'une compréhension intérieure, d'une rencontre si intime avec lui qu'il se saisit totalement de nous. Si j'ai compris qui est ce Christ, si j'ai découvert l'amour dont il m'a révélé l'immensité par la croix, tout le reste ne m'apparaît plus que rebut. Peu m’emporte que je sois en bonne santé ou malade, que les gens m'aiment ou non, que J'aie du succès ou non, que je sois reconnu ou non, que j'aie réussi ou non ma vie extérieure. Paul emprunte le mot rebut au langage courant de l'époque. Celle-ci connaissait le dicton affirmant que, pour celui qui aime, tout le reste n'est plus que détritus, ordures, déchets. Pour celui qui aime le Christ, tout le reste perd toute importance.

C'est à cet amour qu'entendent conduire ces exercices en nous conférant ainsi une liberté nouvelle à l'égard des exigences quotidiennes de la vie. Beaucoup pensent qu'ils doivent nous permettre d'emmagasiner des idées pour pouvoir tenir dans la foi tout au long des jours. Mais ils se rendent rapidement compte que leur réservoir n'a guère de contenance. Ils ont l'impression que celui-ci fuit. Je recours ici à cette image de réservoir que je n'aime pourtant guère, car elle conforte l'illusion que nous pouvons accumuler intérieurement de la force. Or il ne s'agit pas d'accumuler, mais d'acquérir une nouvelle façon de voir, d'arriver à un changement de perspective. Quand, durant ces exercices, je rencontre le Christ, cela jette une lumière totalement nouvelle sur ma vie quotidienne. Je vois mes problèmes de manière inattendue. Par comparaison avec ma découverte du Christ, ils me semblent futiles, mesquins.

Pour Paul, le but de la vie, c'est de gagner le Christ et de vivre en lui. Vivre dans le Christ est plus que penser sans cesse à lui, plus que l'imiter et obéir à ses commandements. L'expression désigne le mystère même de notre être de chrétien. Nous ne sommes pas seulement disciples du Christ, mais nous existons en lui. Nous ne sommes pas seulement en communion avec lui, mais nous ne formons plus qu'un tout avec lui. Les théologiens ont souvent débattu de la signification d'une telle affirmation. A mes yeux, il s'agit là d'une réalité de foi sur laquelle il n'y a pas lieu de se disputer.

Quand, au cours de ma méditation, je répète sans cesse : « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, prends pitié de moi », Je découvre que le Christ est en moi et que je suis en lui. Je sens qu'il est ma réalité la plus profonde, qu'il imprègne ma pensée et ma sensibilité. Je n'arrive vraiment à vivre que s'il pénètre mon âme et mon corps. Etre dans le Christ confère une nouvelle qualité à mon existence. Par nature, je vis dans le monde. Mais ce monde ne me définit plus. Ce qui me marque, c'est le Christ qui est en moi et en qui Je trouve mon véritable fondement. Cet être-en-Christ me confère la liberté en me soustrayant à tous les critères de valeur de ce monde, ceux que J'ai moi-même souvent adoptés.

Paul lui-même exprime de telle sorte Je critère que constitue l'être-en-Christ qu'il se refuse à mesurer sa propre Justice : seul compte ce qui découle de la foi dans le Christ. Je n'ai plus à faire moi-même mes preuves, à me Justifier, à m'assurer d'exister vraiment. Si Je suis en Christ, c'est celui-ci qui me rend Juste, qui m'ajuste à la volonté de Dieu, qui me remet debout, comme un homme libre, qui me fait vivre vraiment. Il me remplit de son Esprit, de sa miséricorde, de son amour. Il me donne part à sa résurrection. Il me fait remonter avec lui du tombeau de la résignation ou de la complaisance en moi-même. Il me conduit à m'opposer à tout ce qui entrave ma vie, à me redresser en faveur de la vie. Mais cela signifie aussi que, en lui, Je prends part à sa passion. Si Je veux surmonter les barrières qui m'empêchent, moi et d'autres, d'accéder à la vie, cela implique souffrance et douleur. Dans mon combat pour la vie et pour la liberté, j'aurai à subir des blessures. Mais celles-ci ne peuvent plus être mortelles. Elles pointent vers la résurrection, but ultime de ma vie, une résurrection qui s'affirme déjà en moi chaque Jour : elle s'accomplit lorsque, après une chute, je ne reste pas par terre, lorsque, après un échec, je ne renonce pas, mais continue à aller de l'avant, confiant dans le Christ, qui me prend par la main et me remet debout. La mort n'est pas la fin. C'est le début d'une vie nouvelle, d'une liberté nouvelle, d'un amour nouveau qui vient accomplir mon aspiration à l'amour.

Pour moi, prier Jésus, c'est s'exercer concrètement à vivre en lui et avec lui. C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui de recourir à la prière de Jésus. Asseyez-vous confortablement et prenez conscience de votre respiration. Laissez celle-ci vous conduire à l'intérieur de vous-même. Puis commencez à prier au rythme même de votre respiration. En aspirant, vous pouvez dire : « Seigneur Jésus », puis en expirant « Fils de Dieu, prends pitié de nous ». Si cette formule est trop longue, dites simplement « Jésus » en aspirant, et « prends pitié » en expirant. Ne pensez pas au mot que vous dites, mais dites-le dans la conviction que, en lui, le Christ lui-même se rend présent en vous et qu'il vous pénètre de plus en plus de sa miséricorde. Laissez ce mot vous conduire dans l'espace intérieur où le Christ lui-même vit en vous, celui qui est rempli de la chaleur de son amour et de sa miséricorde. Après avoir redit durant vingt ou trente minutes cette prière, vous pourrez vous reposer en ressentant ce que signifie être en Christ.

En disant cette prière de Jésus, je me rends souvent compte du bien que cela me fait de me laisser définir intérieurement par lui, de découvrir dans sa miséricorde une pitié accrue envers moi-même. Ce qui me détermine, ce ne sont plus mes angoisses, mes peurs mes jalousies, ma tristesse ou mon vide. Car la miséricorde de Jésus distille en moi une paix profonde. Nul besoin de refouler les pensées ou les sentiments négatifs, mais poursuivez la prière de Jésus même au milieu de ceux-ci. Lorsque vous aurez suffisamment longtemps répété « Seigneur Jésus Fils de Dieu, prends pitié de moi » du sein même de votre aigreur, de votre colère, de votre angoisse, de votre sentiment de culpabilité, vous modifierez tous ces sentiments en découvrant que vous en avez vous-même pitié, qu'ils sont, non plus une montagne qui vous oppresse, mais de l'ordure. Et vous pourrez dire avec saint Paul : «J'oublie ce qui est derrière moi et je me tourne entièrement vers l'avant, vers Jésus-Christ qui entend me conformer totalement à lui, à l'image du Dieu invisible qui devient visible en moi. »


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Modifié le  14-02-2012.