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L'AVEUGLE NÉ: Jean 9:1-11

par Dr. Wilbert Kreiss

La scène se passe à Jérusalem où Jésus a tenu, en présence des pharisiens et des scribes, un discours particulièrement important dans lequel il a affirmé clairement sa divinité. Il est de même essence que celui qu'il appelle son Père. Pour ses auditeurs, c'était un blasphème en bonne et due forme. Ils s'apprêtaient à le lapider, mais il parvint à se cacher et sortit du temple. C'est alors qu'en passant, il croise l'homme de notre texte.

Un aveugle de naissance... Rabbi, qui a péché?

Aveugle de naissance. Le texte le précise, ce qui permet peut-être de conclure que les autres aveugles guéris par Jésus ne l'avaient pas été de naissance, mais l'étaient devenus à un moment donné de leur vie.

Un aveugle-né. Le cas est grave, tellement grave qu'on se demande qui a péché, lui ou ses parents. On notera que la question n'est pas posée par les pharisiens et les scribes, spécialistes de ce genre de raisonnement, mais par les disciples. Ne s'était-elle jamais posée auparavant? Jésus ne l'avait-il pas encore abordée ou bien les disciples n'avaient-ils rien gardé de ce qu'il leur avait dit? Toujours est-il que cet homme est pour eux une énigme. Comme Job pour ses amis. Le dogme, non pas de la Bible, mais des juifs, était simple: s'il y a souffrance, c'est qu'il y a faute, et si la souffrance est grande, la faute ne peut être que grave.

Alors, qui a péché? Cet homme? Peu probable. Il n'a pas pu pécher avant d'être aveugle, puisqu'il est né ainsi. A moins que Dieu ne l'ait puni par anticipation pour un péché dont il savait qu'il le commettrait. Et si ce n'est pas lui, ce furent peut-être ses parents? Après tout, la Bible ne dit-elle pas que Dieu punit l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'en la troisième ou la quatrième génération de ceux qui le haïssent et que, lorsque les pères mangent des raisins verts, ce sont les dents des enfants qui en sont agacées (Exode 20:5; Jérémie 31:29)? Certes, mais le texte de l'Exode parle de ceux qui haïssent l'Eternel, ce qui n'est pas le cas de cet aveugle ni de ses parents, et celui de Jérémie s'adresse à des propres justes qui pensent ne pas mériter les épreuves qui les frappent, mais les devoir aux péchés de leurs parents.

C'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui:

La réponse de Jésus est claire: "Ne cherchez pas de lien entre la cécité de cet homme et un péché quelconque. Il n'y en a pas". C'est en quelque sorte une interdiction. Nous n'avons pas à scruter dans la vie des gens à la recherche de fautes cachées, même pas quand ils souffrent et qu'ils sont malheureux. Il est vrai que la mort et donc les maladies et toutes les formes de souffrances sont une conséquence du péché, mais entre affirmer cette vérité d'une portée générale et en chercher l'application dans la vie des gens, il y a un pas que nous n'avons pas le droit de franchir.

L'infirmité de cet homme (et du coup aussi nos maladies) poursuivait un autre but: manifester les œuvres de Dieu, comme celle de Lazare qui était "pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle" (Jean 11:4). Elle allait donner à Jésus l'occasion de faire un grand miracle, de faire voir un homme qui n'avait encore jamais vu. Et de rappeler dans le V.4 que le miracle qu'il va accomplir fait partie des œuvres que Dieu l'a chargé de faire. Ne devait-il pas se présenter au monde comme le Fils de Dieu, son Envoyé, le Messie d'Israël, et ne fallait-il pas pour cela qu'il confirme son témoignage par ses actes? D'autant plus qu'il a toujours tout fait pour glorifier Dieu. Ce miracle, accompli par lui, est une "œuvre de Dieu", car il le fera, comme tous les autres, dans l'accomplissement de sa mission, à la demande de son Père et en communion étroite avec lui.

Je suis la lumière du monde:

Cf. Jean 1:4.5.9; 3:19; 8:12; 12:46. Un coup d'œil sur ces références bibliques montre qu'il s'agit d'un thème favori de l'évangile de Jean. Jésus est la lumière qui luit dans ce monde obscur et montre aux hommes le chemin vers Dieu et la vie éternelle. Et nous sommes lumière dans la mesure où nous croyons en lui et réfléchissons sa lumière dans le monde. Cela dit, la lumière est dans la Bible synonyme de délivrance, de joie et de paix, tandis que les ténèbres évoquent la tristesse, l'ignorance, le jugement et la colère. On remarquera au passage que Jésus établit une relation entre la vue qu'il va rendre à cet aveugle et la lumière que lui-même est venu apporter au monde. La guérison de cet infirme devient ainsi une sorte de parabole, l'illustration d'une vérité d'ordre spirituel.

Va, lave-toi au réservoir de Siloé:

Comme il l'avait déjà fait ailleurs (Marc 8:23), Jésus se servit de sa salive pour guérir l'aveugle. Il lui aurait suffi d'une simple parole pour le faire, mais nous savons qu'il n'utilise pas toujours les mêmes moyens pour opérer des guérisons. Cf. ce que nous avons dit à ce sujet dans l'étude de Marc 8:23.

Cette fois-ci, pas de parole. Pas non plus de guérison à l'instant même, mais Jésus envoie l'aveugle se laver les yeux à la piscine de Siloé, comme il envoya les lépreux se montrer aux sacrificateurs. Cependant l'ordre d'aller se laver les yeux contenait la promesse de la guérison. Encore fallait-il y ajouter foi. C'est ce que fit l'aveugle, certain qu'on ne se moquait pas de lui. Et pourtant il ne savait pas encore qui était ce à Jésus qu'il venait de croiser et qui avait agi de façon si insolite (V.11.12). Mais quelque part il avait deviné qu'on ne se moquait pas de lui. Il alla donc, fit ce qu'on lui avait demandé et recouvra la vue.

L'étonnement du voisinage est grand. On l'avait toujours vu faire la manche, mendier pour survivre, et voilà qu'il allait et venait comme s'il avait toujours eu l'usage de ses yeux (V.8). Certains avaient bien quelques doutes, tant la chose leur paraissait invraisemblable. Mais il était là pour leur dire qu'il avait bien été cet aveugle, un aveugle qui ne l'était plus.

L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue...

Il rend témoignage, du mieux qu'il peut, se contentant de raconter les faits dans toute leur objectivité: il a reçu des ordres et les a exécutés, et depuis, il voit. C'est aussi simple que cela.

Le récit du miracle s'arrête là, mais il donne lieu à toute une scène, avec questions et réponses, intervention des pharisiens, interview des parents et jugement radical de la part de ces puristes du dogme et de la morale: l'homme qui a guéri cet aveugle ne peut pas être un envoyé de Dieu et n'a pas pu agir en son nom, parce qu'il a violé le sabbat. C'est quelque chose que Yahvé ne cautionne pas. La conclusion s'impose: cet homme agit au nom de puissances occultes et démoniaques. Dans un autre contexte ils diront: "C'est par Belzébul, le prince des démons, qu'il chasse les démons" (Matthieu 12:24- 37).

Tous ne sont pas d'accord avec cette thèse. Dieu permettrait-il qu'un pécheur ait le pouvoir de faire de tels prodiges? Ils sont manifestement divisés entre eux et demandent à l'ex-aveugle ce qu'il en pense. Sa réponse est claire: c'est un prophète (V.17).

Non, surtout pas cela! Après tout, il n'y a peut-être même pas eu de miracle. Peut-être cet homme n'est-il qu'un imposteur. On va donc se renseigner chez ses parents. Ceux-ci confirment que leur fils était né aveugle et qu'il voyait maintenant. Et comme ils redoutent des problèmes avec les chefs religieux de la nation, éventuellement une excommunication, ils les renvoient chez leur fils pour qu'il leur explique lui- même ce qui s'est passé.

On le convoque donc une deuxième fois. Alors cet aveugle, qui voudrait qu'on le laisse tranquille pour savourer dans la joie et la louange l'usage de ses yeux, perd patience et leur demande s'ils ne veulent pas par hasard devenir des disciples de ce Jésus de Nazareth. Cette fois-ci c'en est de trop. Ils prennent cela pour une insulte. Alors l'ex-aveugle rend devant eux un admirable témoignage de sa foi. On notera comment il grandit dans sa compréhension de la personne de Jésus-Christ. Il avait d'abord parlé de "l'homme qu'on appelle Jésus" (V.11), puis l'avait appelé "un prophète" (V.17), avant de le présenter comme quelqu'un envoyé par Dieu et accomplissant les œuvres de Dieu (V.31-33), pour finalement confesser sa divinité et l'adorer (V.38). Jésus avait fait son chemin dans son cœur. L'entretien s'achève sur l'affirmation, de la part du Christ, que les pharisiens sont des aveugles qui s'ignorent et que leur cécité condamne.

Thèmes de réflexion:

  • Le récit de cette guérison est plus court que celui de la controverse à laquelle il donna lieu. On a presque l'impression que cette guérison n'était pour Jésus qu'un prétexte pour en découdre avec les chefs religieux du peuple et dénoncer leur endurcissement. Il a bel et bien guéri un authentique aveugle, et un aveugle-né, mais au fond, les vrais aveugles ce sont eux.
  • Nous ne reviendrons plus sur le lien que les juifs établissaient, dans une situation donnée, entre la maladie et le péché. Le chrétien sait que Dieu seul le connaît. Lui-même s'abstient de tout jugement à ce sujet. Il sait par contre que la maladie et l'épreuve fournissent au Seigneur l'occasion de manifester son aide et de magnifier sa puissance et sa miséricorde. Et il sait aussi que la souffrance poursuit un but salutaire. Lisez à ce sujet Romains 5:1-5; 8:28.35-39; 1 Pierre 1:3-8; Jacques 1:2-4, etc. La maladie est donc, en tout cas chez l'enfant de Dieu, non pas une malédiction, mais une source de bénédiction. C'est ce qui lui donne la force de persévérer dans l'épreuve, d'accepter la volonté de Dieu, de mettre en lui sa confiance, tout en implorant son secours.
  • Jésus est la lumière du monde. Il ne dit pas qu'il l'a, qu'il la donne ou qu'il la fait briller dans ce monde, mais qu'il l'est, comme il dira, dans le récit suivant, qu'il est la résurrection et la vie. Vrai Dieu et source de tout don parfait, il s'identifie à la lumière. Le message est clair, aussi dans sa négation: il n'y a pas de lumière en dehors de lui. Il n'est pas une lumière à côté d'autres (Bouddha, Confucius, Mahomet, Moon, etc.), mais la seule qui soit. Cela signifie, bien sûr, que tant qu'on ne croit pas en lui, on marche dans les ténèbres. En d'autres termes, qu'il n'y a pas de salut en dehors de lui. Il n'est pas un Dieu parmi d'autres et ne vient pas fonder une religion de plus. Et il le dit aux Juifs d'une telle façon qu'on a l'impression qu'il cherche la bagarre. Il l'avait déjà dit au chapitre 8 et le répétera au chapitre 10. Et ailleurs... Le doux Jésus, qu'on nous présente toujours comme si bienveillant et plein de mansuétude, sait se montrer tranchant, clair et net. La vérité, c'est la vérité. Il faut qu'elle soit connue et qu'elle triomphe, même si elle sonne bien dur aux oreilles de certains.
  • Nous ne nous attarderons pas non plus à l'attitude de Jésus sur le sabbat, mais renvoyons le lecteur à des textes parallèles déjà étudiés. Il y trouvera toutes les indications nécessaires pour la comprendre. S'il est quelque chose que le Christ déteste, c'est le légalisme, la propre justice, la piété de façade, le formalisme rigide et intransigeant qui préfère la lettre à l'esprit et ne comprend rien à l'essence même de la loi. S'il hait quelque chose, c'est l'hypocrisie qui juge, condamne sous des dehors de piété et avec de soi-disant arguments bibliques.
  • Ce miracle place les interlocuteurs devant un choix: Jésus est ou bien l'Envoyé de Dieu ou bien un imposteur. A chacun de choisir. L'ancien aveugle fait le bon choix: en recouvrant la vue, il découvre son Sauveur (V.38). Les pharisiens choisissent d'être les disciples de Moïse. Ou plutôt ils se font une idée du disciple de Moïse et s'identifient à lui. Ils savent, eux, ce qui est bien et ce qui est mal, et du haut de leur savoir ils savent aussi qui est de Dieu et qui est du malin. Ils savent tout, ont réponse à tout, toujours raison. Ils savent tout, sauf qu'ils sont aveugles. C'est la le pire des péchés, car on ne s'en repent jamais. Et la pire des maladies, car on n'en guérit pas.

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Modifié le  14-02-2012.