IESCHOUA

Les récits de la Résurrection Accueil | Nous contacter

Accueil
Haut
Mission
Vie de Jesus
Parcours
Evangile St Luc
Evangile St Matthieu
Evangile St Jean
Evangile St Marc
Croisiere
Nourriture du coeur
Forum  Prieres
Témoignages
Chants
Prieres & Reflections
La passion
Suggestions
Liens
Forum discusions

Les récits de la Résurrection

Par Anselm_Grün

Luc est le seul évangéliste qui nous parle non seulement de la Résurrection, mais aussi de l'Ascension. Jésus est descendu du ciel pour cheminer avec nous, les humains ; dans sa mort et sa Résurrection, il s'en retourne au ciel, il trône à la droite de Dieu et intercède pour nous. Il nous envoie le Saint-Esprit afin que nous accomplissions les mêmes actes que lui et annoncions le Royaume de Dieu à travers le monde. Dans son message sur la Résurrection et l'Ascension, Luc développe essentiellement deux idées : Jésus ne pouvait pas rester dans la mort, parce qu'il était Fils de Dieu et rempli de l'esprit divin; l'action de Jésus s'inscrit dans la continuité. Depuis le ciel, il continue d'assister ses disciples ; il envoie son esprit pour les inciter à répandre le message du salut dans le monde entier, enseignant aux humains le chemin de la vie.

Le psaume 16,

fondement de la Résurrection

Luc a développé sa théologie de la Résurrection avant tout dans le sermon de Pierre à la Pentecôte. Pierre reproche aux Juifs d'avoir « livré [Jésus] à des criminels pour le crucifier à mort » (Ac 2,23). « Mais Dieu l'a relevé, le délivrant des douleurs de la mort, car il était inconcevable qu'il demeure sous son empire» (Ac 2,24). Puis Pierre cite à l'appui de la Résurrection le psaume 16, où le psalmiste a constamment le regard fixé sur Dieu ; l'intime communauté de vie dont il fait l'expérience lui donne la certitude qu'elle ne peut pas être détruite même par la mort : « Je suis joyeux dans mon cœur, / Je jubile dans mes mots. J'espère dans mon corps. / Car tu ne m'abandonneras pas dans le séjour des morts / et tu ne permettras pas que ton saint subisse la décomposition. / Avec toi, je connais les chemins de la vie. / Je serai joyeux de te faire face » (Ac 2,26-28). De par l'esprit dont il était pénétré, Jésus a éprouvé une si profonde communion avec Dieu qu'il ne pouvait plus être séparé de lui-même dans la mort. Dieu lui-même l'a ressuscité, et c'est pourquoi il est pour nous « le fondateur de la vie » (Ac 3,15). De cette notion (archègos tes zôes), Luc a fait le centre de sa théologie de la Résurrection. Jésus conduira lui aussi vers la vie ceux qui se seront associés à lui, vers une vie qui n'est plus détruite même par la mort. Ce qui importe ici à Luc, c'est la question de la vraie vie ; la tâche des apôtres consiste à proclamer « tout ce qui concerne cette Vie » (Ac 5,20). La Résurrection nous montre « les chemins de la vie» (Ac 2,28). Aux païens aussi, Dieu a permis «de se renouveler pour vivre» (Ac 11,18). L'aspiration à la vie n'était pas le fait des seuls Grecs ; aujourd'hui encore elle reste tout aussi actuelle. Ce que désirent les jeunes, c'est le plus grand des biens : c'est vivre vraiment, avec plénitude. À ce désir, Luc répond : si nous suivons Jésus, le guide vers la vie, nous la trouverons. Ce message de la Résurrection, Luc a voulu l'imprimer dans le cœur des Grecs, et il veut aujourd'hui encore nous le communiquer, afin que nous ne nous laissions pas entraîner par de fausses promesses qui ne nous mèneraient qu'à la déception. Seul Jésus nous conduit vers la vie.

Mais parcourons rapidement les récits de Luc concernant la Résurrection. Il a sa manière propre de rapporter les rencontres avec le Ressuscité, tout en reprenant les documents dont il dispose. Son fil directeur, c'est la représentation du jour de Pâques, qui se réactualise chaque dimanche lors du service divin. Luc résume en trois images les événements de ce jour-là, ainsi que le mystère de Jésus Christ et de ses disciples. Alors que Marc et Matthieu rapportent ce qui s'est passé le jour de Pâques en Galilée, Luc concentre tout à Jérusalem, le lieu de la Résurrection, d'où le message du salut se répand à travers le monde. Dans ces trois images pascales, Luc montre comment la Résurrection peut s'opérer aujourd'hui pour nous; si nous les méditons, nous voyons s'ouvrir devant nous la vie vers laquelle le guide veut nous conduire.

Les femmes au tombeau

La première de ces images, c'est la rencontre des femmes et des deux anges de la Résurrection devant le tombeau vide. Les femmes voient en arrivant que la pierre a été écartée. La résurrection, pour nous, cela signifie que la pierre qui nous emprisonnait a été enlevée, que la vie en nous n'est plus bloquée. Quand les visiteuses entrent dans le tombeau et n'y trouvent pas le cadavre de Jésus, elles voient s'approcher deux hommes en vêtement de lumière qui leur disent : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici. Il a été réveillé. Souvenez-vous de ce qu'il vous avait dit quand il était encore en Galilée : "II faut que le Fils de l'homme soit livré aux mains des criminels, soit crucifié et que le troisième jour il se relève"» (24,5-7). Les anges usent d'une expression proverbiale: il est vain de chercher le vivant parmi les morts ; le Christ vit. Si nous voulons rencontrer Jésus ressuscité, ce n'est pas dans le passé que nous le trouverons, ni dans la lettre morte ou dans la rigidité des lois, mais là où est la vie ; notre regard doit se tourner vers l'avenir. Il n'y a guère de sens à disputer de la justesse de ses paroles, nous devons faire confiance à la vie qu'elles veulent éveiller en nous.

Chez Marc, l'ange renvoie les femmes en Galilée, où elles retrouveront le Ressuscité. Chez Luc, les deux anges leur rappellent ce qu'il leur a dit là-bas. Le tombeau vide, la Résurrection, jette une lumière nouvelle sur ces paroles de Jésus ; nous rappelant ce qu'il a dit de son vivant, nous comprenons désormais son mystère. Le jour de Pâques est la clé qui nous ouvre ces paroles. Les femmes se souviennent, et elles comprennent. Elles s'en retournent à Jérusalem et rapportent aux disciples ce qu'elles ont vu et entendu, mais « ils ont pris ça pour du radotage et ne les ont pas crues » (24,11). On perçoit dans ce propos un écho de l'aigreur des hommes, qui ont dû abandonner aux femmes la primeur de l'expérience et visiblement aussi de la foi en le Ressuscité.

Les disciples d'Emmaüs

Luc raconte ensuite ce qui est sans doute la plus belle de toutes les histoires de Pâques : la rencontre de Jésus et des «pèlerins d'Emmaüs». Luc reprend le motif du voyage : Jésus est le voyageur inconnu qui accompagne les deux disciples quittant Jérusalem, déçus de n'avoir pas vu se réaliser leur espoir : Jésus, qu'ils avaient pris pour un grand prophète, a été crucifié. Or comme ils s'entretiennent encore de cette déception, le Ressuscité peut se mêler à leur conversation et réinterpréter pour eux ce qui s'est passé. La Résurrection donne un sens nouveau à la vie de Jésus, mais aussi à notre propre chemin. Nous serons souvent pareils aux disciples d'Emmaüs : déçus. Nos illusions sur la vie se sont brisées. Nous nous croyons parfois semblables au prophète « agissant avec force par des actes et des paroles face à Dieu et face au peuple » (24,19), et puis cette image que nous avons de nous-mêmes est contredite par la réalité; nous n'avons plus rien en main, nous sommes devant les ruines de notre existence ; nous voudrions bien alors nous fuir nous-mêmes. Pourtant nous ne sommes pas seuls sur notre route ; si nous parlons, le Ressuscité marchera à nos côtés et nous découvrira le sens de notre vie. «N'était-ce pas nécessaire que le Christ endure cela et entre dans la gloire?» (24,26). Cette parole est la clé de la destinée de Jésus, mais aussi de la nôtre. La volonté de Dieu, qu'il ne nous est pas donné de sonder, fut que le Messie devait souffrir pour accéder à sa gloire, et notre chemin passe lui aussi par bien des épreuves, jusqu'à la vraie vie, à la gloire que Dieu nous réserve, vers la forme qu'il nous a destinée. Il est bon que nous soyons déçus, que soient détruites les images que nous nous étions faites de nous-mêmes ; ainsi seulement nous pouvons atteindre le but.

Jésus interprète toute l'Écriture pour les deux pèlerins ; il leur montre que sa mort et sa Résurrection récapitulent la Bible tout entière. Cela ne signifie pas seulement qu'elles sont annoncées par certains versets du texte, mais que le mystère de Jésus résume l'ensemble du message de l'Ancien Testament. Toutes les paroles du Dieu rédempteur et sauveur qui nous tire de l'abîme et de la détresse, qui libère le peuple devenu esclave, c'est dans la mort et la Résurrection de Jésus qu'elles trouvent leur accomplissement. Il n'est rien dont Dieu ne puisse nous sauver. De même qu'il a ressuscité Jésus, il nous mènera des ténèbres à la lumière, de la tombe à la vie, de l'inertie au mouvement, de la captivité à la liberté, de la cécité à la vision, de la paralysie à la marche, de la loi à l'amour. C'est dans la mort et la Résurrection de Jésus que Luc découvre le sens des paroles consolatrices d'Isaïe : « Si tu traverses les eaux je serai avec toi, / et les rivières, elles ne te submergeront pas. / Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas / et la flamme ne te brûlera pas. / Car je suis Yahvé, ton Dieu, / le Saint d'Israël, ton sauveur» (Is 43,2-3). La lumière de Pâques pénètre dans toutes les ténèbres, il n'est plus de tombe où ne germe déjà la vie.

Les deux pèlerins prient Jésus de rester avec eux, car «c'est le soir, le jour tombe déjà» (24,29) : image de notre vie. Quand la nuit se fait en nous, nous pouvons prier le Ressuscité de ne pas nous quitter. Jésus accepte donc l'invitation. C'est l'image de l'Eucharistie, de la rencontre avec lui : il est là, il nous parle, il nous interprète l'Écriture, il nous dévoile le mystère de notre vie. Luc décrit alors le repas avec les pèlerins d'Emmaüs dans les mêmes termes que la Cène : « il prend du pain, il prononce des paroles de bénédiction, il partage le pain et leur donne » (24,30). Alors « leurs yeux s'ouvrent; ils le reconnaissent mais il leur devient invisible » (24,31). Tel est le mystère de la Résurrection : dans l'Eucharistie, Jésus est avec nous, il rompt le pain pour nous, mais nos yeux ne peuvent pas le saisir. Notre cœur s'ouvre (Ac 16,14), ainsi que notre esprit (Le 24,45) et nos yeux (Le 24,31), et le Ressuscité nous ouvre le sens de l'Écriture (24,45). Dans cette ouverture, il nous est donné de le voir, mais elle signifie aussi que nous ne devons pas tenter de le retenir ; mais quand il ouvre notre cœur, notre esprit et nos yeux, nous nous enflammons d'amour pour lui. Cette brûlure nous ramène vers les hommes; c'est ainsi que les pèlerins s'en retournent aussitôt à Jérusalem pour rapporter aux disciples ce qu'ils ont vécu. L'expérience de la Résurrection nous envoie dire aux autres ce que nous avons vu et entendu.

Jésus apparaît à tous ses disciples

La troisième image que Luc nous présente de la Résurrection, c'est celle de l'apparition à tous les disciples. Pleins de joie, les pèlerins d'Emmaüs regagnent Jérusalem, où ceux qui y étaient restés leur racontent que le Seigneur est vraiment ressuscité et apparu à Simon. Tandis qu'ils parlent ainsi, Jésus apparaît lui-même parmi eux; ils ont peur, parce qu'ils pensent voir un esprit. Mais Jésus les rassure : « Regardez mes mains et mes pieds, c'est vraiment moi. Touchez-moi, regardez : un spectre n'a ni la chair ni les os que vous voyez que j'ai » (24,39). Ici Luc veut montrer aux Grecs ce que signifie la résurrection ; ils pouvaient fort bien imaginer que le Ressuscité est un esprit, dont l'âme s'est séparée du corps et qui existe désormais par lui-même. Or cette Résurrection, c'est davantage : elle touche la personne entière de Jésus, corps et âme ; Luc réplique ainsi à la philosophie platonicienne, qui ne peut concevoir que la libération de l'âme prisonnière du corps. La résurrection nous donne des mains avec lesquelles empoigner notre vie, toucher nos frères avec tendresse, manifester notre amour par des caresses. Elle nous donne aussi des pieds afin que nous puissions suivre notre chemin, chacun le sien, vers la vie.

La parole «c'est vraiment moi»: ego eimi autos, est une réponse à la philosophie stoïcienne. Pour celle-ci, autos désigne le noyau de la personnalité, le sanctuaire intérieur de l'être humain, le Soi, demeure du divin. Luc insiste souvent sur ce mot, toujours par référence au Seigneur. Le Christ est « lui-même ». Trente-quatre fois, Luc commence une phrase par kai autos, alors que ce mot n'apparaît que trois fois chez Marc et jamais chez Matthieu. Dans les Actes des Apôtres, Luc ne l'emploie pas non plus, ce qui signifie qu'il le réserve au Christ. En disant « C'est moi-même », le Ressuscité répond donc à l'aspiration des stoïciens : être libérés des soucis et des besoins de ce monde, accéder à la vérité de leur Soi, de ce sanctuaire où rien ni personne ne peut plus les atteindre. Pour Luc, la Résurrection signifie que Jésus est devenu « lui-même » et vit le Soi à l'état pur. Elle a le même sens pour nous aussi: la libération du quotidien superficiel, du pouvoir des autres, de leurs attentes, de leurs exigences, de leurs jugements ; le passage de F inauthentique à l'authenticité, l'accès au sanctuaire intérieur, demeure de Dieu en nous et lieu de l'image qu'il s'est faite de chacun de nous. Le Ressuscité, c'est l'image archétypique de l'être humain.

Jésus invite ses disciples à « le toucher ». Le mot grec psèlaphân reviendra chez Luc dans le discours de Paul devant l'Aréopage, qu'il tient avec l'intention de répondre au stoïcisme : afin que les hommes « cherchant Dieu, (ils) puissent d'aventure dans leurs tâtonnements le trouver. Et pourtant, il n'est pas loin de chacun d'entre nous» (Ac 17,27). Aux adeptes du stoïcisme, Luc dit qu'en Jésus Christ il est possible de toucher Dieu lui-même, ce qui satisfait leur désir d'un Dieu accessible à l'expérience des sens. Dans l'Eucharistie, il nous est donné de toucher Jésus sous les espèces du pain qui nous est mis en main. Dans l'Église primitive, les fidèles touchaient avec le corps du Christ leurs yeux et leurs oreilles, non seulement pour le toucher eux-mêmes, mais aussi pour être tendrement touchés par lui.

Jésus se fait enfin donner à manger, et il mange avec ses disciples. La Résurrection crée une nouvelle communauté; chaque fois qu'ils prendront un repas ensemble, Jésus sera parmi eux. Chaque célébration de l'Eucharistie renouvelle pour Luc l'expérience de la Résurrection; l'intimité et la joie qui parlent dans son récit du repas pascal doivent aussi marquer toujours sa célébration. Jésus révèle le sens de l'Écriture à ses disciples, hommes et femmes, en se montrant à eux comme Dieu et homme, comme celui qui est devenu identique à son vrai Soi, pour que notre propre résurrection nous fasse accéder à la vie et de l'isolement à la communauté rénovée.

Puis Luc conclut son Évangile par un discours d'adieu de Jésus, son testament ; une fois encore il rappelle aux disciples toutes les paroles qu'ils ont reçues quand il était « avec eux ». Il ouvre leur esprit (nous) à la compréhension de l'Écriture et récapitule le mystère de sa vie et de sa souffrance, qui en sont l'accomplissement et révèlent le Dieu de la Bible dans sa vérité. En lui «se réalise l'ensemble de ce qui a été écrit à [son] sujet dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » (24,44). Par les mots « accomplissement, achèvement », Luc dit que la mort de Jésus et la Résurrection récapitulent toute l'action de Dieu rapportée par la Bible : il n'est rien que Dieu ne puisse métamorphoser ; toute mort peut se changer en vie, toute obscurité en lumière, toute peur en confiance, toute désespérance en consolation. Rien ne peut nous séparer de Dieu, car il est partout : dans la mort, la tombe, la solitude, les ténèbres et le désespoir.

Il est écrit aussi, dit Luc de Jésus, «qu'un repentir sera annoncé en son nom en vue de l'effacement des fautes, à toutes les nations » (24,47). Il est singulier que Luc interprète ainsi la Bonne Nouvelle que les disciples doivent annoncer au monde entier : la conversion, le « repentir » comme condition de la rémission des péchés ne semble avoir aucun rapport avec la destinée de Jésus; il s'agit d'un message de portée universellement humaine, et pourtant c'est lui qui doit être transmis en son nom. La Résurrection donne à tout être humain la chance de changer et d'obtenir le pardon. Considérant Jésus, chacun doit penser autrement, voir au-delà des apparences et reconnaître en sa vie ce qu'elle est dans sa vérité. La conversion amène le pardon, qui signifie, selon Luc, que la vie est réorientée vers Dieu, qu'elle ne manque plus son but et qu'elle est une réussite. La tâche des disciples est de le faire savoir à tous les peuples ; pour les assister, Jésus leur envoie « des hauteurs » (24,49) son esprit. À sa naissance nous avons reçu la visite de « l'astre du ciel » (1,78), et par sa Résurrection nous sommes « des hauteurs, [...] revêtus de puissance» pour proclamer son message et poursuivre ainsi son action dans le monde, afin que l'histoire des hommes en soit toujours plus pénétrée.

Luc conclut son Évangile et commence les Actes des Apôtres par le même récit de l'Ascension : il y a là une contradiction. Dans l'Évangile, Jésus monte au ciel le jour de Pâques, et dans les Actes seulement quarante jours plus tard. Cette contradiction montre qu'il s'agit pour Luc d'assertions théologiques. L'histoire de Jésus a débuté par la prière au Temple et s'achève sur l'acte de louange des disciples, au Temple. Luc clôt donc son Évangile sur un acte liturgique ; il y interprète l'Ascension dans la perspective d'une célébration cultuelle ; dans les Actes, il raconte l'événement du point de vue de l'Église et de l'histoire. Ces quarante jours symbolisent le temps humain. Depuis la Résurrection, les quarante jours, le temps de la transformation, ne sont plus marqués par le jeûne et le séjour au désert, mais par les apparitions de Jésus et il nous accompagne jusqu'à ce que nous soyons nous aussi accueillis au ciel.

Jésus quitte ses disciples sur une grande bénédiction, avec laquelle ils s'en retournent pleins de joie à Jérusalem. « Ils étaient continuellement dans le Temple, célébrant Dieu» (24,53). C'est là l'image du service divin dans la communauté ; ces deux attitudes de la joie et de la louange témoignent de l'action de Jésus sur ses disciples. Par sa naissance il avait déjà apporté la joie ; cette joie trouve son accomplissement dans la Résurrection et l'Ascension. La joie (chara) est notre réaction à la grâce (charis) qui nous a été donnée en Jésus. Pour Luc, l'action de Jésus illumine nos cœurs et fait briller en nous la gloire de Dieu, effaçant tout ce qui nous écrasait, nous angoissait et nous enténébrait. La joie dilate le cœur, qui fait l'expérience de la liberté et de l'espace ouvert par la Résurrection; quelle raison pour célébrer Dieu ! Le chant de louange accroît notre joie, qui nous pénètre et nous transforme toujours plus dans notre âme et notre corps.


Pour nous contacter :

E-Mail : luc@ieschoua.org

Modifié le  14-02-2012.