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Réflexions sur Matthieu 23

À qui Jésus s’adressait dans ce chapitre?

Du point de vue historique, le judaïsme n'a survécu après la catastrophe de 70 que grâce aux scribes et aux pharisiens qui « ont fourni à l'ensemble de l'existence le cadre des prescriptions les plus rigoureuses, sauvegardant ainsi l'antique tradition» (Schweizer, p. 291). À l'inverse, le jeune mouvement fondé par Jésus, « qui avait vécu la présence de l'Esprit, le renouveau de la prophétie, la grande libération en vue de l'amour» (ibid.), devait marquer tout aussi radicalement sa différence par rapport à cette réinterprétation du judaïsme par les pharisiens.

Dans ce chapitre Jésus parle à nous : «Jésus s'adressa aux foules et à ses disciples» (23,1). Matthieu n'a pas écrit ce chapitre «parce qu'il aurait voulu porter un jugement particulièrement négatif et sans appel sur les pharisiens, mais pour inciter ses lecteurs chrétiens à un certain comportement bien défini ». Il nous met en garde de ne pas se cacher derrière les commandements et les prescriptions, commettre des abus spirituels aux dépens des autres, exercer un pouvoir sur eux sous le prétexte de religion, détourner l'attention de ses propres faiblesses humaines par un discours moralisateur, rejeter sur les autres les fardeaux que l'on n'est pas capable de porter soi-même. Ce chapitre 23 est d'une parfaite modernité, car tous ces dangers d'abus spirituel sont extrêmement répandus. Jésus veut une théologie de la miséricorde et non du mépris. Ces paroles de Jésus concernent chaque chrétien, quiconque prend le chemin de la spiritualité : tous nous pouvons être tentés de prier et de méditer pour être vus par les autres. Les versets 5 à 7  nous mettent en garde contre le narcissisme religieux qui ne se soucie que de ses propres affects et utilise Dieu pour son propre bien-être.

 

Quels changements le Christ suscite ?

        Quand il a parlé d’être assis sur la chaire de Moise, Jésus l’a mentionné au passé. L’autorité des pharisiens c’est du passé.

        Ne pas utiliser le titre de rabbi ou maître ou père : ceci est pour nous dire de suivre les enseignements de Jésus et non de faux prophètes. Nous devons agir comme des enfants de Dieu.  Seul les paroles du Christ qui comptent. La communauté chrétienne se compose uniquement de frères et de sœurs, tous sous l'autorité d'un seul Maître, le Christ. Le mot adelphoi, «frères», évoque non seulement l'égalité mais aussi la solidarité. Le chrétien ne doit pas se sentir fils ou fille d'êtres humains, mais uniquement de Dieu . Ces paroles de Jésus (23,8-10) sont une exhortation permanente à chaque chrétien : on ne doit pas se mettre sous la dépendance des hommes

23:11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
23:12 Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.

        Jésus nous appelle à l’humilité et au service des autres.

Les mises en garde de Jésus :

        Il nous met en garde contre les abus de l'autorité spirituelle. La section des sept malédictions  contrebalance les béatitudes (voir aussi Isaïe 5 8-11) :

1.                              Les pharisiens sont accusés d’être de faux enseignants car ils ne suivent pas l’enseignement du Christ. Ceci s’adresse à nous si nous ne suivons pas ses enseignements. Les faux enseignants cherchent à exercer le pouvoir ; ils sont très bien renseignés sur Dieu, mais comme ils n'accèdent pas eux-mêmes au Royaume, ils empêchent leurs disciples d'y entrer (23,13).

2.                               La deuxième malédiction (23,15) vise les maîtres spirituels qui mettent les fidèles sous leur dépendance et font d'eux des fanatiques dévoyés. Les partisans fanatiques de certains maîtres sont intolérants, arrogants, et se laissent manipuler en vue de toutes sortes d'actes mauvais.

3.                              Il ne s'adresse plus qu'aux « guides aveugles », il leur montre en quoi ils falsifient le sens de la religion en s'attachant à de petites prescriptions mesquines, par exemple à ce qui fait la validité d'un serment (23,16-22). Les règles extérieures prennent plus d'importance que le sens même de la piété, trop souvent des contraintes formelles dérisoires, favorisent le développement d'une attitude mentale obsessionnelle dont il est difficile de se libérer. Ce qui est important ce sont les personnes et non les ustensiles.

4.                              Il reproche aux scribes d'oublier l'essentiel à force de réglementation : «la justice, la compassion et la confiance» (23,23), expressions de l'amour qui doit marquer tout acte religieux et sans lequel il est vain. Ceci dit que toutes les lois comptent, mais à la lumière du Christ. L’Amour nous donne une meilleure compréhension des lois de l’ancien testament. Jésus ne rompait pas avec la tradition juive, il mettait seulement l'accent sur certaines possibilités d'interprétation.  Fixés sur des détails sans importance, nous ne voyons même pas l'impureté qui s'insinue dans notre dévotion.

5.                              La cinquième malédiction prend l'image de la «purification de la coupe » pour évoquer celle de l'être humain. Il n'y a guère de sens à ne nettoyer que l'extérieur; il faut regarder et purifier l'intérieur, «rempli de vice et d'envie» (23,25). On abuse de la spiritualité pour conforter sa propre « intempérance» et se faire valoir, la religion devient une idéologie qui permet de se placer au-dessus des autres et finalement au-dessus de Dieu lui-même. Jésus est très sensible à cet abus. Dieu veut régner en l'homme, il refuse de lui servir à s'élever au-dessus de sa condition humaine.

6.                              La sixième malédiction poursuit cette opposition entre l'extérieur et l'intérieur. La façade a «belle apparence», mais dans le cœur il n'y a qu'«un tas d'ossements et de détritus », impureté, iniquité et hypocrisie. Chez ces faux dévots il y a beaucoup de réalités mortes, il émane d'eux une odeur de cadavre, leur piété est au service de la mort et non de la vie.

7.                              La dernière malédiction porte sur la relation aux ancêtres. Les pharisiens prennent une vertueuse distance par rapport au meurtre des prophètes qu'ont commis leurs «pères». Jésus nous engage à prendre une distance critique en face du passé, mais aussi à nous demander en conscience si nous ne sommes pas et n'agissons pas exactement comme les meurtriers des prophètes de notre histoire. Ne faisons-nous pas de notre spiritualité un mauvais usage pour présenter bonne figure ?

 

Les lamentations sur Jérusalem : (mat 23 : 37-39)

        Jésus est le porteur du message du salut de Dieu. Dieu est comme une poule qui rassemble ses poussins. Ceci représente le soin, la protection et l’amour. Il annonce la destruction de Jérusalem et la venue du fils de l’homme.

23:39 car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!


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Modifié le  14-02-2012.