IESCHOUA

La Passion Accueil | Nous contacter

Accueil
Haut
Mission
Vie de Jesus
Parcours
Evangile St Luc
Evangile St Matthieu
Evangile St Jean
Evangile St Marc
Croisiere
Nourriture du coeur
Forum  Prieres
Témoignages
Chants
Prieres & Reflections
La passion
Suggestions
Liens
Forum discusions

La Passion (18-19)

Par Anselm Grün

 

Chaque année, le Vendredi saint, le récit de la Passion selon saint Jean est lu; à l'évidence, la théologie johannique, qui célèbre la croix comme le signe de la victoire et de la rédemption, convient à la liturgie de ce jour. C'est dans cet épisode que la nature symbolique du récit atteint son apogée. D'une part, Jean se tient au plus près de la vérité historique, en ce qui concerne tant la chronologie que le lieu; d'autre part, tout ce qui est rapporté recèle aussi un sens plus profond. Le visible renvoie à l'invisible, au mystère.

Ce symbolisme commence dès l'arrestation de Jésus. Les soldats romains et les gardes juifs venus pour se saisir de lui reculent et tombent à terre ; Jésus se présente à eux en disant : « C'est moi » (ego eimi) (18,6), ce qui ne veut pas dire seulement: je suis l'homme que vous cherchez, mais rappelle aussi la Révélation dans le buisson ardent : « Je serai : je suis » (Ex 3,14). C'est ces Romains et ces Juifs, auxquels Jésus se révèle au terme de sa vie. Il n'est pas historiquement vraisemblable que Juifs et Romains soient venus ensemble pour l'arrêter, mais Jean voit ici plus loin : Jésus va mourir pour le monde entier, et c'est le monde entier qui l'adore. Il se laisse saisir et lier afin que ses disciples puissent s'en aller librement; là encore nous voyons en image le mystère de sa mort : c'est nous tous qu'il affranchit de toute captivité, intérieure et extérieure.

Jean a traité le récit de la Passion avec un grand art. Après la grandiose ouverture de l'arrestation vient le premier acte: l'interrogatoire devant Anne, «le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là » (18,13). Même après sa déposition en l'an 15, Anne a continué d'exercer son autorité sur le Sanhédrin ; Jean est donc historiquement très précis, tout en manifestant son intention théologique. Il enchaîne quatre scènes : Jésus est conduit devant Anne ; dans la cour du palais, Pierre se chauffe devant le feu avec un autre disciple ; Jésus est interrogé ; Pierre renie son maître. Deux précisions sont d'importance ici : la mention faite de Caïphe, celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « II est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour toute la nation» (18,14) : Jésus meurt pour le peuple, afin que nous ayons la vie à profusion. L'autre précision, Jésus la formule lui-même : «J'ai parlé au monde au grand jour, j'ai toujours enseigné à la synagogue et au Temple où se rassemblent tous les Juifs, je n'ai rien dit en secret» (18,20). Une fois encore Jésus porte témoignage devant les Juifs, mais une grande partie d'entre eux ne l'ont pas écouté. Les Juifs représentent ici le monde qui se ferme à Jésus, tout comme aujourd'hui encore. Si les Juifs font une bien mauvaise figure dans le récit, nous ne devons jamais oublier que les propos de l'Évangile sont autant d'images : ici celle des gens qui, retranchés en eux-mêmes, refusent de se laisser insécuriser par Jésus. Nous devons aussi avoir à l'esprit la situation historique : la communauté johannique, on l'a vu, se composait en grande partie de Juifs chrétiens. Ainsi le lecteur est-il exhorté à s'associer au disciple préféré qui porte témoignage, et non pas aux mécréants.

Jean a construit avec plus d'art encore l'interrogatoire de Jésus par Pilate, en sept scènes marquées par autant d'entrées et de sorties. Les témoignages historiques montrent en Pilate un gouverneur brutal, et pourtant il est ici à l'image du lecteur: comme lui, nous hésitons entre la profonde impression produite par Jésus et la crainte des réactions du monde, entre la fascination du divin et les doutes, entre le pouvoir et l'impuissance. Le symbolisme commence dès les premiers mots : «II est très tôt» (18,28), c'est l'aube, introduite avec solennité, l'aube du jour où Jésus est vainqueur du monde. Jean explique ensuite, avec ironie, que les Juifs n'entrent pas dans le prétoire «pour ne pas commettre d'impureté et pouvoir manger la Pâque» (18,29). Ces Juifs-là s'en tiennent strictement à la lettre de la Loi et provoquent ainsi la mort de l'envoyé de Dieu. C'est l'accomplissement du devoir prescrit, la crispation sur la norme qui tue le Messie. Ils veulent manger la Pâque, sans voir que c'est le véritable agneau pascal qui va être sacrifié, celui qui les purifie et les sanctifie; s'ils le mangeaient, ils seraient prêts à accéder à la vraie liberté, au monde de Dieu, vaste espace de liberté et d'amour.

Jésus est l'accusé, mais il est en même temps souverain; c'est lui qui agit, en réalité. Il se présente à Pilate comme le vrai roi, tout en ajoutant : « Ma royauté n'est pas de ce monde» (18,36). C'est, selon moi, la phrase clé des sept scènes devant Pilate. Jésus vient d'un autre monde, celui de Dieu. Ce monde-là est fermé à Pilate, qui ne voit que les apparences. Le vrai roi qu'est Jésus dispose de lui-même dans une liberté absolue, le monde n'a pas de pouvoir sur lui. Ce que dit Jésus s'applique à nous aussi, et c'est, à mes yeux, le mystère de la rédemption, tel qu'il se révèle dans la mort de Jésus : chacun de nous est un roi, une reine, en vertu d'une dignité qui n'est pas de ce monde, et ce monde est sans pouvoir sur nous. Tel est le paradoxe : c'est précisément dans la Passion que cette dignité devient visible, quand nous sommes faibles, accablés, condamnés, flagellés, blessés, offensés, rejetés, abandonnés, cloués à notre croix et transpercés. Il est en nous un espace où nul ne peut nous atteindre ; ma dignité royale, nul ne peut me l'ôter, même si je ne suis pas extérieurement à la hauteur de la situation, si je faiblis et suis condamné et offensé.

Jean interprète l'image du roi à la manière des Juifs et des Grecs. Le véritable but du roi, c'est de porter témoignage en faveur de la vérité ; or Jésus dévoile, précisément dans sa Passion, la vraie nature de ce monde. Il donne à Pilate lui-même, tout empêtré dans son pouvoir, une chance d'ouvrir les yeux et de trancher pour la vérité, mais Pilate ne la saisit pas ; ce qui l'intéresse, ce n'est pas la vérité, c'est le pouvoir seul. Mais, en se vouant au pouvoir il tombe dans une pro- fonde dépendance, il devient le jouet impuissant des autres ; refusant la vérité, il est dominé par le mensonge du monde. Jésus nous met en situation de décider si, comme Pilate, nous cédons au pouvoir et au mensonge, ou si nous adhérons à la vérité, à la liberté et à la royauté authentiques.

Pilate cède à la pression des Juifs et fait flageller Jésus. Quand Jésus ressort avec la couronne d'épines et le manteau de pourpre, Pilate le présente par ses mots : « Ecce homo ! » : « Voici l'homme ! » ou encore : quel homme! (19,5). C'est l'homme dans sa vérité qui apparaît ici. Pour Bultmann (p. 510), ces mots de Pilate font apparaître dans toute sa netteté que le Verbe s'est fait chair (1,14) : il se présente dans la chair torturée, blessée, méprisée, c'est en cet homme, précisément, que sont offertes aux yeux du monde tout à la fois la véritable image de l'être humain et la vérité de Dieu. Jésus est l'Homme par excellence, parce qu'il vient de Dieu, tel que Dieu l'a pensé ; même les pires blessures ne peuvent altérer son image.

Pilate et les Juifs se révèlent réciproquement l'absurdité de leur façon de vivre. Les Juifs montrent à Pilate à quel point il est impuissant, lui qui détient le pouvoir; il n'agit que par peur des Juifs et de l'empereur, tiraillé entre l'approbation des uns et celle de l'autre. Pilate montre aux Juifs que, par la mort de Jésus, ils s'éloignent en réalité de leur vrai roi, de leur Dieu, et se livrent à l'empereur. «Nous n'avons pas d'autre roi que César» (19,15) : phrase lourde d'ironie, phrase de reniement. Pilate et les Juifs nous renvoient ici encore notre propre image : nous nous sommes voués au monde, chacun hésite entre puissance et impuissance, entre Dieu et le monde, la liberté et la dépendance.

C'est avec tout autant d'art, et une fois encore en sept images, que Jean dépeint la crucifixion. Là encore, le récit est historique, mais tout ce qui se passe a valeur de symbole. Jésus porte lui-même sa croix : c'est lui qui agit. Il est crucifié entre deux autres condamnés (19,18) : comme lui, nous sommes au milieu, entre deux larrons ; il est notre véritable centre, lui seul nous permet d'assurer la cohésion de tout ce qui en nous s'oppose. Pilate fait confectionner un écriteau portant en trois langues ces mots : « Jésus le Nazôréen, le roi des juifs » (19,19). Sans le vouloir, Pilate devient le missionnaire qui proclame la véritable nature de Jésus au monde entier, dans les trois langues qui symbolisent la sagesse ; en même temps, Jésus accomplit cette sagesse dans les philosophies qui se sont exprimées en ces trois langues.

Hautement symboliques sont aussi les vêtements de Jésus. Quatre soldats commencent par se les partager; quatre, c'est le nombre du cosmos et celui des éléments. Ces vêtements représentent le corps de Jésus, donné au monde entier qui en reçoit le salut et la complétude. Ces quatre soldats signifient aussi que le message de Jésus est porté aux quatre points cardinaux, véhiculé dans une mesure non négligeable par des soldats romains. La tunique est ensuite décrite avec précision: «... sans couture, tissée d'une seule pièce à partir du haut» (19,23). Selon la tradition juive, Adam portait, comme Moïse, une tunique sans couture ; le grand prêtre porte lui aussi un vêtement fait d'une seule pièce. Jésus est donc le vrai grand prêtre, le vrai Adam, l'Homme véritable ; comme Moïse il tire le peuple de sa captivité et le conduit à la Terre promise ; en lui s'accomplit la vraie Pâque, le passage de ce monde à celui de Dieu. Cette tunique est tissée du haut vers le bas : du point de vue de l'artisanat, il y a assurément là une erreur, le tissage devant commencer par le bas, mais ce détail est lui aussi symbolique. Le corps de Jésus est venu d'en haut ; il est entier et tout pénétré de l'être divin, il récapitule le cosmos et lui apporte le salut par l'accomplissement sur la croix de l'Incarnation de Dieu en homme.

Au pied de la croix, se trouvent non seulement les quatre soldats, mais aussi quatre femmes. Alors que les disciples sont absents, à l'exception du préféré, les femmes affrontent l'épreuve et se solidarisent. Elles figurent le monde qui reçoit Jésus. Jean reprend ainsi l'assertion du prologue sur la parole : « mais à tous ceux qui l'ont reçue, / elle a donné le pouvoir d'être enfants de Dieu» (1,12). Ces quatre femmes pourraient aussi figurer symboliquement le fait que notre composante féminine, l'anima, est particulièrement accessible au mystère de Jésus, alors que notre part masculine reste souvent aveugle à la vérité profonde que Jésus nous a révélée. Un homme pourtant est présent sous la croix  le disciple que Jésus aimait. Il a été tellement transformé par l'amour de Jésus qu'il assiste à l'accomplissement de cet amour; il est témoin de l'élévation de Jésus, en lui, c'est Jésus lui-même qui est présent parmi les humains. Après la mort de Jésus il entreprendra de témoigner devant le monde entier.

Que la scène où Jésus établit un rapport de filiation entre ce disciple et sa mère doive être interprétée dans sa portée symbolique, tous les exégètes l'ont compris ; la question est seulement de savoir quel est ce symbolisme. Pour les uns, Marie représente la communauté juive et le disciple celle des païens. D'autres voient en Marie la famille de Jésus qui suit la même voie que la communauté des disciples. Le théologien américain Raymond E. Brown est d'avis que Jésus, sur la croix, rehausse la position de Marie à tel point « que son autorité dans la communauté johannique est égale à celle des apôtres masculins» (Sanford 1, p. 71). On peut également voir dans cette scène la conciliation des opposés: l'homme est invité à s'orienter vers la femme, et réciproquement. L'homme doit accueillir la femme dans sa demeure. La croix représente l'unité des opposés : Dieu et l'être humain, l'homme et la femme, les Juifs et les chrétiens.

Chez Jean, Marie n'apparaît que deux fois : au début, à Cana, et à la fin, sous la croix. Elle est la mère de la transformation, dont elle déclenche le processus à Cana et atteste ici l'achèvement. La mort sur la croix est aussi accomplissement des noces ; si, à Cana, la gloire de Dieu s'était déjà manifestée, maintenant tout, même la mort, connaît l'assomption dans son amour, les opposés sont réconciliés dans l'unité. À Cana, Marie est la porte par laquelle Jésus entre dans le monde  sous la croix, la porte qu'il franchit pour entrer dan la gloire du Père. Marie, la Mère, est en même temps l'image de la nouvelle naissance de l'être humain opérée par Jésus. Chez Jean, les hommes débattent avec Jésus ; les scènes où il rencontre des femmes – par exemple la Samaritaine, ou Marthe et Marie – sont des scènes d'amour. En donnant pour fils à sa mère son disciple préféré, Jésus manifeste son amour pour toute l'humanité, dont ce disciple est alors la figure. Notre tâche est d'ouvrir notre cœur, notre être le plus profond, à l'amour dont Marie est l'image.

L'art descriptif de Jean culmine dans les trois versets qui rapportent la mort de Jésus. Par trois fois, il use du même mot tetelesthai : «Tout est fait» (19,30). Cet accomplissement est celui de l'amour de Dieu, raison même de l'Incarnation (3,16). Tous les mots sont ici chargés de sens symbolique: «J'ai soif» (19,28). Jésus aspire à vider le calice de la mort pour atteindre son but. Cette soif rappelle celle de la Samaritaine. Mais ce n'est pas seulement l'homme qui a soif de Dieu en Jésus, Dieu manifeste sa soif d'une humanité qui réponde à son amour. Jésus doit néanmoins connaître l'expérience qui fut infligée au psalmiste : « quand j'ai soif voilà du vinaigre à boire » (ps 69 [68],22). Dans ce vinaigre, Jésus boit jusqu'à la lie l'aigreur humaine, et délivre ainsi l'homme du poison de ses sentiments négatifs.

L'éponge imbibée de vinaigre est ici tendue au bout d'une branche d'hysope, et non d'un roseau comme dans les synoptiques. L'hysope renvoie au rituel de la pascha. Sur la croix, c'est le véritable agneau pascal qui est sacrifié ; le monde perd son pouvoir sur Jésus et sur tous ceux qui croient en lui. Ce mot grec tetelesthai était aussi la formule terminale des cultes initiatiques. Jésus a donc initié les hommes au mystère de l'amour divin, rendant capables d'aimer ceux qui ne l'étaient pas. «... Et, inclinant la tête, il remit le souffle» (19,30). C'est vers nous qu'il incline la tête avec amour, c'est à nous tous qu'il remet son souffle d'amour: à nous qui sommes en bas, à tous ceux qui sont sur la terre, à terre, courbés, déçus, résignés, pour les recréer à neuf. Cet amour accompli, devenu sur la croix visible pour tous, se répand dans le monde, et, depuis lors, il a modifié la conscience humaine. L'on pourrait dire : comme aucun autre événement antérieur ou postérieur; c'est une force qui rétablit la relation de l'homme à Dieu et guérit son âme. De cet amour naît un mouvement que rien ne peut plus arrêter, cet esprit se diffuse dans tous les domaines de la pensée et de la sensibilité, comme une source de guérison et de salut, d'élargissement de la conscience.

Dans une autre scène encore, Jean interprète le mystère de cette mort. Les soldats s'assurent que le crucifié est bien mort; l'un d'eux transperce son flanc avec sa lance, souvenir du rocher dont Moïse, au désert, avait fait jaillir l'eau. Du flanc de Jésus coulent du sang et de l'eau. Le sang symbolise l'amour et l'eau le Saint-Esprit. Du corps de Jésus, vrai Temple, jaillit la source de l'Esprit, à laquelle nous pouvons boire pour étancher notre soif de vie éternelle, comme la Samaritaine. Il est aussi la septième jarre, d'où coule le sang de l'amour divin, le vin du salut. Par la mort de Jésus l'esprit de Dieu se répand sur le monde tout entier. Mais le cœur transpercé est aussi l’image de l’homme véritable : seul celui qui ouvre son cœur à Dieu réalise l’image que Dieu s’est faite de lui. C’est dans le cœur humain que Dieu  devient manifeste.

Jean interprète ces événements mystérieux par référence à deux passages de l'Écriture qui attestent que Jésus est bien l'agneau pascal : «Pas un os ne lui sera brisé » (19,36 / cf. Ex 12,46) ; « ils regardent celui qu'ils ont transpercé, ils se lamentent sur lui... » (Za 12,10). Ici est exaucée l'aspiration typiquement grecque à la transformation par la vision. Qui contemple Jésus est transformé. C'est également l'aspiration des gnostiques : la contemplation leur ouvre une vie nouvelle, ils ont part à ce qu'ils voient, ils sont dans l'unité. Le paradoxe de l'Évangile de Jean est que nous devons contempler ce flanc transpercé, que nous voyons l'amour de Dieu et le salut dans la blessure de Jésus.

Si nous regardons de plus près le texte du prophète Zacharie, nous y lisons que Dieu répandra « sur la maison de David [...] un souffle de grâce et de prières» (Za 12,10). Le Saint-Esprit qui émane du cœur de Jésus suscite en nous compassion et miséricorde et nous incite à la prière. Quelques versets plus loin, Zacharie dit que le jour vient où « une eau court vers la maison de David [...] lavant les fautes et le sang impur» (Za 13,1). Cette eau qui court, c'est le cœur de Jésus ; il nous purifie de tout ce qui trouble et masque l'image originelle inaltérée que Dieu se fait de l'homme. La crucifixion accomplit en outre l'acte déjà figuré par l'épisode des marchands chassés du Temple : « Plus de trafiquants dans la Maison de Yahvé des Milliers, ce jour-là» (Za 14,21). L'esprit de Jésus remplit notre demeure intérieure, la sanctifie, lui donne accomplissement et santé.


Pour nous contacter :

E-Mail : luc@ieschoua.org

Modifié le  14-02-2012.