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LES VIGNERONS: Marc 12:1-12

par Dr. Wilbert_Kreiss

Cette parabole est relatée par les trois évangélistes.  On la retrouve dans Matthieu 21:33-46 et Luc 20:9- 19.  Jésus vient de chasser les vendeurs du temple.  Les pharisiens lui ayant demandé qui lui en avait donné la permission et le pouvoir, il les avait réduits au silence.  C'est à la suite de ces événements qu'il raconta la présente parabole.  Le récit se situe donc non pas dans le grand chapitre des paraboles du Royaume (Matthieu 13 et Marc 4), mais dans la semaine de la Passion. Jésus va mourir sous peu.

Un homme planta une vigne:

Du blé et du plant de moutarde, nous passons à la vigne.  Toute la parabole va tourner autour d'elle.  On notera la description vivante des faits, semblable à celle de cette autre parabole de la vigne qui figure dans l'Ancien Testament et qu'il faut lire ici (Isaïe 5:1-7).  Une différence cependant: tandis que le prophète Isaïe déclare tout Israël coupable d'infidélité à Dieu, Jésus ne s'en prend qu'aux chefs du peuple.

Le maître de la vigne prit la précaution de l'entourer d'une haie, pour empêcher l'intrusion des maraudeurs et des animaux sauvages.  Cette haie symbolise la Loi que Dieu avait donnée à son peuple pour le protéger de la contamination des nations païennes et de leur idolâtrie.

Le pressoir et le récipient, tous les deux taillés dans le roc, étaient destinés à la fabrication du vin.  Quant à la tour, elle servait à la fois à abriter les gardiens et à stocker les outils et le vin.  Ainsi, Dieu a tout fait pour son peuple.  Il lui a tout donné, l'alliance, la loi, le temple, les sacrifices et le culte. Israël avait tout pour se souvenir des grâces de son Dieu, persévérer dans la foi et être fidèle à l'alliance conclue.

Puis le propriétaire de la vigne, devant partir pour un long voyage, loua sa vigne à des vignerons. Cette notion de voyage revient dans plusieurs paraboles (Matthieu 25:14.15; Marc 13:34; Luc 19:12). Elle symbolise le fait que Dieu a confié son peuple à des leaders chargés d'en prendre soin, un peu comme les rois de la Palestine à l'époque du Christ, quand ils se rendaient à Rome pour y recevoir l'investiture royale de la part de l'empereur.  Les chefs religieux d'Israël, sacrificateurs, sanhédrin, docteurs de la Loi, étaient les vignerons chargés par Dieu de prendre soin de sa vigne et de lui en restituer le produit.

S'étant saisis de lui, ils le battirent:

La parabole d'Isaïe 5 est centrée sur l'improductivité de la vigne.  Celle du Christ illustre la perversité et la méchanceté des vignerons.  Dieu leur envoya des serviteurs pour recueillir le produit de sa vigne.  Non pas tout, mais "une part du produit".  Rien de plus normal.  C'étaient les prophètes que Yahvé envoya un à un auprès de son peuple.  Les fruits qu'il voulait recueillir auprès de son peuple étaient la conversion, la foi, l'obéissance, la piété.  Le premier serviteur fut bastonné et renvoyé à vide. Un autre fut frappé et outragé.  Un troisième, tué. Jésus n'embellit rien.  Il dit exactement aux chefs d'Israël (Marc 11:27; 12:1) ce qu'en la personne de leurs prédécesseurs ils avaient fait aux prophètes.  Ils les avaient persécutés, outragés et mis à mort.  Cf. Matthieu 23:34-37; Actes 7:51.52; Hébreux 11:37.38. Ces chefs sanguinaires et meurtriers, ou plutôt leurs dignes successeurs, sont là, devant le Christ, et comprennent qu'ils sont visés (V.12).

Aucun propriétaire de vigne ne ferait ce que fit celui-ci, n'enverrait de nouveaux serviteurs pour les voir traités de la même façon ou plus mal encore.  Notre parabole a des traits allégoriques, irréels. Elle veut illustrer l'infinie patience de Dieu et la perversité des chefs du peuple.  Cette patience est sans limites.  Jésus doit donc trouver une image pour l'illustrer, quelque chose qui ne se produit pas dans la réalité.

La méchanceté des vignerons augmente avec chaque nouveau serviteur qu'il leur envoie.  En fait, c'est le propriétaire de la vigne qu'on veut déshonorer et frapper à travers ses serviteurs.  La patience de Dieu donne ainsi à la parabole une tournure irréelle.  Le maître de la vigne persiste à envoyer des serviteurs, malgré les outrages faits à leurs prédécesseurs.  Il leur confie une mission suicide.  Nombreux furent les prophètes que Yahvé donna à son peuple, grandes et innombrables les souffrances qu'ils eurent à endurer.

Il avait encore un fils bien-aimé:

Le texte grec précise: un seul.  Il avait beaucoup de prophètes, mais un seul Fils, le bien-aimé en qui il avait mis toute son affection, comme il l'attesta lors de son baptême et de la transfiguration.  Quel père enverrait son Fils unique au-devant d'une bande d'assassins ?   Dieu l'a fait, car son amour dépasse toutes les bornes comme les dépassaient l'incrédulité, l'injustice et l'ingratitude d'Israël.

Le Seigneur ne savait-il pas qu'Israël tuerait son Fils? Si, et pourtant il le leur envoya, chargé d'une mission terrible, mais nécessaire pour le salut du monde.  Jésus fut "envoyé", de la même façon que les prophètes.  En leur racontant cette parabole, il dévoila aux membres du sanhédrin ce qu'ils allaient lui faire, mettant leurs desseins à nu devant la foule des pèlerins réunis dans le temple (Marc 11:&8).

Ils étaient les dignes successeurs de ceux qui les avaient précédés, et leur responsabilité et leur crime furent encore plus grands.  Ils l'ont vu, lui, le Fils de Dieu, l'ont entendu, ont été les témoins de ses miracles.  C'est à lui, le Fils de Dieu et le Messie d'Israël, et non plus à des prophètes qu'ils vont s'en prendre.  Ils vont le tuer, craignant de perdre leur influence auprès du peuple, jaloux de leurs privilèges et surtout fondamentalement hostiles à son enseignement.  Ils décident donc de se débarrasser de lui une fois pour toutes, pour garder le produit de la vigne.

Ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne:

C'est en dehors de Jérusalem, sa ville, "en dehors du camp" que le Christ fut exécuté (Jean 19:17; Hébreux 13:12.13).  Ou bien la phrase veut dire qu'en le tuant, on chercha à se débarrasser de lui, à l'éliminer à jamais d'Israël.

Maintenant, que fera le maître de la vigne?

Jésus, par une question, demande à la foule de tirer les conclusions de sa parabole.  Cf. une question semblable dans la parabole d'Isaïe 5:3.4.  Il est évident que les vignerons ne resteront pas impunis.  On ne peut pas impunément massacrer les prophètes de Dieu et finalement son propre Fils. Surtout lorsque le Seigneur ne poursuit qu'un but: faire connaître son amour à son peuple, l'appeler à la repentance et le sauver.  Ce verset affirme la toute-puissance, la justice et la souveraineté de Dieu.  Il châtie les infidèles et confie sa vigne à d'autres vignerons, les apôtres et leurs successeurs.  Ainsi, les membres du sanhédrin, pharisiens et scribes ont entendu leur propre verdict de la bouche du Christ (Marc 12:9) et des pèlerins (Matthieu 21:40.41).

N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture?

Jésus justifie et corrobore son verdict par une prophétie tirée du Psaume 118.  C'est de ce même psaume que provenait l'Hosanna de la foule, quand il était entré dans Jérusalem, un ou deux jours plus tôt.  Il devait être bien connu des Juifs.  C'est une prophétie messianique.  Le psaume affirme que l'histoire du Royaume de Dieu ne s'achève pas avec la mort du Christ et le rejet d'Israël.  Une nouvelle alliance sera conclue et un nouveau temple construit, dont Jésus sera la pierre angulaire (Éphésiens 2:20; 1 Corinthiens 3:11).

Le Fils que les vignerons ont rejeté, jeté hors de la vigne et tué, est devenu la pierre principale, la pierre angulaire du nouveau temple de Dieu.  Sa mort n'a pas été sa fin.  Il est ressuscité victorieux, en Rédempteur du monde et Prince de la vie, devenant le fondement de l'Église chrétienne.  Et tout cela par la volonté de Dieu (V.11), car ce sont autant d'éléments dans le plan de salut divin.

Quant aux chefs d'Israël, ils persistèrent dans leur mauvais dessein, malgré la mise en garde qu'ils venaient d'entendre.  Mais ils redoutaient la foule qui le "tenait pour un prophète" (Matthieu 21:46).  Il y avait des milliers de pèlerins à Jérusalem pour fêter la Pâque.  Une émeute aurait eu pour le sanhédrin des conséquences redoutables.  On devait se souvenir de l'accueil qu'on avait fait à Jésus lors de son entrée dans la ville (Marc 11:9.10).  La décision est prise de le faire mourir.  Encore faudra-t-il trouver une occasion favorable.  Venus pour s'en prendre à Jésus, le battre et le vaincre (Marc 11:27), les chefs des Juifs repartirent vaincus.

PISTES DE RÉFLEXION

·                     Dieu fait tout et il le fait bien (V.1).  Le salut est entièrement son œuvre.  Il aime son peuple et veut le sauver éternellement.  Dès lors, rien n'est de trop.

·                     La vigne lui appartient en propre.  Il aime le peuple de l'alliance par-dessus tout et le prouve par l'envoi de ses prophètes et de son propre Fils.

·                     Dieu part (V.1).  Ce n'est pas un abandon, une désertion.  Bien au contraire, c'est une marque de confiance.  Il confie sa vigne à des vignerons, son troupeau à des bergers.  Il s'efface pour agir à travers les hommes.  Il ose leur faire confiance et prend ce risque.  C'est encore une marque d'amour.  Hélas, les hommes ne veulent pas aimer celui qui les aime, ni écouter ceux qu'il leur envoie, ni lui rendre la confiance qu'il leur fait.

·                     La parabole est une attaque violente, à peine voilée, contre les chefs religieux d'Israël. Jésus reprend le thème de la parabole de la vigne d'Isaïe 5, en lui donnant un autre tour.  Il ne fustige pas l'incrédulité du peuple, mais l'impiété et l'endurcissement de ses leaders.

·                     La parabole devient allégorie.  Elle contient des détails impensables dans la réalité: le maître qui ne cesse d'envoyer des serviteurs, bien qu'ils soient battus et tués, et qui finit par envoyer son fils en se disant que les vignerons l'épargneront peut-être.  Ou bien les vignerons qui, en tuant le fils, espèrent pouvoir s'approprier la vigne.  Mais ce sont autant d'éléments nécessaires pour illustrer les vérités qu'il veut exposer.

La parabole est un condensé de l'histoire des relations de Dieu avec son peuple, une histoire faite de bonté et de patience, mais terriblement douloureuse.  Dieu voulait le salut de son peuple.  C'était sa seule raison d'agir.  Mais l'impiété et l'endurcissement croissent pour ainsi dire à la venue de chaque nouveau prophète, pour culminer dans le déicide commis à l'encontre de son Fils.

·                     La patience de Dieu a ses limites.  Elle finit par céder la place à la colère et au jugement. Israël sera châtié, et le Fils de Dieu rejeté, outragé et mis à mort, deviendra la pierre angulaire du nouveau temple de Dieu qu'est l'Église chrétienne.  C'est le paradoxe de l'action divine: le péché des hommes ne peut pas l'entraver, ne lie pas les mains du Seigneur.  L'impiété des hommes ne peut que faire éclater son infinie bonté ainsi que sa justice inexorable.  Du sein de la faute humaine surgit "un prodige à nos yeux" (V.11), l'Église chrétienne née de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu et faite de païens et de juifs croyants.

·                     Notre parabole embrasse ainsi toute l'histoire du salut, depuis Abraham jusqu'à la nouvelle alliance.  D'autres paraboles vont plus loin, jusqu'à la parousie, au retour glorieux du Christ. Jésus est un merveilleux professeur de l'histoire du salut (histoire passée et histoire à venir).  Mais il est avant tout un prédicateur du salut, un messager qui vise toujours la conversion, la sanctification et le salut final de ses auditeurs.

·                     L'Église chrétienne fera bien d'éviter toute lecture antisémite de ce texte.  Ce qu'Israël a fait en son temps s'est reproduit si souvent dans l'histoire de la chrétienté.  Les péchés des Juifs ont été et sont ceux de tant de "chrétiens", et un peu nos péchés à nous.  Chrétiens aux mains closes, au cœur fermé, propriétaires parfois hautains de la vérité, chrétiens enfermés dans leur bonne conscience d'héritiers par nature et de droit des dons divins, chrétiens ingrats qui refusent d'entendre la voix des prophètes, du Christ et des apôtres, dont la religion est faite davantage de rites que de foi, qui refusent d'accepter d'un cœur simple et obéissant l'enseignement de la Bible...  Jésus est recrucifié en permanence par tant d'hommes qui se réclament de son nom.  Mais ses mains ont été percées une seule fois.  Elles restent ouvertes pour l'éternité, pour nous montrer que Dieu ne referme jamais les siennes.  Puissent-elles rouvrir les nôtres et les garder ouvertes !   Puissent-elles faire de nous, par la parole et par le geste, des messagers de son amour !


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Modifié le  14-02-2012.