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La veuve et le juge impie

Par Anselm_Grün

Dans le dix-huitième chapitre, Luc poursuit l'enseignement de la prière et raconte, en contrepartie des précédentes, une parabole centrée sur un personnage de femme, conformément à sa tendance à donner la parole à la femme comme à l'homme, sur tous les thèmes importants. Alors que dans le onzième chapitre il présentait la prière comme l'accomplissement de l'amour de Dieu, il en parle ici dans la perspective angoissante de la venue du Fils de l'homme. Cette femme, une veuve qui est poursuivie par un adversaire (18,1-8), représente la communauté chrétienne menacée qui s'adresse en vain à l'autorité de l'État ; le juge, en effet, ne craint pas Dieu et méprise les gens. Mais cette veuve peut être vue aussi en tant qu'individu; elle évoque alors la situation de ceux qui sont persécutés et blessés par des ennemis et ne peuvent se défendre. Ayant perdu son mari, elle est l'image de ceux qui, trop sensibles, sont exposés aux affects de leur entourage. Ils sont dépourvus de frontières protectrices, et toute la négativité des autres les envahit. Depuis toujours la femme symbolise l'âme, l'intériorité de l'être humain, l'intuition de sa dignité divine ; les ennemis, ce sont les schémas stéréotypés qui nous empêchent de vivre, les faiblesses contre lesquelles nous devons lutter, les blessures que la vie nous a infligées. Ce juge qui ne craint pas Dieu et méprise les hommes symbolise le surmoi, l'instance intérieure qui veut nous rapetisser et n'a nul souci de notre bien ; il ne connaît que normes et principes, et l'âme doit s'accommoder sans révolte de ce qui lui est ordonné.

Cette femme qui paraît sans défense se bat pour elle-même ; sans cesse elle retourne auprès du juge et lui dit : « Rends-moi justice contre mon adversaire » (18,3). Le monologue intérieur du juge évoque une fois encore le style caractéristique de la comédie grecque : « Même si je ne crains pas Dieu et que je méprise les gens, je prendrai la défense de cette embarrassante veuve pour qu'elle ne me harcèle pas avec ses visites » (18,5). Le texte grec dit littéralement : « qu'elle ne me frappe pas au visage» (Heininger, p. 202). L'auditeur sourira peut-être de ce puissant juge qui a peur d'une faible veuve, mais par ce monologue, Luc l'incite à se fier à ce moyen qui semble si faible : la prière, dont la puissance dépasse en fait celle de tous les détenteurs du pouvoir extérieur. Dans la prière, l'être humain accède à tous ses droits : droit à la vie, à l'assistance, à la dignité ; les autres ne peuvent plus rien contre nous. Il en va de ceux qui nous persécutent comme des meurtriers qui n'ont pas pu triompher de Jésus priant sur sa croix. Si nous voyons dans cette veuve l'image de l'âme, elle signifie que dans la prière nous éprouvons que ses droits sont plus forts que le surmoi, dont la voix s'efforce de nous dominer ; l'âme s'y épanouit, elle a des ailes, elle nous met en contact avec notre être véritable, notre Soi, l'image originelle que Dieu s'est faite de nous. Le monde ne peut pas troubler et moins encore détruire l'image de Dieu dans notre âme.


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Modifié le  14-02-2012.