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17e dimanche C - Luc 11,1-13

 

Contexte

Le chapitre 11 poursuit le thème de la formation des disciples par Jésus. Luc rassemble dans ces versets plusieurs enseignements de Jésus sur la prière, une parabole qui invite à persévérer dans la demande, une exhortation à la confiance envers le Père des cieux.

 

Un jour, quelque part, Jésus était en prière.

La prière de Jésus a été mentionnée à plusieurs reprises au cours de cet évangile. Lors du baptême (3,21), avant le choix des disciples (6,12), après la multiplication des pains (9,18), avant la transfiguration (9,28) et ici avant la transmission du "Pater". Luc tient à montrer que Jésus enseigne aux disciples sa propre prière.

 

Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l’a appris à ses disciples. »

Au chapitre 5,33 les pharisiens avaient fait remarquer à Jésus que les disciples de Jean priaient et jeûnaient beaucoup alors que les disciples de Jésus, eux, mangeaient et buvaient comme tout le monde. Ici un disciple de Jésus demande à son maître de lui apprendre à prier comme Jean l’apprend à ses disciples, - implicitement, de lui enseigner la prière qui caractérise le groupe des disciples de Jésus.

 

Il leur répondit : « Quand vous priez, dites :

 La prière des disciples de Jésus s’apparente aux prières juives et en particulier à la prière "des Dix-huit Demandes" que les juifs récitent encore aujourd’hui. Elle sen distingue par la grande simplicité avec laquelle Dieu est invoqué. L’ordre des demandes est lui aussi caractéristique de l’enseignement de Jésus : d’abord la demande répétée à Dieu pour Dieu-même - toute préoccupation de triomphe politique ou religieux se trouve exclue - ensuite les requêtes exprimant les besoins essentiels des disciples. Cette prière est transmise par Matthieu et par Luc sous deux formes différentes. La version de Luc est plus brève : 5 demandes au lieu de 7. Quelle est la forme la plus ancienne ? On l’ignore mais on relève de part et d’autre des indices d’adaptation à l’usage de communautés de milieu différents.

 

Père,

L’invocation est simple. Luc omet la précision apportée par Matthieu : Notre Père (qui es aux cieux). Il accentue ainsi le fait que Jésus apprend à ses disciples à prier avec ses propres mots de Fils. (10,21 et en 22,42, 23,34.46).

 

que ton nom soit sanctifié,

C’est une demande classique dans le judaïsme. Le nom désigne l’être d’une personne, or Dieu dans l’A.T. est celui qu’on ne peut nommer parce que nommer quelqu’un revient à le connaître, et Dieu transcende toute connaissance que l’on peut avoir de lui. Le nom de Dieu est donc sanctifié : adoré dans le culte et manifesté dans la vie grâce à la pratique des commandements. Lorsque la prière présente demande à Dieu d’agir pour que soit sanctifié son Nom, elle lui demande de se manifester comme Père.

 

que ton règne vienne,

Le Règne est déjà arrivé (10,11) mais reste à accomplir dans la sanctification du Nom.

 

Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.

A la différence de Matthieu qui demande le pain d’aujourd’hui, Luc le demande pour chaque jour, pour toute la vie engagée à la suite du Christ. Que le besoin du pain soit toujours référé à celui qui seul peut y subvenir, le Père "qui sait ce dont vous avez besoin"(12,30)

 

Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous.

Selon l’enseignement de Jésus, nos devoirs envers Dieu sont indissociables des devoirs envers nos frères, aussi la demande de pardon que nous adressons à Dieu doit-elle être fondée sur notre propre disposition à pardonner. Tandis que Matthieu situe ce pardon fraternel à l’instant qui précède la prière, Luc l’étend à toute la durée de la vie chrétienne.

 

Et ne nous expose pas à la tentation, littéralement ne nous introduis pas dans la tentation,

Luc omet la finale de Matthieu délivre de nous du Tentateur, mais attribue lui aussi la tentation à Satan (4,2.13, 8,12-13,) et non pas à Dieu. Mais parce que Dieu est souverain et que Satan ne peut s’opposer à lui à égal, le disciple prie Dieu non pas de lui épargner l’épreuve mais de veiller à ce qu’elle ne soit pas au-dessus de ses forces.

 

Jésus leur dit encore,

la parabole suivante est propre à Luc et met en lumière l’aspect de demande de la prière précédente et la persévérance qu’elle requiert parfois.

Supposons que l’un de vous ait un ami et aille le trouver en pleine nuit pour lui demander : ’Mon ami, prête-moi trois pains : un de mes amis arrive de voyage, et je n’ai rien à lui offrir.’

Trois fois le terme d’amis - l’insistance n’est pas sans lien avec la pointe de la parabole. Il s’agit donc de trois personnages, le demandeur est lié aux deux autres, il supplie l’un pour subvenir aux besoins de l’autre. Sa demande : du pain, rappelle la prière de Jésus : Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.

 

Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : ’Ne viens pas me tourmenter ! Maintenant, la porte est fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner du pain’,

Le refus est clair et la demande n’affecte pas l’ami confortablement installé à l’intérieur, derrière la porte fermée, sa famille et lui couchés ; il ne veut pas être tourmenté et ne veux pas se déranger.

 

moi, je vous l’affirme : même s’il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. 

Jésus part de ce refus d’agir par amitié pour conclure qu’un autre motif conduira à exaucer la prière du demandeur de pain et qui est liée à l’audace de sa démarche effrontée.

 

Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s’ouvre.

Ces paroles, insérées à la jointure des deux paraboles, articulent la demande tenace de l’homme et la générosité infinie du don de Dieu. Demander, chercher, frapper à la porte, trois expressions pour caractériser la prière, à chacune d’elle répond l’action de Dieu au passif, comme si dans le fait de demander était déjà reçu le don, dans la démarche de chercher, la certitude de trouver ce que l’on cherche et dans l’initiative de frapper à la porte, l’ouverture de celle-ci. Ce que vient illustrer la parabole suivante

 

Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson ? ou un scorpion, quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » 

Des liens d’amitié on passe à ceux d’un père avec son fils. La parabole joue sur la ressemblance entre le serpent et le poisson, le scorpion et l’œuf. Quel père tromperait son enfant en jouant d’un faux-semblant qui envenimerait non seulement sa confiance mais aussi son existence ? A fortiori le Père du ciel qui est bon, ne va-t-il pas décevoir la confiance de ses enfants, il exauce leur demande en leur donnant l’Esprit Saint, l’inimaginable don caché dans chacune de leur prière dès lors qu’ils se tournent vers Dieu pour lui dire Père.

 


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Modifié le  14-02-2012.