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Première multiplication des pains  ( Marc 6, 30-44 )  et

Seconde multiplication des pains   ( Marc 8, 1-10 )

Par Anselm_Grün

Marc relate par deux fois ce miracle. Certains exégètes sont d'avis qu'il y a là un simple redoublement, mais la composition de l'évangile montre toute l'importance accordée à chacun de ces deux textes. Marc insiste beaucoup sur la réaction des disciples. Lors de la deuxième multiplication, ils se comportent comme s'ils avaient oublié la première. Ils ne comprennent pas qui est ce Jésus, ils sont aveugles. Ces deux épisodes, Marc les intercale entre trois scènes de traversée en bateau pendant lesquelles Jésus leur manifeste son pouvoir surnaturel, sans qu'ils y croient pour autant. Lors de la troisième, il les apostrophe rudement : « Pourquoi vous tracasser au sujet de ces pains ? Vous n'avez donc pas encore d'intelligence? Vous ne comprenez pas ? Votre cœur est endurci ? "Vous avez des yeux et ne voyez pas ? Des oreilles et n'entendez pas ?"» (8,17-18). En aucune de ces cinq occasions où il leur a été donné de faire l'expérience de la puissance de Jésus, ils ne se sont ouverts à la foi. Restés aveugles, ils sont pour le lecteur une incitation à lire l'évangile les yeux et le cœur ouverts.

Certains exégètes interprètent la multiplication des pains comme invitant les disciples à partager leurs provisions, mais Iersel pense avec raison que cela «rabaisserait l'histoire au niveau banalement quotidien de gens qui ont oublié d'emporter leur goûter» (Iersel, p. 156). Il ne s'agit pas là de banalité quotidienne, mais d'un événement extraordinaire, d'une épiphanie secrète de la gloire divine. C'est seulement quand le pain est rompu qu'une multitude d'êtres peuvent en manger; il y a là une claire allusion à la mort de Jésus et à l'ultime Cène où il rompt le pain : sa mort est pour les humains la source de la vie, ils reçoivent le pain et le poisson, la nourriture du corps et celle de l'âme.

Assurément, les nombres mentionnés dans les deux récits ne sont pas choisis au hasard. Avec cinq pains, cinq mille hommes sont rassasiés et douze couffins reçoivent les restes. Sept pains suffisent à nourrir quatre mille personnes et à remplir sept couffins. Cinq est le nombre de l'homme. Jésus, c'est l'Homme intégral ; en le rencontrant, les humains accèdent à leur véritable humanité. Les douze couffins renvoient à la communauté de l'Église et à l'esprit communautaire en général. La rencontre du Christ révèle aux humains leur complétude et les rend aptes à vivre ensemble et à constituer un nouveau peuple de Dieu. Les sept pains évoquent la métamorphose qu'opéré Jésus, et les quatre mille les quatre points cardinaux. Lors de la deuxième multiplication, il est dit que « certains sont venus de loin » ; ceux-là représentent les païens étrangers à la Palestine. Les deux miracles montrent une dynamique interne. La première multiplication s'adresse aux Juifs, que Jésus rassemble en un nouvel Israël, comme l'indique la disposition du camp : les gens doivent se répartir en groupes de cent ou de cinquante, conformément à un usage ancien.

La deuxième multiplication, en terre païenne, concerne aussi les païens venus de tous les horizons. Marc veut montrer ainsi que Jésus étend de plus en plus le salut qu'il apporte, comme il apparaît à travers la guérison du possédé de Gérasa et celle de la fille d'une Syro-Phénicienne.

La première multiplication des pains dévoile la compassion de Jésus pour les humains, qui sont «comme des moutons sans berger» (6,34). Marc pense probablement ici aux Juifs qui n'ont plus de véritable chef; les chefs et les docteurs d'Israël n'ont pas été à la hauteur de leur tâche. Mais ce troupeau sans maître est aussi l'image de ce que nous sommes aujour­d'hui. Sans berger, les brebis sont en perdition, elles se dispersent, chacune va son chemin, exposée sans ressource au danger et sans trouver un pacage. Jésus indique aux brebis une orientation, son enseignement leur montre le sens de leur vie et les mène vers le pacage ; sa Parole est nourricière. Dans sa sollicitude, il guérit leurs maladies et les guide. Sur le campement, il répartit les gens en groupes selon l'antique usage juif. Je vois là l'image d'une culture saine et favorable à la vie. En outre Jésus apaise leur faim en leur donnant des aliments aptes à les rassasier. Tout cela dit sa compassion pour les humains, qui culminera dans sa mort, par laquelle il partage l'unique pain que les disciples avaient dans leur barque (8,14) pour satisfaire notre aspiration la plus profonde.

Lors de la deuxième multiplication des pains, Jésus agit de nouveau par compassion, mais pour une autre raison. « Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont se trouver mal en route. Certains sont venus de loin » (8,3). Sans Jésus, ces êtres - surtout des païens - s'effondreraient en chemin ; ils ne peuvent voyager seuls sans recevoir de nouvelles forces. Jésus est le Fils de Dieu qui nous soutient sur le chemin de notre vie en nous donnant en suffisance pour tous, dans sa mort, ce pain qu'il est lui-même. Finalement, les deux multiplications et les trois traversées renvoient à la mort par laquelle Jésus se sacrifie pour nous et nous conduit vers l'autre rive, celle de la gloire de Dieu.

 


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Modifié le  14-02-2012.