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JÉSUS, LA PORTE DE LA VIE

L'onction de Béthanie (12,1-8)

Par Anselm Grün 

Après ce dernier « signe », Jean nous rapporte une action symbolique annonciatrice de la mort de Jésus. Elle se passe six jours avant la Pâque. Six est le nombre de l'imperfection, de l'inachèvement, de ce que l'on a fait par soi-même. Or l'imparfait accède à la perfection et à la plénitude par la mort et la résurrection de Jésus. Le six annonce le sept, nombre de la transformation et de l'achèvement. Dans la résurrection, l'être humain connaît une création renouvelée; c'est alors la vraie Pâque : le passage dans le monde de Dieu, la divinisation de l'homme. C'est aussi le sabbat, la Création renouvelée par Dieu.

Six jours avant la Pâque, donc le dimanche soir, Marie, Marthe et Lazare reçoivent Jésus pour le souper. Peut-être ce repas est-il une image de l'Eucharistie, que les chrétiens célébraient en effet le dimanche soir. Marie prend une livre de véritable huile de nard, considérée dans l'Antiquité comme l'un des parfums les plus précieux, en oint les pieds de Jésus, « et la maison entière embaumait» (12,3). La quantité est excessive, et l'acte prodigue. Judas en évalue le prix à trois cents deniers, plus que le gain annuel d'un journalier. Cette surabondance rappelle celle du vin aux noces de Cana, ce vin qui donnait un goût nouveau à la vie ; ici, il s'agit d'un parfum merveilleux qui réjouit l'odorat. L'amour de Dieu, qui s'accomplit dans la mort de Jésus, répand un agréable parfum ; toute la maison, toute l'Église, le monde entier en sont remplis et transformés. Selon les Pères de l'Église, cette scène fait apparaître que depuis la mort et la résurrection de Jésus le parfum de la connaissance - de la gnose - emplit le monde. Alors que Lazare, mort, répandait une mauvaise odeur, la résurrection parfume l'atmosphère. Par ces images, Jean nous suggère que la réalité divine est perçue par tous les sens : on peut la voir, l'entendre, la toucher, la goûter et la sentir. Dans sa théologie de la dulcedo, l'agréable douceur de Dieu, la tradition mystique a développé cette idée; la trace de Dieu dans l'âme humaine, c'est ce parfum, ce goût nouveau de la vie, cette joie.

Oindre d'une huile précieuse est un geste d'amour. Au début de la Passion, il y a donc l'amour d'une femme. Alors que chez Marc et Matthieu cette femme oint la tête de Jésus, Jean parle délibérément de l'onction des pieds, acte de familiarité, acte érotique, permis seulement à l'épouse ou à la fille de celui qui le reçoit. Le geste de Marie a son parallèle dans l'action de Jésus : lors de l'ultime Cène, il lavera les pieds de ses disciples, accomplissant ainsi non seulement le service masculin des esclaves mais aussi le service féminin de l'épouse et de la fille. C'est sur la croix que Jésus accomplira pleinement l'amour par lequel il se donne à nous ; alors, le vase précieux de son cœur s'ouvrira et son amour s'épandra sur nous. Judas, lui, ne comprend pas la prodigalité de Marie ; il ne pénètre pas davantage le sens du mystère de l'amour de Jésus et de son sacrifice, voyant tout sous l'angle de la rationalité. C'est humain. L'amour de Dieu est autre. La révélation de Jésus, nul ne peut la revendiquer, pas même comme un programme social. En réalité, dit Jean, un tel programme cache souvent l'avidité et l'envie. Il s'agit ici du mystère de l'amour qui se répand à flots ; de l'amour de deux femmes, celui de Marie au début de la Passion, et celui de Marie de Magdala à la fin, cherchant celui que son cœur aime. L'image de l'onction révèle que l'amour qui s'accomplit dans la Passion et la Résurrection échappe à tout calcul ; il est prodigue, déraisonnable, incompréhensible pour l'homme froidement rationnel, accessible à celui-là seul qui sait aimer.


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Modifié le  14-02-2012.