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Les adieux de Jésus

Jean (14,1-14)

Par Anselm Grün

Ces paroles sont celles que le Seigneur glorifié adresse à sa communauté, à la fin du Ier siècle. Élevé à la droite du Père, il nous parle à nous aussi pour nous conforter dans notre foi. Les chercheurs ont toujours été frappés par le fait que le discours d'adieu s'achève dès le verset 14,31, quand Jésus dit à ses disciples: « Levez-vous. Partons d'ici », ce qui ne se produit qu'au verset 18,1. Le premier discours d'adieu, de 13,31 à 14,31, s'adresse surtout aux disciples rassemblés autour du Maître ; le groupe visé par le deuxième discours, de 15,1 à 16,27, est celui des disciples plus tardifs et des lecteurs de l'Évangile. L'ensemble s'achève par la prière de Jésus au Père où il dit sa préoccupation et ses souhaits : son but est de sanctifier ses disciples, de les protéger, de les unifier et de les rassembler avec lui dans la gloire de Dieu.

Ces discours d'adieu sont encore aujourd'hui de la plus grande actualité, car Jésus y traite de thèmes décisifs pour notre existence de chrétiens. Tout d'abord, celui de la foi et de l'incroyance, du départ et du retour. Jésus dit qu'il s'en va vers le Père; c'est une image importante pour nous autres chrétiens. Nous sommes des hommes en ce monde, mais qui s'apprêtent à le quitter pour rejoindre celui de Dieu. Cependant nous n'attendons pas la mort pour nous y rendre ; la foi est plutôt déjà, hic et nunc, un passage de l'existence terrestre à l'existence céleste, car elle nous donne part au monde futur, celui de Dieu. Les adieux de Jésus sont à l'image de notre vie, ce passage permanent. Jésus nous accompagne dans ces changements de lieu ; il est auprès de nous dans l'assistance que nous donne le Saint-Esprit, lié selon Jean à sa personne. C'est par l'Esprit que Jésus reste avec les siens, l'Esprit est la présence même du Glorifié auprès de ceux qui, dans la foi, sont introduits au Royaume.

Le message essentiel des discours d'adieu est l'invitation à croire. La foi nous aide à supporter les bouleversements de notre condition humaine, qui résultent de la collision entre le monde et la Révélation, le chemin extérieur et le chemin intérieur, le pressentiment de Dieu et la réalité ambiante qui ne veut rien savoir de lui. Le passage vers le Père n'est possible que dans la foi ; si nous sommes insécurisés par l'absence de Jésus, la foi nous donne une ferme assurance, la quiétude intérieure et la solidité d'un cœur qui connaît Dieu et se fonde en lui.

Dans les versets 14,1-4, Jésus évoque les nombreuses demeures de la maison de son Père. Il répond ainsi au besoin fondamental qu'ont les hommes d'un pays hospitalier qui leur donne refuge, sécurité et paix. Dans cette maison de l'éternité, Jésus lui-même prépare à chacun de nous une place à sa mesure, mais dès ce monde nous demeurons déjà dans celui de Dieu. Après s'y être rendu, Jésus revient vers nous afin que nous nous y rendions nous aussi avec lui, et cela nous procure une sécurité et une liberté vraies en ce monde-ci où nous n'avons pas de demeure. Quand nous mourrons, Jésus viendra des demeures du ciel au-devant de nous pour nous chercher et nous conduire à celle qu'il nous y aura préparée; nous serons près de lui pour toujours, et il apparaîtra qu'en vérité l'amour est plus fort que la mort et qu'elle ne peut nous séparer de la communauté avec le Christ.

La question de Thomas (14,5) use une fois encore du procédé stylistique du malentendu pour mieux nous montrer ce que sont la vraie vie et la voie qui y mène. L'image du chemin parle au désir qu'a l'homme de s'orienter dans la confusion de ce monde, de trouver un sens là où il n'y en a pas. Les chemins qui s'offrent à nous restent nombreux aujourd'hui comme ils l'étaient en ce temps-là; il s'agit de trouver le bon. Jésus répond à la question de Thomas par la formule «Je suis», caractéristique de l'Évangile de Jean et rappelant la révélation de Dieu dans le buisson ardent. Cette parole a dans le service divin une grande importance : elle montre que le Glorifié est présent dans la communauté. Huit fois, Jésus associe la formule à une image : «Je suis le bon berger, je suis le pain qui descend du ciel...»: ce sont les images archétypiques du désir d'une existence réussie. Présentes dans beaucoup de religions, elles expriment l'aspiration à la vraie vie. Que nous indique Jean par ces images mythiques dans toutes les religions et attribuées ici à Jésus ? « Vous n'avez pas besoin de chercher dans le gnosticisme ni dans la philosophie grecque ni dans les cultes à mystères, Jésus est l'accomplissement de toutes vos aspirations. »

Jésus est le chemin ; nous n'avons nul besoin d'autre chose que lui, ni de la Loi, ni de méthodes spirituelles, ni d'un accroissement de la connaissance. Il est le chemin mystique qui mène à la lumière et à la compréhension, à la sagesse, à l'éveil de la conscience et à notre destination authentique. Il est à la fois le chemin et le but; en lui nous faisons l'expérience de Dieu en tant qu'il est la vie et la vérité, en lui il se révèle et nous voyons le Père. Regardant Jésus, écoutant sa Parole, nous sommes en route vers Dieu. La foi n'est pas un bien que nous posséderions, elle est un chemin, un mouvement, une dynamique intérieure tournée vers Dieu et qui nous maintient en vie. Jésus est lui-même la vie, il fait surgir la possibilité d'une vie authentique reliant le ciel et la terre, Dieu et l'homme, le temps et l'éternité, car il est la réalité divine et nous fait participer à sa plénitude. Il est aussi la vérité, mais il ne nous communique pas de belles maximes que nous pourrions emporter tranquillement avec nous ; il est la vérité non pas comme doctrine, mais comme «l'évidente réalité de Dieu » (Bultmann, p. 468). En lui est retiré le voile qui nous dissimulait Dieu et sa lumière. Qui suit le chemin qu'est Jésus ne possède pas la vérité, il vit de la vérité, il vit vraiment, en contact avec le réel auquel il s'est éveillé, avec le monde tel qu'il est. Dans le visage de Jésus, il contemple la gloire de Dieu. Dans l'Ancien Testament, vérité signifie à la fois fidélité et fiabilité; en Jésus nous avons un point d'appui fiable, nous quittons le sol incertain de nos opinions, de nos représentations du réel. Nous sommes dans la vérité et la réalité de Dieu, et nous entrons en contact avec notre propre vérité, notre Soi.

Jésus affirme que nul ne parvient au Père sans passer par lui. Bien des chrétiens ont cru comprendre que seuls vont au ciel ceux qui professent la foi en Jésus, mais cette parole n'est pas si simple. Jésus affirme plutôt qu'en lui le Père se révèle dans toute sa vérité, mais cela n'exclut pas d'autres voies de salut, qui le préfigurent. Jésus ne nous donne pas d'argument pour que nous nous placions au-dessus des autres ; il nous invite seulement à voir dans son visage, avec les yeux de la foi, la gloire divine, et à le présenter aux autres de telle façon qu'ils retrouvent en lui leur propre cheminement et la satisfaction de leur désir.


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Modifié le  14-02-2012.