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Pistes de réflexions :

L'onction de BÉTHANIE

(pris de l'Internet)

 

 Lorsque, après la résurrection de Lazare, le Sanhédrin eut décidé de faire mourir Jésus, le Seigneur se retira dans la petite ville d'Ephraïm. Cette retraite pouvait être considérée par les pharisiens comme la fuite d'un malfaiteur poursuivi par la justice. Maintenant que son heure est venue, il revient librement et publiquement au lieu même vers lequel tous les regards étaient dirigés à Béthanie. Dans sa prudence, le Sanhédrin ne voulait pas faire saisir Jésus pendant que la nation tout entière, accourue de foules les parties du pays, se trouvait à Jérusalem. « Il ne faut pas que ce soit pendant la fête, de peur qu'il ne se fasse quelque émotion parmi le peuple. » Cependant il avait été décidé, dans le Conseil suprême, que l'Agneau de Dieu serait immolé comme Agneau pascal.

Six jours avant la Pâque, ainsi la veille du dimanche des Rameaux, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare qui avait été mort et qu'il avait ressuscité. On lui fit là un souper, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Marthe sert aujourd'hui, non plus avec agitation, mais avec une joie calme, car elle a vu la gloire de Dieu. De quels yeux les convives devaient-ils voir Lazare qui avait déjà été enveloppé d'un suaire et déposé dans le tombeau, mais qui leur avait été rendu sur l'ordre tout-puissant de Jésus ! Ils savaient tous qu'ils étaient comme lui sous le coup d'arrêt du Sanhédrin, et cet arrêt impliquait l'exclusion hors du peuple de Dieu, la privation de toute communion avec lui, et quelquefois la peine de mort. Toutefois, dans une communion d'amour avec Jésus, ils oubliaient Jérusalem et le monde entier.

Alors Marie, ayant pris dans un vase d'albâtre, une livre d'huile de senteur de nard pur qui était de grand prix, la lui répandit sur la tête, ayant rompu le vase, et lui oignit les pieds et les essuya avec ses cheveux et toute la maison fût remplie de l'odeur de ce parfum. Nous connaissons l'intime et profond amour de Marie pour son Sauveur. Mais maintenant qu'il s'est révélé à elle comme étant la résurrection et la vie, maintenant qu'elle a vu à quels dangers il a exposé sa propre vie pour lui venir en aide, elle se sent pressée de donner à cet amour une expression particulièrement solennelle. Tout son cœur s'écrie : Tout ce que mon cœur et mon âme peuvent faire, je veux le consacrer à ton service et à la gloire. Peut-être avait-elle réservé ce précieux parfum pour embaumer le corps de son frère bien-aimé. Cette onction était une manifestation extérieure du don complet qu'elle faisait d'elle-même à son Seigneur, une image des fleuves d'amour dont le Sauveur sera inondé de toute éternité par les rachetés, un symbole de l'amour que son sacrifice a déjà allumé sur la terre.

Alors Judas Iscariote, fils de Simon, l'un des disciples, celui qui devait le trahir, dit : Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres ? Et les autres disciples, voyant cela, en furent indignés et dirent : A quoi sert cette perte ? Judas dit cela, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce qu'il était larron, qu'il avait la bourse et qu'il portait ce qu'on y mettait. Les pauvres ne sont que le prétexte ; ils doivent donner à l'égoïsme de ce disciple et à son haineux mécontentement l'apparence d'un sentiment pieux ; mais cette apparence est trompeuse. Trois cents deniers, environ deux cent soixante francs de notre monnaie ! Que de pauvres auraient pu être vêtus, nourris, restaurés avec cette somme ! Et maintenant la voilà perdue ! Telle semblait être l'action de Marie. Et les autres disciples furent séduits par cette pensée éminemment pratique et joignirent leur blâme à celui de Judas.

Tous ceux qui aiment l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ doivent être sur leurs gardes, pour ne pas se laisser entraîner par ces faux-semblants. Cette désapprobation de Judas se renouvelle de nos jours à propos des dépenses faites en faveur des missions parmi les païens, sous prétexte que l'argent qu'on donne pour les pays lointains, serait beaucoup mieux employé s'il était consacré au soulagement des pauvres. Que celui qui est enclin à se laisser tromper par de telles paroles, se rappelle qu'elles sont l'expression des sentiments du traître Judas. Ce n'est pas l'amour du prochain qui parle en eux, c'est l'avarice et l'inimitié contre Christ. C'est en vain que Judas a été présent au tombeau de Lazare, en vain qu'il voit le mort ressuscité assis à table avec lui. Il a constamment résisté aux sollicitations pleines d'amour du Sauveur. Maintenant il est là parmi les convives, portant l'habit d'un apôtre de Christ, tandis qu'intérieurement, il est tombé au même niveau que Caïphe et les membres du Sanhédrin. Il est même tombé plus bas, puisqu'il avait reçu des grâces dont ceux-ci avaient été privés.

Mais Jésus connaissant cela, leur dit : Laissez-la, pourquoi lui faites-vous de la peine ? Elle a fait une bonne action à mon égard. Car vous aurez toujours des pauvres avec vous, et toutes, les fois que vous voudrez, vous pourrez leur faire dit bien, mais vous ne m'aurez pas toujours. Je vous dis, en vérité, que dans tous les endroits du monde où cet Évangile sera prêché, ce qu'elle a fait sera, aussi raconté en mémoire d'elle. On a blâmé une action destinée à honorer Jésus ! Quelle insulte faite au Seigneur ! Cependant ce n'est pas à lui-même qu'il pense. Il se hâte de prendre sous sa protection Marie qu'on vient de calomnier. Quant à elle, elle n'avait nullement conscience d'avoir fait quelque chose d'extraordinaire. Elle avait simplement suivi l'impulsion de son cœur. Mais en entendant les reproches qu'on lui adresse, elle réfléchit à son action. Aurait-elle peut-être eu tort de l'accomplir ? Cette pensée l'afflige. Jésus comprend son silence et dit aux convives : Pourquoi lui faites-vous de la peine ? Laissez-la faire ; elle a fait une bonne action !

Heureux celui qui a Jésus pour défenseur ! Tous les accusateurs se tairont devant lui. Il donne à l'action de Marie une signification qu'elle ignorait elle-même. Sans le savoir, elle a embaumé le corps du Seigneur pour sa sépulture. Il y a souvent dans les œuvres des enfants de Dieu, des significations cachées, qu'eux-mêmes ne connaissent pas. Si ce parfum avait été employé à embaumer le corps de Lazare, personne n'aurait crié à la prodigalité. Eh bien ! veut dire le Seigneur, admettez que ce parfum doive servir à ma sépulture, et que Marie ait pris l'avance pour ne pas arriver trop tard, comme les autres femmes, au matin du jour de Pâques.

Les murmures des disciples cessèrent sans doute, lorsqu'ils entendirent Jésus leur parler de nouveau de sa mort. Cette affreuse pensée leur revient toujours à l'esprit, bien qu'ils ne puissent pas se familiariser avec elle. Lorsque celle perspective se présente à eux, il leur semble qu'ils sont sur le bord d'un abîme sans fond. Et cependant ils devaient voir s'élever l'amour de leur Maître à une hauteur qu'ils n'avaient jamais pressentie, c'est-à-dire jusqu'en Golgotha. Quant à Marie, lorsqu'elle eut appris de la bouche même du Sauveur l'importance de ce qu'elle avait fait, comme elle dut trembler à cette pensée : Eh quoi ! Mon Sauveur ! Celui qui m'a rendu mon frère bien-aimé en l'arrachant au sépulcre, il y serait enfermé lui-même ! Lui, le Fils de Dieu, la résurrection et la vie ! Qui peut comprendre cela ? Mais devant le sépulcre ouvert, dans le jardin de Joseph d'Arimathée, la lumière se fit nouvelle et la joie rentra dans son cœur oppressé.


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Modifié le  14-02-2012.