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Homélie :

Frère Jean-Marc GAYRAUD, o.p.

Ce que Jésus fait pour nous, telle pourrait être la leçon principale de cet évangile (v. 36). La demande des fils de Zébédée est l'occasion pour Jésus d'expliquer à ses disciples ce que fait pour nous le Fils de l'homme : donner sa vie en rançon pour la multitude, payer du prix de sa vie, notre vie ainsi rachetée au péché et à la mort. Cet acte sauveur que Jésus réalise pour nous devient nôtre si nous entrons dans le propre mystère de Jésus en sa Pâque. Mais ceci "ne se fait pas" sans, ou, "se fait" à travers un bouleversement complet de ce que nous vivons et de ce que nous sommes, bouleversement qui "se fait" en nous chaque fois que cette vie donnée de Jésus vient transformer la nôtre.

La demande de Jacques et Jean fait mesurer à quel point nous sommes loin de cette transformation tant que nous ne suivons pas Jésus sur ce chemin pascal qui est le sien. Et la réponse de Jésus nous fait mesurer a contrario, jusqu'où cette union à Jésus peut-être transformante  pour toute notre vie. C'est bien en effet le fondement de cette vie telle que nous la vivons que transforme la pâque du Christ en détruisant tout ce qu'elle porte de mort en nous, nous qui vivons cette vie si loin de la source de la vie. La demande de Jacques et Jean est tout à fait caractéristique de cette puissance de mort qui envahit cette vie chaque fois qu'elle prétend se donner à elle-même pouvoir de vie éternelle. S'ils savaient ce qu'ils demandaient (avoir la vie en plénitude), Jacques et Jean n'auraient jamais demandé que vie leur soit donnée en laissant, dans leur demande même, cette puissance de mort les dominer ainsi. Car ils sont mus par cet instinct de pouvoir, de supériorité, de domination qui est bien le germe de mort en cette vie, germe de mort qui prolifère au moment même où nous nous imaginons pouvoir posséder cette vie et avoir sur elle quelque droit que ce soit. Tant que la vie nous est un dû, elle porte la mort en son propre sein et ne peut pas devenir un don, la vie ne peut pas nous donner la vie !

Être de part et d'autre du trône du Christ est une place déjà réservée : c'est celle qu'occuperont les deux malfaiteurs de part et d'autre de la croix, trône de Gloire du Crucifié (cf. Mc 15,27). Les pouvoirs de ce monde qui ont crucifié le Fils de l'Homme, afin que ce pouvoir soit précisément sauvegardé, les pouvoirs de ce monde viennent se briser au pied de la croix. Boire le calice du Christ et recevoir son baptême consiste, à l'instar de ces malfaiteurs, à laisser mourir ce que la mort détruit de vie en nous et laisser ainsi la vie de Jésus nous rejoindre. La vie, Jésus la possède et la donne en plénitude puisqu'il anéantit tout pouvoir de mort sur cette vie, il se reçoit du Père dans le don de sa vie. Sa vie nous vivifie chaque fois que meurent en Lui toutes nos puissances de mort.

Ces puissances de mort se manifestent toujours en ce qu'elles sont (dé)génératrices de conflits et de divisions. La demande de Jacques et Jean entraîne récriminations et conflits avec les autres disciples. La mort est toujours rupture de communion. A l'inverse, tout ce qui est attention, intérêt, préoccupation pour autrui est source de vie. Bien plus, qui se fait serviteur de son prochain, serveur de Bonne Nouvelle, celui-là est donateur de vie par le fait même. Il se reçoit du Christ, il est uni au Christ et il donne le Christ, Maître devenu Serviteur, Maître comme Serviteur. Se faire petit soi-même, c'est toujours faire grandir autrui comme se grandir soi-même, c'est toujours déprécier autrui. Si "le plus grand" vient à se faire "le plus petit", alors la place réservée de part et d'autre du trône du Fils de l'homme et qui est ce qu'il y a de plus grand, cette place est promise à tout homme à commencer par les plus petits. C'est pourquoi la Pâque de Jésus est aussi définitive qu'universelle.

Il faut donc passer par la mort jusqu'à l'anéantissement de toute forme de puissance, tout ce qui fait que l'homme se grandit lui-même afin de pouvoir rencontrer au plus bas "le plus grand" qui s'est fait "le plus petit", à cette dernière place que nul ne pourra jamais lui ravir. Il n'est rien de plus grand absolument que « le plus grand » devenu « le plus petit ». Nous serons alors disposé à participer à cette gloire du Fils, mais jamais seul et jamais pour soi. Car nous ne saurions trouver place d'un côté du trône si l'autre côté restait désespérément vide : le frère qui se trouve là, et auprès duquel nous nous sommes fait plus petit, garantira toujours notre propre place au paradis !


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Modifié le  14-02-2012.