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La guérison d'un aveugle-né ( Jean 9,1-12)

Par Anselm Grün

La guérison de l'aveugle-né est ce que l'on appelle l'histoire d'un «signe»; nous sommes donc fondés à l'interpréter par rapport à nous-mêmes. Nous sommes des aveugles-nés qui nous refusons à voir la réalité telle qu'elle est. La cécité et la vision correspondent à l'opposition entre les ténèbres et la lumière. Jésus est la vraie lumière qui vient en ce monde, apporte la clarté dans notre existence, ouvre nos yeux à la vraie réalité. Dans l'Évangile, celui qui est ainsi guéri porte témoignage pour Jésus.

Sortant sans doute du Temple, Jésus rencontre un aveugle-né; il s'ensuit aussitôt une discussion parmi les disciples : « Rabbi, à qui la faute s'il est né aveugle, à lui ou à ses parents ? » (9,2). Ils expriment là la conception juive de la maladie : elle est toujours la marque d'une faute. Aujourd'hui, nous ne considérons certes plus la maladie comme la conséquence d'une faute morale, mais bien des gens voudraient encore voir derrière toute maladie une cause psychique, une faute psychique, ce qui a pour résultat de communiquer au malade, en plus de sa maladie, un sentiment de culpabilité : il est lui-même responsable de son mal, du fait de ses comportements ou de son attitude intérieure. Certains thérapeutes suscitent chez leurs patients la haine des autres : des parents, des frères et des sœurs, des éducateurs et des maîtres, censés être cause de leur maladie. Cela n'aide pas les malades. Jésus, lui, brise cette association entre maladie et faute ; il répond : « Ni à lui ni à ses parents, c'est pour que l'action de Dieu se manifeste à travers lui » (9,3). La question de la faute est accessoire ; ce qui est décisif, c'est qu'à travers cet aveugle. Dieu se manifeste. Quant à nous, nous ne devons pas chercher d'où vient la maladie, mais ce qu'elle nous indique et où elle veut nous mener. Elle peut être ce grâce à quoi Dieu agit pour nous, ou encore le moyen de briser nos rôles et nos masques pour laisser percer notre vrai Soi.

Avec l'aveugle-né, Jésus nous révèle que seule la foi est capable de voir réellement. Qui accueille Jésus avec foi, ses yeux s'ouvrent, il connaît sa propre vérité et le monde tel qu'il est. Jésus renvoie ainsi ses disciples à eux-mêmes : «Tant qu'il fait jour, il nous faut remplir les tâches de celui qui m'envoie» (9,4), car son temps est mesuré, il doit l'utiliser et guérir même pendant le sabbat. L'expression «la nuit tombée, on ne peut plus agir» renvoie aussi à l'absence de foi. Si je me détourne de Jésus, la nuit se fait pour moi ; je suis exclu de la guérison qu'il opère. L'histoire de cette guérison est destinée à inciter le lecteur à se tourner vers Jésus, qui est la lumière. À nous aussi, le temps est mesuré; nous ne pouvons attendre jusqu'à la mort pour nous décider.

Après avoir enseigné à ses disciples que sa mission était d'apporter la lumière au monde, Jésus guérit par des gestes simples. «Ayant dit ces mots, il a craché par terre, du crachat il a fait de la boue, la boue il l'a appliquée sur les yeux et il a dit : « Va te laver dans le bassin de Siloé (c'est-à-dire l'Envoyé)» (9,6-7). La cécité est le refus de regarder en face ce que nous sommes vraiment, avec nos côtés peu ragoûtants, de découvrir nos taches aveugles, notre ombre. Qui refuse son ombre s'élève au-dessus de sa condition d'homme, perd le contact avec le sol, sombre dans l’hybris, la démesure. Jésus guérit l'aveugle en crachant sur le sol, sur l'humus, lui rappelant ainsi qu'il en a été tiré et fut façonné par Dieu. Étalant ensuite cette boue sur ses yeux, il l'invite à regarder en lui ce qu'il y a de boueux; l'aveugle ne pourra recouvrer la vue qu'à condition de découvrir son ombre et de perdre son orgueil. En rétablissant son contact avec l'humus, Jésus lui enseigne l'humilité; en se baissant, il l'invite à se tourner lui aussi vers la terre, à reconnaître qu'il en est issu. Quant à la salive, elle rappelle le geste d'une mère frottant avec la sienne la blessure de son enfant. Jésus n'assène pas la vérité au malade ; avec un amour maternel, il lui rappelle sa condition d'homme parmi les hommes, d'enfant de la terre aux besoins tout terrestres.

Jésus envoie enfin l'aveugle à la piscine de Siloé. Jean donne à ce nom le sens d'« Envoyé ». Or le lecteur sait que Jésus est l'envoyé de Dieu. Pour voir, l'aveugle doit aller à Jésus, l'Envoyé, avec toute sa crasse, et s'en laver dans son amour. Les Pères de l'Église ont toujours interprété cette histoire comme celle d'un baptême, et l'usage est de lire cet Évangile à l'occasion des baptêmes. Le baptême est pour nous la rencontre avec l'Envoyé et la découverte de la source qui coule en lui pour nous. Les paroles de Jésus sont une source qui nous lave de tout ce qui dénature notre pure humanité, de toutes les images qui troublent en nous celle de Dieu dans son authenticité originelle, et celle-ci peut alors rayonner en nous. L'Église primitive appelait le baptême phôtismos, c'est-à-dire illumination, car il nous conduit dans la lumière : notre vie est illuminée et nous connaissons la réalité telle qu'elle est.


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Modifié le  14-02-2012.