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La parabole de la vigne véritable ( Jean 15, 1-17 )

Par Anselm Grün

Par cette parabole purement mystique, Jésus explique comment la présence de Dieu en l'homme le transforme et le féconde corps et âme.  L'image de la vigne est répandue dans de nombreuses civilisations. Dans l'Ancien Testament, elle représente le peuple d'Israël. Jésus, qui se nomme lui-même la vigne véritable, est la vérité de ce peuple ; en lui se réalise la Promesse :  Dieu vit au milieu du peuple qui accomplit les commandements et porte des fruits.  Les Grecs aussi aimaient cette image de la vigne : Dionysos est le dieu du vin et de l'extase, le vin est son sang.  Sans extase, l'être humain dépérit, confiné dans la coquille de son ego.  Pour Sanford, l'une des fonctions essentielles de la religion est « d'aider les hommes à trouver la véritable extase : d'ouvrir des chemins où ils puissent pour un instant sortir des limites et des structures qui emprisonnent la plupart du temps » (Sanford 2, p. 149). Jean nous enseigne la voie chrétienne vers l'extase, la sortie de nous-mêmes : par l'union avec le Christ, nous faisons exploser les limites étroites du moi et entrons en contact avec la créativité illimitée de notre centre.  Le Christ est le véritable Dionysos qui nous libère d'une religion de la Loi et nous mène vers une « éthique de la créativité», selon l'expression de Berdiaev.  Dès le début du IIIème siècle, Origène avait déjà interprété en ce sens l'image de la vigne :   La Parole de Jésus est comme un vin qui « éveille en nous le sentiment d'être inspirés et nous emplit d'une ivresse non pas déraisonnable mais divine » ; la spéculation mystique « réjouit le cœur et provoque chez qui la reçoit l'enthousiasme et la joie dans le Seigneur» (Origène, 33).

Si Jésus se définit comme la «vigne véritable», c'est, de mon point de vue, pour qu'en regardant le cep, l'arbre, la porte, le pain, en allant au fond de toutes les réalités terrestres, je découvre le mystère de Jésus, de Dieu, de l'homme.  Tout devient symbole de Dieu devenu homme en Jésus.  L'image de la vigne renvoie aussi pour Bultmann à celle de l'arbre de vie, objet de tant de mythes. Jésus dit : tout ce dont vous rêvez, je le suis en réalité ; tout ce qui dans le monde semble rassasier votre faim, apaiser votre soif et votre aspiration à la vie n'est qu'apparence.  La source de la vraie vie, c'est moi ; qui demeure en moi porte de vrais fruits, sa vie a un sens.

Trois thèmes s'entremêlent ici: demeurer «dans la vigne », porter des fruits, émonder la vigne.  Jésus prononce une parole à méditer : « Cette parole que j'ai dite vous a déjà rendus plus légers» (15,3).  Les disciples sont appelés à se sentir acceptés, légers, en accord avec Dieu et avec le plus profond d'eux-mêmes ; par la Parole de Jésus, c'est Dieu qui les a purifiés.  Cette parole fait apparaître un rayonnement de Jésus disant à chacun: «Tel que tu es, tu es bien, pur, comme Dieu t'a créé; cette pureté est plus forte que tout péché. Si tu t'ouvres à mon amour, toute impureté sera transformée. »

 

 

La tâche essentielle du disciple, condition de sa fécondité, c'est de demeurer en Jésus ; seul porte des fruits le sarment qui reste sur la vigne.  Demeurer en Jésus, c'est se pénétrer de son esprit et de son amour, qui nous emplit comme la vigne emplit le sarment de sa sève.  Il y a réciprocité : nous devons demeurer en Jésus pour qu'il demeure en nous et nous féconde.  Le vrai fruit, ce ne sont pas de grandes actions accomplies au-dehors, mais l'amour qui rayonne à travers nos paroles ; les livres que nous lisons ne nous sont profitables que s'ils sont pénétrés par l'amour, les actes de notre activité professionnelle n'ont de valeur que s'ils sont faits par amour.  Si l'amour manque, même le génie reste stérile.  Cependant l'amour n'est pas une exigence morale qui s'imposerait à nous; il porte du fruit si nous sommes en contact avec notre centre, si le Christ est devenu ce centre, notre Soi.  En lui-même, l'ego est stérile ; la source de notre vitalité et de notre créativité se trouve en ce centre où nous ne faisons qu'un avec le Christ.

Le thème de l'amour succède immédiatement à l'image de la vigne.  Jésus exprime clairement le sens de cette union avec lui : « Habitez mon amour » (15,9).  L'amour est comme un espace où l'on entre et peut habiter ; comme une source dont on dépend, de même que le sarment tire sa force de la vigne où il est attaché. Le fondement de notre amour, c'est l'amour que Jésus nous a donné jusqu'à l'ultime accomplissement ; il est le fondement de la joie.  Ce que Jésus dit de la joie parfaite, qu'il nous dispense, les Pères de l'Église l'interprètent comme la promesse d'une joie inaltérable dont nul ne peut nous priver, objet du plus ardent désir de l'homme, indépendante des succès et des attachements parce qu'elle émane d'une expérience intérieure. Cette joie, c'est la réponse à l'amour inconditionnel de Jésus ; elle dilate notre âme en éveillant son potentiel vital.

L'amour de Jésus est celui qui unit un groupe d'amis.  Il n'y a pas en lui de condescendance, il considère l'autre comme égal en valeur.  Jésus appelle ses disciples « amis » ; il les aime sans réserve ni condition, ils ne sont plus des serviteurs ignorants de ce que fait le Maître, sans accès à son cœur, plongés dans l'obscurité « et de ce fait dans une angoisse permanente » (Bultmann, p. 418).  Cet amour de Jésus culmine dans la mort sur la croix pour nous tous, qui sommes aussi ses amis:  « II n'est pas d'amour plus grand que celui-ci : quitter la vie pour ceux qu'on aime » (15,13).  Pour les Juifs comme pour les Grecs, l'amitié est un bien très précieux exauçant leur plus profond désir.  Par cette image de l'amitié, Jean illustre le mystère de la nouvelle relation que Jésus a établie entre Dieu et nous.  Cette amitié est un pur don, elle ne réclame pas de contrepartie et n'éveille donc pas en nous de mauvaise conscience; par elle, l'amour coule en nous comme d'une source.  Elle nous montre notre dignité: nous sommes devenus les proches de Jésus, ses égaux, nous recevons l'épanchement de son cœur, il nous a révélé tout ce qu'il avait appris de son Père, nous sommes initiés à tous les mystères de cet ami divin.  Nous ne devons pas, en raison de nos péchés, nous sentir coupables de sa mort ; elle nous le rend plus proche encore et scelle à tout jamais notre amitié, tout en nous montrant quelle importance nous avons pour lui.


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Modifié le  14-02-2012.