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La résurrection de Lazare (11,1-44)

Par Anselm Grün

 

La résurrection de Lazare est le septième et dernier « signe » accompli par Jésus ; il s'y montre maître de la vie et de la mort. Cette histoire fait apparaître que le chrétien est d'ores et déjà ressuscité ; là où agit Jésus, la mort perd son pouvoir sur nous. C'est ainsi que Jean donne à voir, avant la Passion, le but de Jésus, vainqueur de la mort : nous conduire de la mort vers la vie. La résurrection de Lazare fait resplendir la gloire de Dieu et dissipe les ténèbres de la mort.

Lazare est qualifié d'ami de Jésus ; Marthe et Marie sont aussi des amies de Jésus. Chacun des trois incarne une modalité de la foi et de la relation à Jésus, qui s'applique à nous aujourd'hui encore. Marthe apprend que Jésus arrive, et se rend aussitôt au-devant de lui  s'entretenant avec lui elle professe sa foi en la résurrection au jour du Jugement. Cependant Jésus l'enseigne : «C'est moi la résurrection et la vie. Qui s'en remet à moi vivra, même s'il meurt, tout être vivant qui s'en remet à moi ne meurt plus, le crois-tu?» (11,25-26). «Pour qui vit dans l'ineffable réalité du Christ, il n'y a pas de mort» (Sanford 2, p. 76). Bien sûr, son corps matériel mourra, mais la vie dont il fait l'expérience en Christ ne peut pas être anéantie. Pour Jean, la résurrection n'a pas lieu seulement après la mort; elle est, ici déjà, une toute nouvelle façon d'exister. Qui croit en Jésus vit, même si son corps est mort, même s'il est au tombeau comme Lazare ; même là, il reste enveloppé par son amour, car celui-ci ôte à la mort son pouvoir sur lui. En communion avec Jésus, nous faisons, ici et maintenant, déjà, l'expérience de la résurrection et d'une nouvelle qualité de la vie, d'une vie qui ne peut plus mourir.

Dès le verset 11,2, Marie est présentée comme « celle qui a arrosé de parfum le Seigneur et lui a essuyé les pieds avec sa chevelure », anticipant ce que relatera le chapitre 12. Marthe appelle Marie, qui tombe à ses pieds en pleurant ; elle apparaît comme celle qui aime ; elle ne dialogue pas avec Jésus, elle pleure Lazare avec lui, et ils ne font plus qu'un. Marie, c'est la foi sans paroles; elle sent l'amour qu'avait Jésus pour son frère, et elle pleure aussi déjà la mort prochaine de Jésus.

La résurrection de Lazare est un signe de la gloire de Dieu, ainsi que de ce qu'il accomplit en nous. Nous n'avons pas de raison de douter de la réalité historique de cette résurrection, mais il ne suffit pas de se demander ce qui s'est alors passé. Il importe davantage d'interpréter cette scène comme une image nous impliquant.

Lazare est depuis déjà quatre jours dans la tombe, son corps est entamé par la putréfaction, comme tout ce qui est enterré. Cela nous concerne : quand nous sommes coupés de la relation à Jésus, nous pourrissons, nous perdons notre être véritable. Marthe signale que le mort sent déjà. L'absence de cette relation a pour conséquence une mauvaise odeur, des émanations nocives. Par son incarnation, Jésus a donné à notre vie un goût nouveau, le goût du vin, comme l'a montré le premier « signe » à Cana ; par sa mort et sa résurrection, il chasse de notre vie l'odeur de la pourriture. Comme à Cana, il se laisse ici encore inciter par une femme à opérer un miracle. Le premier « signe » évoque la transformation de l'homme par l'incarnation de Dieu en Jésus, et le septième « signe », la transformation par sa mort et sa résurrection: c'est la mort elle-même qui est transformée. S'adressant à Marthe, Jésus dit qu'il est nécessaire de croire pour voir la gloire de Dieu ; une condition qui concerne aussi le lecteur. À celui qui croit, le « signe » est donné de surcroît, lui permettant de voir déjà dans le récit de la résurrection de Lazare l'éclat de la gloire divine.

Le premier acte de cette résurrection consiste à écarter la pierre : celui qui gît derrière elle est exclu de toute relation. La pierre ôtée, Jésus commence à prier, remerciant Dieu de toujours l'exaucer. Cette prière évoque son désir de révéler aux hommes la gloire de son Père, et de les rendre par ce « signe » capables de croire en la résurrection. Après avoir ainsi prié, Jésus s'écrie d'une voix forte: «Lazare, viens dehors ! » (11,43). Il appelle son ami; l'appel de l'amitié, de l'amour, pénètre jusque dans la tombe, réveille le mort et l'en fait sortir. Merveilleuse image de la résurrection : la parole aimante de Jésus nous atteint jusque dans la mort, son amour est plus fort qu'elle, même là, nous ne pouvons pas en être exclus. Lazare sort donc de sa tombe, « Pieds et mains liés par des bandelettes, le visage recouvert d'un suaire» (11,44). Il n'est donc pas encore libre, mais ligoté ; ces liens figurent peut-être des dépendances extérieures ou des inhibitions intérieures, des habitudes de comportement qui nous bloquent. Qui plus est, le visage de Lazare est voilé, masqué, on ne peut pas le regarder en face. La résurrection n'est tout à fait accomplie que quand on a libéré Lazare et l'a laissé aller: qui est ressuscité, on peut le regarder en face, il est capable de rencontrer les autres, de s'unir à eux dans le regard.

Par la résurrection de Lazare, Jean nous montre que Jésus est d'ores et déjà pour nous la résurrection et la vie ; pour qui croit en Jésus, la vie et la mort telles que nous les connaissons n'ont plus tant d'importance. En Jésus Christ nous sommes arrachés à la mort, le monde qu'elle détruit n'a plus de prise sur nous, car ici-bas déjà nous vivons au-delà du seuil d'une autre réalité, impérissable. Venir à la foi, c'est déjà se relever de la tombe et trouver la vraie vie, sortir du sommeil des illusions, vivre dans la conscience, les yeux ouverts, sans liens et sans masques. La résurrection est enfin révélation qu'à la fin de notre vie nous ne sombrerons pas dans les ténèbres et l'isolement, mais accéderons à l'amour de Dieu, à sa présence et à l'union avec lui.


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Modifié le  14-02-2012.